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La visite au malade (Visiting the Sick) - Peinture de Mikhail Petrovich, Baron Klodt (1835-1914), huile sur cuivre, 1885 - State Art Museum, Odessa (Ukraine)

La maladie aurait-elle des vertus ?

57 min
À retrouver dans l'émission

Avec autodérision, Ruwen Ogien réfléchit à son statut de "patient à perpétuité" et fustige le dolorisme, cette passion de notre société pour la souffrance.

La visite au malade (Visiting the Sick) - Peinture de Mikhail Petrovich, Baron Klodt (1835-1914), huile sur cuivre, 1885 - State Art Museum, Odessa (Ukraine)
La visite au malade (Visiting the Sick) - Peinture de Mikhail Petrovich, Baron Klodt (1835-1914), huile sur cuivre, 1885 - State Art Museum, Odessa (Ukraine) Crédits : FineArtImages/Leemage - AFP

« C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps. Quelque brigand que nous rencontrions sur la route, peut-être pourrions-nous arriver à le rendre sensible à son intérêt personnel sinon à notre malheur. Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre, pour qui nos paroles ne peuvent avoir plus de sens que le bruit de l’eau, et avec laquelle nous serions épouvantés d’être condamnés à vivre. »

Ces phrases de Marcel Proust ( Le côté de Guermantes ), nous disent-elles quelque chose de vrai ? Notre corps est-il vraiment un être autre que nous-même, un étranger, qui peut se montrer monstrueux et hostile en cas de maladie ? Si oui, alors faut-il considérer que la souffrance physique est un fait brut qui n’a aucun sens, un fait brut qu’on peut expliquer par des causes, mais qu’on ne peut pas justifier par des raisons ? Ou bien devons-nous penser qu’au contraire, la souffrance physique et la maladie auraient des vertus positives, qu’elles joueraient un rôle irremplaçable dans notre éducation ? Qu’elles seraient des défis enrichissants et révélateurs ? Des épreuves qui donneraient au patient l’avantage de mieux connaître la condition humaine à laquelle il appartient ?

En bref, à quelle philosophie la maladie nous invite-t-elle, de gré ou de force ?

Notre invité est le philosophe Ruwen Ogien, auteur de Mes mille et une nuits. La maladie comme drame et comme comédie (Albin Michel, 2017).

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