LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Photo prise le 18 novembre 2004 au Clos-Lucé à Amboise, de la reproduction en taille réelle de "l'homme oiseau" imaginé par Léonard de Vinci

Science et art : qui modèle qui ?

59 min
À retrouver dans l'émission

La science et l'art visent-ils le même sommet ? Croire que oui relèverait d’une nostalgie naïve. Mais c’est justement parce que la science et l’art ont des ambitions séparées qu’il est intéressant d’examiner leurs rapports.

Photo prise le 18 novembre 2004 au Clos-Lucé à Amboise, de la reproduction en taille réelle de "l'homme oiseau" imaginé par Léonard de Vinci
Photo prise le 18 novembre 2004 au Clos-Lucé à Amboise, de la reproduction en taille réelle de "l'homme oiseau" imaginé par Léonard de Vinci Crédits : ALAIN JOCARD - AFP

On entend parfois dire que « la physique est belle ». Elle l’est, bien sûr, en un sens. Il ne faut toutefois rien exagérer : rares sont les étudiants qui s’effondrent en sanglots à la suite d’un spasme de réplétion esthétique qu’aurait provoqué en eux telle ou telle équation fondamentale, telle ou telle découverte marquante. Reconnaissons plutôt, humblement, qu’en règle générale la prétendue beauté de la science ne provoque que des émotions contrôlées.

Bien sûr, cela n’empêche pas que la science agisse comme une source d’inspiration pour les artistes, ni que cette influence soit réciproque. Des jeux de miroirs, des résonances, des clins d’œil, des « je te tiens tu me tiens par la barbichette » organisent une tension féconde et même une sorte de dialectique entre ces deux polarités de l’esprit humain. 

Il faut dire que les scientifiques et les artistes partent du même refuge, qui est la condition humaine avec ses pulsions créatrices. Est-ce à dire qu’ils visent-ils le même sommet ? Croire que oui relèverait d’une nostalgie naïve. Mais c’est justement parce que la science et l’art ont des ambitions séparées qu’il est intéressant d’examiner leur rapport, en partant du constat déjà établi par Bertold Brecht dans L’Achat du cuivre, un texte écrit en 1945 : 

«  Les gens qui ne comprennent rien à l’art ni à la science croient que ce sont là deux choses immensément différentes, dont ils ignorent tout. Ils s’imaginent rendre un service à la science en lui permettant d’être sans imagination, et ils croient faire progresser l’art en empêchant quiconque d’en attendre de l’intelligence. Il se peut que tel homme ait un don particulier pour une discipline particulière, mais il n’est pas d’autant plus doué dans cette discipline qu’il est plus incapable dans toutes les autres. Même si l’humanité a dû souvent et longtemps se passer du savoir comme de l’art, il reste que l’un et l’autre sont essentiels à ce que nous considérons être « l’humain ». Il n’existe personne qui soit totalement dépourvu de savoir, et il n’existe personne qui soit totalement dépourvu d’art. »     

Invité : Thomas Schlesser, Directeur de la fondation Hartung-Bergman et professeur d’histoire de l’art à l’Ecole polytechnique. Auteur de "L’Univers sans l’homme : les arts contre l'anthropocentrisme (1755-2016)" (éditions Hazan, 2016).

Choix musicaux

  • « Joan of Arc » par Ana Calvi  
  • « Mon dieu mon amour » par Barbara Carlotti (en duo avec Philippe Katherine)
Intervenants
  • Historien de l'art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman, professeur à l'École polytechnique.
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......