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Connaissance et ignorance : quand le doute devient abusif

44 min
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L’une des idées que défendait la philosophie des Lumières était que la souveraineté du peuple se heurte à une limite qui est celle de la vérité, sur laquelle cette souveraineté ne saurait avoir de prise. David Hume écrit par exemple, en 1742 : « Même si le genre humain tout entier concluait de manière définitive que le Soleil se meut et que la Terre demeure en repos, en dépit de ces raisonnements le Soleil ne bougerait pas d’un pouce de sa place et ces conclusions resteraient fausses et erronées à jamais[1]. » La vérité ne saurait relever d’un vote. Mais - et c’est là que les choses deviennent intéressantes en démocratie -, c’est aussi cette indépendance de la vérité qui protège l’autonomie de l’individu puisque celui-ci peut toujours, face au pouvoir, se réclamer du vrai.

Or, ce bel ordonnancement décrit par les Lumières s’est peu à peu fracturé. Se répand en effet l’idée que « la science, c’est le doute ». Vraiment ? En ce début de XXIe siècle, il faudrait encore sérieusement douter de l’existence de l’atome ou de la non-platitude de la Terre ?

Quand a-t-on raison de douter ? Comment penser le doute ? Peut-on le créer, l’organiser, l’instrumentaliser ?

[1] David Hume, Le Sceptique , in Essais moraux, politiques & littéraires, Alive, 1999, p. 215.

Mathias Girel
Mathias Girel
Mathias Girel
Mathias Girel
Intervenants
  • Maître de conférences au département de philosophie à l'ENS-PSL, Directeur du Centre Cavaillès, USR République des Savoirs (CNRS-ENS-Collège de France) et Directeur de l’UMS 3610 Centre d’archives en Philosophie, Histoire et Edition des Sciences.
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