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1 Wonder Woman R. Cotentin + Ex Africa : 2 Mes collants totémiques d'Annette Messager, 3 Hommage aux anciens créateurs de Chéri Samba, 4 sans titre de Nazanin Pouyandeh, 5 l'électricien de Calixte Dakpogan,

Arts plastiques : "Ex Africa - Présences africaines dans l'art d'aujourd'hui" et "Wonder Women - Ni muses, ni modèles : artistes !"

33 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette critique consacrée aux arts plastiques nos expertes se sont penchés sur le catalogue de l'exposition « Ex Africa - Présences africaines dans l'art d'aujourd'hui » au musée du Quai Branly et un livre, « Wonder Women » de Régis Cotentin. Découvrez leurs avis…

1 Wonder Woman R. Cotentin + Ex Africa : 2 Mes collants totémiques d'Annette Messager, 3 Hommage aux anciens créateurs de Chéri Samba, 4 sans titre de Nazanin Pouyandeh, 5 l'électricien de Calixte Dakpogan,
1 Wonder Woman R. Cotentin + Ex Africa : 2 Mes collants totémiques d'Annette Messager, 3 Hommage aux anciens créateurs de Chéri Samba, 4 sans titre de Nazanin Pouyandeh, 5 l'électricien de Calixte Dakpogan, Crédits : 2 Annette Messager 3 et 5 Galerie MAGNIN-A, 4 Nazanin Pouyandeh, 6 Orlan-ADAGP

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute. 

Sous les feux de la critique cette semaine, le catalogue de l'exposition «Ex Africa » qui propose de décrypter les relations qui unissent la scène contemporaine et les arts africains anciens depuis la fin du XXe siècle, une exposition à voir prochainement au musée du Quai Branly et « Wonder Women » de Régis Cotentin, ou comment redonner aux femmes le copyright de leur regard sur le monde. 

Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Sarah Ihler-Meyer, critique d’art et commissaire d’exposition et Corinne Rondeau, Maître conférence en esthétique et sciences de l’art à l’université de Nîmes

Catalogue exposition : "Ex Africa" Présences africaines dans l'art d'aujourd'hui" au musée du Quai Branly

Dans un dialogue visuel inédit mis en scène par le critique et historien d’art Philippe Dagen, "Ex Africa" tente de décrypter les relations qui unissent la scène contemporaine et les arts africains anciens depuis la fin du XXe siècle.

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1984, MoMA de New York : l’exposition Primitivism présente plus de 200 pièces d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique aux côtés d’œuvres signées Picasso, Matisse, Nolde ou Giacometti. Elle place ainsi les arts extra-occidentaux en position de faire valoir des avant-gardes occidentales qui leur auraient conféré leur statut d’œuvre d’art. C’est le point d’entrée de Philippe Dagen, commissaire de l’exposition Ex Africa, qui commence par rappeler que la notion de primitif demeure indissociable de la colonisation de l’Afrique et de l’appropriation par l’Occident de ce qu’il a très longtemps appelé « art nègre » et réduit à de beaux jeux de formes sans chercher à en com - prendre les significations et les symboles.

Au fil d’un parcours explorant la création contemporaine sous toutes ses formes, l’exposition examine les relations qu’entretiennent la création actuelle et les arts africains anciens. Quelle mémoire commune est-elle au travail dans les ateliers d’Annette Messager, ORLAN, Jean-Michel Basquiat, Chéri Samba, Alun Be, Théo Mercier ou encore Emo de Medeiros. Que sont devenues les références africaines désormais classiques dans le monde de la consommation visuelle mondialisée ? Comment ont-elles repris vie ? Quels sens politiques ou sociaux peuvent-elles porter quand elles sont réactivées par Myriam Mihindou, Kader Attia, Romuald Hazoumè ou Pascale Marthine Tayou, qui ont créé pour Ex Africa des œuvres nouvelles ?   

Découvrez l'avis des critiques : 

J'avais un peu peur que cette exposition soit une simple compilation ou un simple constat de la présence des arts anciens en Afrique dans l'art contemporain, mais elle dépasse complètement cet aspect. Le commissaire d’exposition, Philippe Dagen, propose de se concentrer sur les différents usages que les artistes contemporains ont de ces arts anciens. Usages qu’il divise en trois groupes, pop, métamorphose et l'activation, qui permettent d’articuler l'exposition de façon claire. Ce qui est intéressant à travers ces trois usages, c'est de voir comment les artistes contemporains prennent en compte l'histoire des arts anciens d'Afrique dans leurs dimensions sociale, politique et religieuse, pour, par exemple, montrer qu'ils sont devenus des objets de consommation, des signes décoratifs un peu vidés de leur substance ou, au contraire, pour montrer qu'ils recèlent des enjeux qui trouvent une contemporanéité aujourd'hui ou qui peuvent se charger de nouvelles significations liées à des questions politiques actuelles. Ces distinctions sont assez opérantes. Je regrette cependant, un peu, que cette exposition et ce catalogue ne réunissent, essentiellement, que des œuvres qui sont de nature symbolique et allégorique, et de ce point de vue, on manque un peu de clés de lecture. Mais c'est une simple réserve qui ne retire rien à l'intérêt de ce projet et au plaisir qu'il y a aussi à parcourir les pages de ce catalogue. Sarah Ihler Meyer

