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Henry Fuseli (1741-1825), "Titania and Bottom". Huile sur toile, vers 1790. Tate Britain, Londres.

Peut-on voir le passé tel qu’il était quand il était présent ?

59 min
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Lorsque nous sommes devant un tableau, pouvons-nous parvenir à le regarder exactement comme le regardaient les contemporains de l’artiste, sans être influencés par tout ce que nous avons pu lire ou écrire sur elle après coup ? Entretien avec Pauline Mari et Amandine Rabier, historiennes de l'art.

Henry Fuseli (1741-1825), "Titania and Bottom". Huile sur toile, vers 1790. Tate Britain, Londres.
Henry Fuseli (1741-1825), "Titania and Bottom". Huile sur toile, vers 1790. Tate Britain, Londres. Crédits : Wikimedia Commons

Toute époque passée n’est-elle pas incommensurable à celles qui lui ont succédé ? Le travail du temps qui passe empêche en tout cas les mises en correspondances trop directes. Car la durée qui nous sépare du passé n’est pas seulement une épaisseur dont l’opacité rendrait son image plus confuse : au cours du temps, c’est aussi notre façon de regarder qui s’est modifié, au point que nous ne pouvons plus voir de la même façon ce que voyaient nos prédécesseurs, même lorsque nous l’avons sous les yeux. 

Par exemple : lorsque nous lisons les mots « atome » ou « vide » sous la plume de Démocrite ou d’un autre Atomiste de l’Antiquité, sommes-nous vraiment capables de comprendre ce qu’ils avaient dans la tête lorsqu’ils utilisaient ces mots, il y a plus de 25 siècles ? Le mouvement de notre pensée ne rétroprojette-t-il pas dans leur signification tout ce que nous avons appris depuis sur les atomes ou le vide, qui ne sont pas du tout comme ils les pensaient ?

Ce sujet est bien trop vaste pour une seule émission. C’est pourquoi nous allons le circonscrire aujourd’hui au seul domaine de l’art, en posant cette simple question : lorsque nous sommes devant une œuvre du passé, disons un tableau, pouvons-nous parvenir à la regarder exactement comme la regardaient les contemporains de l’artiste, c’est-à-dire avec les yeux de l’époque, sans être influencés par tout ce que nous avons pu dire, lire et écrire sur elle après coup ? 

Avec Pauline Mari, historienne de l’art, qui fait paraître en mai « Le Voyeur et l’Halluciné. Au cinéma avec l'op art » aux Presses Universitaires de Rennes. ; et Amandine Rabier, historienne de l’art, dont la thèse de doctorat « Henry Fuseli ou le spectacle de la peinture d’histoire (1768-1825) » sera elle aussi bientôt publiée aux P.U.R.

Choix musicaux des invitées

  • Philippe Sarde, Les choses de la vie
  • Sarah Vaughan, Dream 

Bibliographie

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