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Zénon d'Élée montre les portes de la vérité et de la fausseté  de Pellegrino Tibaldi ou Bartolomeo Carducci

Les sciences peuvent-elles aider la démocratie?

59 min
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Comment pourrions-nous refonder les conditions d’une meilleure circulation des idées de la science ? Et en retour, certaines de ces idées pourraient-elles aider la démocratie à devenir plus robuste ? Si oui, lesquelles ? Et comment ?

Zénon d'Élée montre les portes de la vérité et de la fausseté  de Pellegrino Tibaldi ou Bartolomeo Carducci
Zénon d'Élée montre les portes de la vérité et de la fausseté de Pellegrino Tibaldi ou Bartolomeo Carducci Crédits : Fresque de la bibliothèque de l'Escorial, Madrid.

Parmi les nombreuses exigences qu’il faut prendre en considération pour faire vivre la république comme un bien commun, il y a certainement celle-ci : dans la République, la connaissance, les connaissances, notamment scientifiques, doivent pouvoir circuler à l’air libre, se répandre et s’enseigner sans rencontrer trop d’obstacles. 

C’est une affaire de cohérence : la connaissance a ceci de républicain qu’elle est « affaire publique », et la république, à défaut d’être elle-même savante, accorde à la connaissance une valeur propre et spécifique, une valeur qu’elle possède du seul fait qu’elle est une connaissance. 

Le problème est que la science n’est pas si facile à partager. De multiples causes, toutes fondées, sont régulièrement avancées pour expliquer cette situation, mais elles oublient souvent de citer cet avertissement du philosophe Théodore Adorno : « Aucune pensée n’est immunisée contre les risques de la communication ». Or aujourd’hui, à force de fabriquer de la fugacité, puis de la renouveler sans cesse, à force de promouvoir la vétille comme épopée du genre humain, les formes modernes de la communication se transforment en une vaste polyphonie de l’insignifiance. Dès lors, tout travail de discernement, de clarification, de transmission de ce qui est complexe, relève quasiment de l’héroïsme. 

Dès lors, comment pourrions-nous refonder les conditions d’une meilleure circulation des idées de la science ? Et en retour, certaines de ces idées pourraient-elles aider la démocratie à devenir plus robuste ? Si oui, lesquelles ? Et comment ?

Invités : Philippe Kourilsky, biologiste, spécialiste des défenses immunitaires et de la vaccination, ancien directeur de l’Institut Pasteur, membre de l’académie des sciences. Vient de publier « De la science et de la démocratie ».

Jacques Treiner, Physicien théoricien, préside le Groupe d’experts du Shift Project, un think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. Vient de publier « Un peu de science ça ne peut pas faire de mal ». 

Intervenants
  • professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des sciences et directeur général honoraire de l’Institut Pasteur
  • Physicien
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