J’ai trouvé absolument formidable les photographies Alun Be, des personnages au bord de la mer qui portent des lunettes de réalité virtuelle et qui donnent l’impression qu’ils s’interrogent sur le monde dans lequel ils vivent. J'ai trouvé extrêmement beau également les Cannes et les flèches d’acier de _Myriam Minhindou_, une très belle forme contemporaine qui retourne au traditionnel, et la spirale (« No return ») composée de tongs rebattues par la mer de Romuald Hazumé qui évoque à la fois la symbolique du signe et en même temps une histoire des migrants. (…)   
Par ailleurs, le catalogue laisse une large place aux entretiens ce qui nous permet de découvrir une histoire et des artistes qu’on ne connait pas vraiment. (…)   
Alun Be par exemple dit : « Un homme sans patrimoine est un homme sans ombre » et beaucoup de textes de ces artistes ont comme lui, un rapport à la maison, à l’ancestralité ou au patrimoine. Les textes sont courts et très stimulants. Ils sont pour beaucoup marqués par Léopold Sédar Sanghor et nous donne à voir une histoire que nous nous avons oubliée, et ça, c’est extrêmement motivant. Corinne Rondeau

Pour aller plus loin : 

Livre : « Wonder Women. Ni muses, ni modèles : artistes !" de Régis Cotentin 

Couverture et planches du livre Wonder Women de Régis Cotentin
Couverture et planches du livre Wonder Women de Régis Cotentin Crédits : Rmn/Grand Palais

Présentation de l'éditeur : Ce livre sur les Wonder Women est une histoire de l’art inclusive, sans hiérarchisation des arts, des cultures et des genres. C’est une histoire qui part des humiliations vécues pour devenir la grande histoire de l’émancipation par l’art. C’est une histoire qui redonne aux femmes le copyright de leur regard sur le monde.   Présentation de l’éditeur : « Ma chatte, mon copyright ». Cette revendication qui claque comme une punchline signe les performances de la Luxembourgeoise Deborah De Robertis. Elle rappelle qu’en art la parole des femmes lutte contre des siècles de misogynie et de sexisme ; à l’image de cette violence plus sournoise, à laquelle elles sont aussi confrontées : celle de ne pouvoir s’identifier que dans « les grands hommes ». Où sont les femmes dans l’histoire de l’art « à la papa » ? L’histoire de l’art des femmes est pourtant aussi riche en rebondissements que celle des hommes. Ce sont des artistes ingénieuses, aventureuses, libertaires, des Wonder Women. Raconter leur histoire, c’est raconter la lutte contre les stéréotypes du genre mais c’est aussi inviter le plus grand nombre à s’interroger sur la construction des normes culturelles qui ont entretenu les discriminations de sexe, de race et de classe. L’art des femmes dérange parce qu’il s’oppose aux préjugés de genre, à la domination sociale, à l’injustice, à l’exclusion due au simple fait d’être différent.    

Découvrez l'avis des critiques :  

C’est un livre très pédagogique dont le défaut est peut être que certains textes sont plus anecdotiques que d'autres. Il a la vertu, tout de même, de nous rappeler que les femmes font de l'art depuis très longtemps et de présenter largement leurs conditions de création et de militance aussi. C’est un livre qui nous qui nous permet d'avoir un fil conducteur du début de l'humanité jusqu'à aujourd'hui, en égrainant vraiment tous les pans de cette histoire. Une large partie du livre est consacrée aux artistes classiques que l'on voit moins et qui ne sont pas representées sur le site Aware (Archives of Women Artists, REsearch and Exhibitions). Cet ouvrage m’a permis de découvrir des artistes que je ne connaissais pas. Corinne Rondeau

C’est un livre intéressant qui ne raconte pas seulement une histoire de l'art à travers des artistes femmes, mais qui fait plutôt le récit d'une histoire de l'art par des femmes qui ont affiché dans leur travail un positionnement, plus ou moins explicite, contre les assignations de genre, contre les stéréotypes raciaux et aussi contre l'hétéronormativité. Il propose une approche qu'on peut qualifier de féminisme intersectionnel, c'est à dire qui observe la façon dont les injustices et les discriminations, dont les femmes sont l'objet, se croisent dans nos sociétés. Ce qui est étonnant, c'est que ce prisme de lecture permet de balayer un très grand champ de l'histoire de l'art au-delà des années 60 à nos jours et au delà de l'Occident. On pourrait craindre que ce soit un livre qui coche un peu toutes les cases des enjeux politiques actuel et toutes les questions minoritaires, mais en réalité, je l’ai trouvé vraiment intéressant et agréable à lire. Les découvertes et les réinterprétations d'œuvres d'art sous un prisme féminisme sont pertinentes. Sarah Ihler Meyer

  • Livre : « Wonder Women. Ni muses, ni modèles : artistes !" de Régis Cotentin (Editions Rmn – Grand Palais)

♥  -  Le coup de coeur de Corinne Rondeau pour "Francis Bacon - Antoine d'Agata" // The eyes publishing- ♥

Présentation de l'éditeur : Livre d’artiste rassemblant 27 photographies d’Antoine d’Agata et 25 œuvres graphiques de Francis Bacon, cet ouvrage bilingue français-anglais, présenté sous la forme d’un livre double, établit un parallèle artistique entre le travail contemporain du photographe Antoine d’Agata et la peinture expressionniste du peintre Francis Bacon. Les deux livres reliés ensemble se consultent côte à côte, permettant de créer un vis à vis entre les œuvres des deux artistes.Les textes se présentent sur des cahiers autonomes de sorte qu’il est possible de lire le texte tout en parcourant le récit visuel.

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Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  
Intervenants
  • Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
L'équipe
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