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John Muir, 1902

La montagne ou la forme du monde

1h01
À retrouver dans l'émission

Mais au fait, d’où vient que la plupart des autres humains aiment marcher en montagne ?

John Muir, 1902
John Muir, 1902 Crédits : Inconnu

En 1806, l’un de nos plus grands écrivains fit un voyage du côté du massif du Mont-Blanc. Après avoir marché jusqu’au Montenvers, ce haut-lieu qui domine la mer de glace à 2000 mètres d’altitude, il écrivit ceci : « On dit que les montagnes sont le séjour de la rêverie ? J’en doute. Je doute qu’on puisse rêver lorsque la promenade est une fatigue, ou lorsque l’attention que vous êtes obligé de donner à vos pas occupe entièrement votre esprit. L’amateur de la solitude qui bayerait aux chimères en gravissant le Montenvers pourrait bien tomber dans quelque puits, comme l’astronome qui prétendait lire au-dessus de sa tête et ne pouvait voir à ses pieds. ».

Et notre écrivain de continuer :

« Si nous en croyons Rousseau et ceux qui ont recueilli ses erreurs sans hériter de son éloquence, quand on arrive au sommet des montagnes, on se sent transformé en un autre homme. […] Plût à Dieu qu’il en fût ainsi ! Qu’il serait doux de pouvoir se délivrer des maux en s’élevant à quelques toises au-dessus de la plaine ! Malheureusement, l’âme de l’homme est indépendante de l’air et des sites : un cœur chargé de sa peine n’est pas moins pesant sur les hauts lieux que dans les vallées. » (Voyage au Mont-Blanc, 1806).

Avez-vous deviné qui est cet écrivain que le spectacle de la Mer de Glace, de l’Aiguille Verte et des Grandes Jorasses a pu laisser de marbre et a même rendu grincheux ?  Je vous le donne en mille : Chateaubriand. Je sais bien qu’il ne faut pas trop discuter des goûts et des couleurs, mais comment comprendre une telle réaction de la part d’un homme par ailleurs sensible, qui découvrait là l’un des plus beaux paysages qui soient ? Je ne vois que trois hypothèses : soit il n’était pas sensible à la beauté de la nature, quelle qu’elle fut ; soit il avait le mal de saint Malo, une sorte de mal de mer ; soit il y avait ce jour-là un sacré brouillard…

Mais au fait, d’où vient que la plupart des autres humains aiment marcher en montagne ?

Invitée : Belinda Cannone, romancière, essayiste, enseigne la littérature à l‘université Caen-Normandie.

Hôtel du Montenvers
Hôtel du Montenvers Crédits : Inconnu
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