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"Le Penseur", Auguste Rodin, 1880 (© Musée Rodin - photo Hervé Lewandowski) et "Untitled (Imagine)", Anne Imhof, 2019 (© Aurélien Mole)

Arts plastiques : la double exposition "Picasso - Rodin" et "Anne Imhof, Natures Mortes" au Palais de Tokyo

32 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire, deux expositions : la carte blanche à l'artiste allemande Anne Imhof au Palais de Tokyo et une relecture croisée des oeuvres de Picasso et de Rodin.

"Le Penseur", Auguste Rodin, 1880 (© Musée Rodin - photo Hervé Lewandowski) et "Untitled (Imagine)", Anne Imhof, 2019 (© Aurélien Mole)
"Le Penseur", Auguste Rodin, 1880 (© Musée Rodin - photo Hervé Lewandowski) et "Untitled (Imagine)", Anne Imhof, 2019 (© Aurélien Mole)

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Cette semaine, au sommaire de La Critique, deux expositions : "Picasso - Rodin", jusqu'au 2 janvier 2022 au Musée Rodin et au Musée Picasso, et "Anne Imhof, Natures Mortes", jusqu'au 24 octobre au Palais de Tokyo, à Paris. 

Nos critiques du jour : Sarah Ihler-Meyer, critique d’art et commissaire d’exposition, et Stéphane Corréard, critique d'art.

"Picasso - Rodin" au Musée Rodin et au Musée Picasso

Présentation : Pour la première fois, le musée Rodin et le musée national Picasso-Paris s’unissent afin de présenter l’exposition-événement « Picasso-Rodin ».

Ce partenariat exceptionnel entre deux grands musées monographiques offre un regard inédit sur ces artistes de génie qui ont ouvert la voie à la modernité dans l’art. Leurs chefs-d’œuvre sont présentés simultanément au sein des deux monuments historiques qui abritent ces musées nationaux.

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L’exposition invite à une relecture croisée des œuvres de Rodin (1840-1917) et Picasso (1881-1973), ces deux grands artistes ayant durablement bouleversé les pratiques artistiques de leur temps pour les générations à venir. Il ne s’agit pas de montrer ce que Picasso a emprunté à Rodin, mais plutôt d’examiner les convergences signifiantes qui apparaissent entre l’œuvre de Rodin et plusieurs périodes de la production de Picasso.

Cette relecture croisée de leurs œuvres se décline en différents chapitres sur les deux lieux, au Musée Rodin d’une part à travers la crise de la représentation du début du XXe siècle, et au Musée Picasso d’autre part les processus créatifs des artistes.

À des époques et dans des contextes différents, Rodin et Picasso participent à une articulation décisive de l’histoire et sans doute est-ce là une des clés de leurs similitudes. À leur façon, ils inventent un nouveau mode de représentation, expressionniste chez Rodin, cubiste chez Picasso. Pour Rodin, comme pour Picasso, l’atelier est un espace privilégié d’expérimentation sur les formes et les matériaux. Travail en série, fragmentation, assemblage, détournement sont autant d’approches singulières et novatrices. Le travail de l’artiste en perpétuel mouvement, explore un motif en constante métamorphose.

À travers un dialogue systématique, cette exposition riche de plus de 500 œuvres, peintures, sculptures, céramiques, dessins, documents d’archives, photographies invite le visiteur à une relecture inédite de leur parcours artistique foisonnant et innovant.

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Extraits

C'est une belle exposition, avec des sections assez saisissantes et ludiques. Le projet laisse toutefois un peu à désirer. Certaines comparaisons sont tirées par les cheveux, d'autant plus qu'elles ont tendance à ne jamais dépasser le simple constat. Les procédés et les formes dans les oeuvres de Picasso et de Rodin sont certes parfois un peu apparentés, mais les factures et les traitements sont tellement éloignés que les rapprochements semblent parfois superficiels, voire arbitraires. Sarah Ihler-Meyer

Les oeuvres exposées ne sont évidemment pas à discuter, il n'y a quasiment aucun déchet chez Picasso et chez Rodin. [...] L'exposition a un grand intérêt pour la confrontation de ces deux artistes aux femmes. Le caractère destructeur de ces relations est totalement nié au profit de la célébration d'une prétendue "odor di femina" irrésistible qui aurait accompagné les parcours de Picasso et de Rodin. C'est un parti pris politique qui m'a particulièrement gêné. Stéphane Corréard

"Anne Imhof, Natures Mortes" au Palais de Tokyo

Présentation : Après la carte blanche consacrée à Tomás Saraceno en 2018, Anne Imhof, récompensée par le Lion d’or à la Biennale de Venise en 2017 avec son chef d’oeuvre Faust, prend possession de l’ensemble du Palais de Tokyo. Elle compose une oeuvre totale et polyphonique et fait fusionner l’espace et les corps, la musique et la peinture, ses oeuvres et celles de ses complices, dont l’artiste et compositrice Eliza Douglas, et de la trentaine d’artistes invités.

Expérience hors-limites, traversée par les déflagrations du temps présent, "Natures Mortes" invite à inventer sa libre trajectoire au sein de cette vaste scène ouverte.

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Extraits :

C'est un parcours qui a des qualités mais qui est assez décevant quand on connaît le travail d'Anne Imhof, consistant à créer des dispositifs scéniques activés par des performeurs. Ici, on a affaire à une immense installation constituant un paysage urbain, post-punk et assez désolé qui peut-être interprété je crois comme une forme d'envers du décor du capitalisme. Il y a un aspect éminemment glauque dans cette installation, contrarié et complexifié par des pointes d'énergie et de vitalité amenées par certaines oeuvres. Manque selon moi la force de la performance [des performances sont prévues en octobre au sein de l'exposition, informations à venir ici], à laquelle les déambulations du public ne sauraient se substituer. Sarah Ihler-Meyer

Une fois qu'on a retiré de l'exposition tout ce qui n'est pas d'Anne Imhof - un tout dans lequel on trouve quelques chefs-d'œuvre -, on constate que ses pièces à elle sont très souvent indigentes et consistent en des plagiats purs et simples d'oeuvres d'autres artistes beaucoup moins connus. Stéphane Corréard

Ecoutez la première partie de La Critique du 11 juin 2021 : 

Intervenants
  • Productrice de La Critique
  • Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
L'équipe
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Réalisation

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