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Jean-Luc Lagarce (1957-1995).
Épisode 4 :

Le Journal et le souci (roman) de soi

58 min
À retrouver dans l'émission

Qui suis-je ? C'est la question que Jean-Luc Lagarce semble n'avoir cessé de se poser. Il en résultait, à sa mort, un volumineux Journal, carnet de route sensible d'un moi hanté par l'horizon de sa propre identité et en quête perpétuelle des chemins qui l'atteindraient.

Jean-Luc Lagarce, d'après une photographie de Michel Quenneville.
Jean-Luc Lagarce, d'après une photographie de Michel Quenneville.

Pour nous accompagner tout au long de cette émission, nous sommes en compagnie de Marie-Hélène Boblet, Professeure de littérature française à l'Université de Normandie, auteure de « Ecriture et souci de soi : les journaux de Jean-Luc Lagarce » (HAL, 2010).

Il n’y a pas de vanité chez Lagarce, me semble-t-il, il y a une grande pudeur, une grande exigence. (Marie-Hélène Boblet)

Marie-Hélène Boblet nous présente le Journal de Jean-Luc Lagarce, paru de manière posthume aux Solitaires intempestifs, la maison d'édition qu'avait contribué à fonder le dramaturge. Publié en 2007, soit douze ans après la mort de Lagarce, cet imposant Journal participera à la postérité testamentaire d'un écrivain en quelque sorte maudit, méconnu de son vivant.

Marie-Hélène Boblet nous donne à comprendre les singularités de cette oeuvre qu'elle rapproche, audacieusement mais pertinemment, des Essais de Montaigne pour leur dimension introspective et pour leur contexte d'écriture : de la violence des Guerres de religion et de l'angoisse qu'elles charrient, Marie-Hélène Boblet rapproche la violence du XXème siècle et ses multiples guerres.  

Un autre rapprochement nous est suggéré : Michel Foucault, dont la lecture oriente notre compréhension du Journal de Lagarce du côté des « aveux de la chair » ou d'une nosographie de la folie, des folies humaines. Ce que Foucault traitait en philosophe, comme la question de la sexualité et de sa répression, comme la question de l'instauration des normes et des pouvoirs qu'elles génèrent, Jean-Luc Lagarce les traitait en écrivain et en dramaturge.

Lagarce est un grand lecteur de Foucault, il dit de lui que c’est l’une de ses idoles de pensée. Donc il a lu Surveiller et punir, l’Histoire de la folie, Les mots et les choses, L’Histoire de la sexualité [...]. Il y a le travail de la fin de Foucault, du dernier Foucault, c’est-à-dire toute la réflexion de Foucault sur le rapport entre la vérité et la subjectivité. (Marie-Hélène Boblet)

Dans son Journal, protégé par la clôture de l'intimité, se donne à lire ce qu'il y avait peut-être de plus secret, ce qui ne devait rester accessible qu'à lui-même : une homosexualité quelquefois présentée sous un jour sordide, le SIDA qui le mine du dedans, ses pulsions morbides et violentes, une rage intérieure.

A partir de 92, en fait, il dit qu’il est devenu « spectateur » de la vie : il n’est plus dans la vie, il regarde la vie. C’est la vie des autres, la vie qui a été la sienne mais qui ne sera plus la sienne désormais. Et c’est un spectateur exclu, mais un spectateur apaisé. C’est comme s’il avait atteint une forme de sérénité. Alors c’est quand même assez relatif, parce que il y a aussi des moments, et c’est dans la même semaine où il parle des accès de terreur… (Marie-Hélène Boblet)

En milieu d'émission : la chronique de Nathalie Froloff, professeure en classes préparatoires au lycée Louis le Grand à Paris.

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (début) : Panama, de The Avener (Capitol)

MUSIQUE GÉNÉRIQUE (fin) : Nuit noire, de Chloé (Lumière noire)

Bibliographie

Journal, 1977-1990Jean-Luc LagarceLes Solitaires intempestifs, 2007

Journal, 1990-1995Jean-Luc LagarceLes Solitaires intempestifs, 2008

Intervenants
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