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Le professeur Georgy Lindberg, chercheur russe, ichtyologiste et zoo-géographe, en 1963

Quels sont les moteurs de la recherche ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Catherine Bréchignac, physicienne et secrétaire perpétuelle de l’Académie des Sciences depuis 2011, auteur de "L’irrésistible envie de savoir" (Cherche-Midi).

Le professeur Georgy Lindberg, chercheur russe, ichtyologiste et zoo-géographe, en 1963
Le professeur Georgy Lindberg, chercheur russe, ichtyologiste et zoo-géographe, en 1963 Crédits : Boris Manushin/RIA Novosti/Sputnik - AFP

Un cliché tenace veut que les chercheurs soient des êtres contemplatifs, rêveurs, en marge, déconnectés du réel véritable et gravement dépourvus de sens pratique. On imagine qu’ils discernent dans la matière toutes sortes d’objets invisibles mais peinent à reconnaître leur voisine de palier. Que ce sont des êtres improbables ayant volontiers « la tête ailleurs », à l’instar de Louis XVI au sortir de la guillotine, et qu’ils sont incapables de se préoccuper de choses bassement matérielles. 

Il faut bien dire que cette façon de les considérer n’est pas sans justifications. On ne peut guère devenir chercheur si l’on est parfaitement à l’aise dans le monde empirique, bien intégré dans la vie sociale, tout immergé dans les préoccupations du quotidien, vissé à l’actualité, présent à tout ce qui se passe. À l’issue d’un pas de côté ou d’un geste de recul, celui ou celle qui cherche doit laisser s’instaurer en son esprit un jeu de correspondance entre le visible et l’invisible, entre les faits et les concepts, entre les choses et les idées. Mais cette émancipation par rapport à la concrétude du monde peut-elle être permanente ? Aussi élevées que soient les abstractions auxquelles l’esprit est parvenu, n’arrive-t-il pas nécessairement un moment où le corps exige de rejoindre la vallée de l’empirie la plus prosaïque, ne serait-ce que pour s’y faire cuire un œuf ?

Quel genre de personnes sont donc vraiment les chercheurs ? Que font-ils ? Comment leurs boussoles intérieures fonctionnent-elles ? Ont-ils des tempéraments particuliers ? Qu’est-ce qui les pousse à chercher ?

Invitée : Catherine Bréchignac, physicienne, spécialiste des nanosciences, secrétaire perpétuelle de l’Académie des Sciences, auteur de L’Irrésistible envie de savoir (Cherche-Midi, 2018).

Choix musicaux de Catherine Bréchignac

  • Richard Strauss, Troisième des quatre derniers Lieder "Beim Schlafengehen" ( l’heure du sommeil) interprété par Renée Fleming 
  • Emmanuel Chabrier, "L’Idylle" interprété par Alexandre Tharaud

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