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extrait du film de Georges Méliès « Le Voyage dans la Lune » (1902)

Transmettre la science par petites touches

59 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec le physicien Jacques Treiner qui publie une sélection de ses chroniques radiophoniques sous le titre "Un peu de science ça ne peut pas faire de mal" (éditions Cassini).

extrait du film de Georges Méliès « Le Voyage dans la Lune » (1902)
extrait du film de Georges Méliès « Le Voyage dans la Lune » (1902)

La situation qui est aujourd’hui la nôtre est tendue : nous savons tous que le passé ne peut revenir et que l’avenir pourrait n’être ni rose ni radieux. Cette situation fait de nous des hommes et des femmes bloqués dans le présent. Pour évoquer cette condition qui est la nôtre, Hannah Arendt citait (dans La Crise de la culture) cette parabole de Kafka :

Il y a deux forces antagonistes. La première pousse l’homme de derrière, depuis l’origine. La seconde barre la route devant lui. Son rêve, cependant, est de quitter d’un saut et momentanément la ligne de combat et d’être élevé, à cause de son expérience, à la position d’arbitre sur ses forces antagonistes dans leur combat l’une avec l’autre.

Ce rêve de pouvoir sortir du présent qu’évoque l’auteur du Château fait penser à celui de toute chroniqueuse ou de tout chroniqueur, de France Culture ou d’ailleurs. Tous tentent en effet, à intervalles réguliers, de se mettre en résonance avec l’actualité avec l’espoir fou de la surplomber, de s’en écarter par le haut pour mieux la voir. Par ce stratagème, ils espèrent insérer l’événement, toujours ponctuel, dans la longue ligne du temps.

Mais de quoi doivent-il parler ? Si le chroniqueur est un chroniqueur de science, alors, parfois, un sujet s’impose, par exemple lorsqu’une découverte scientifique majeure vient d’advenir. Mais en temps ordinaire, l’actualité ne déborde pas de nouvelles croustillantes en provenance de la science : malgré l’intense travail des chercheurs, ceux-ci ne découvrent pas l’équivalent du boson de Higgs ou des ondes gravitationnelles tous les quatre matins. 

Alors, souvent, le chroniqueur doit se débrouiller pour trouver un grain à moudre, une idée à creuser, un contresens à corriger, une autre façon de regarder le monde. Tantôt, il tente de déployer, en une sorte d’écho amplifié du présent, ce qui semble à peine faire signe, sans vacarme, presque en silence, en évitant autant que possible de céder à ce que Vladimir Nabokov appelait « le démon des généralités ». Tantôt, il use de l’air du temps comme d’un prétexte permettant de porter un regard scientifique, par essence décalé, sur ce qui n’a a priori rien à voir avec la science.

Mais au fond, qu’est-ce qu’une bonne chronique de science ? Et pourquoi en écrire ?

Invité : Jacques Treiner, physicien théoricien, auteur de Un peu de science ça ne peut pas faire de mal (éditions Cassini).

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