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Philip Kindred Dick (1928-1982) photographié en 1953.
Épisode 4 :

Dick a gagné

58 min
À retrouver dans l'émission

Philip K. Dick vu à travers les yeux d'Emmanuel Carrère. Philip K. Dick au crible d'une « éthique du temps ». C'est ce que propose cette émission à deux invités pour achever notre cycle « Regards sur Philip K. Dick. »

Sur le tournage de Blade Runner de Ridley Scott (1982), adaptation de la nouvelle de P. K. Dick "Do Androids Dream of Electric Sheep?"
Sur le tournage de Blade Runner de Ridley Scott (1982), adaptation de la nouvelle de P. K. Dick "Do Androids Dream of Electric Sheep?" Crédits : Sunset Boulevard - Getty

Pour cette quatrième et dernière émission de notre série « Regards sur Philip K. Dick » nous recevons en première partie d'émission Emmanuel Carrère, écrivain, scénariste, cinéaste, auteur de Je suis vivant et vous êtes morts, une biographie consacrée à Philip K. Dick parue au Seuil en 1993.

Dans cette biographie magistrale Emmanuel Carrère mêle un récit documenté, circonstancié et précis de la vie de Philip K. Dick à un sentiment d'identification palpable. Il revient pour nous sur ces deux aspects, inséparables dans l'optique qui fut la sienne de comprendre, de l'intérieur et intimement cet homme tourmenté, complexe s'il en fut qu'était Philip K. Dick.

Quand Dick croyait quelque chose, il y avait en lui quelqu’un qui le croyait et quelqu’un d’autre qui était là à diagnostiquer ça comme un délire. Généralement les gens délirants n’ont pas l’idée qu’ils sont  en train de délirer. Dick, par moments, délirait véritablement, surtout vers la fin de sa vie, et en même temps – et c’est cette tension qui a fait de lui l’écrivain extraordinaire et même incomparable qu’il était – c’était le critique le plus lucide de son propre délire. (Emmanuel Carrère)

L'auteur du tout récent Yoga détaille avec nous les points d'affinités que ses romans entretiennent avec ceux de K. Dick. L'occasion pour nous d'aborder, avec un regard de créateur, quelques thématiques dickiennes qui eurent une postérité là où on ne l'attendait pas. Les romans de Carrère aussi contiennent ce sentiment d'étrangeté. Comme chez Dick, on trouve chez Carrère une interrogation sur le réel. Ses romans aussi nous parlent de paranoïa.

Au fond certaines des choses auxquelles croyait Dick était pertinentes aussi bien dans la paranoïa que dans la croyance religieuse. Et, au fond, c’est une des questions que pose Dick, quelle est la différence entre les deux ? D’une certaine manière d’ailleurs, là où j’ai le plus parlé de Dick, si je peux dire, indirectement, dans d’autres livres, c’est dans un livre que j’ai fait qui s’appelle Le Royaume, qui est un livre sur les débuts du christianisme qui tourne beaucoup autour de la figure de Saint Paul, et la figure de Saint Paul est très proche de celle de Dick. (Emmanuel Carrère)

Au fond, pourquoi est-ce que Dick est tellement, tellement populaire ? C’est aussi parce qu’il a inventé une nouvelle terreur, un nouvel objet de terreur. (Emmanuel Carrère)

L'écrivain analysera quelques romans avec nous, en particulier Ubik, avant la deuxième partie. 

Deuxième partie d'émission où nous serons en dialogue avec Christophe Franco-Rogelio, compositeur, auteur de Arvo Pärt-Philip K. Dick : éthiques du temps (Camion blanc, 2014).

Avec notre invité nous parlerons de la passion de Philip K. Dick pour la musique, passion qui a justifié le rapprochement de son oeuvre avec celle d'Arvo Pärt. A travers l'art, les deux créateurs élaboreraient une « éthique du temps ». 

En fait il y a quelque chose dans l’approche [dickienne] du temps […] c’est cette idée qu’il y a un temps caché derrière le temps qu’on a sous les yeux, un monde caché derrière le monde qu’on a sous les yeux, et qu’il y a une manière d’y avoir accès. Dans la musique d’Arvo Pärt, il y a, dans la technique même, une approche qui est assez similaire, c’est-à-dire qu’on a deux voix, deux lignes musicales qui sont reliées l’une à l’autre de manière très systématique, qui ont une valeur symbolique pour le compositeur et qui ont un rapport aussi avec cette vision d’un monde dans lequel Dieu serait caché. (Christophe Franco-Rogelio)

Outre la dimension presque métaphysique de leurs créations réciproques, le lien s'impose également par la biographie. Philip et Arvo, en effet, on tous deux expérimenté la mise sous surveillance, l'un aux États-Unis, l'autre en URSS.

Tendez l'oreille : c'est un K. Dick à la lumière de la musicologie que nous dévoile Christophe Franco-Rogelio.

En milieu d'émission, nos auditeurs pourront écouter la chronique d'Alexis Brocas, romancier, critique et directeur-adjoint au nouveau magazine Lire-Magazine littéraire.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Intervenants
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