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Rusty Brown de Chris Ware, L'Arabe du future de Riad Sattouf et Dragman de Steven Appleby

"L'Arabe du futur" de Riad Sattouf et "Rusty Brown " de Chris Ware, deux parutions évènement pour les amoureux du 9e art

27 min
À retrouver dans l'émission

Il y a des sorties BD attendues, l'Arabe du futur de Riad Sattouf et Rusty Brown de Chis Ware en font partie. Découvrez l'avis de nos critiques

Rusty Brown de Chris Ware, L'Arabe du future de Riad Sattouf et Dragman de Steven Appleby
Rusty Brown de Chris Ware, L'Arabe du future de Riad Sattouf et Dragman de Steven Appleby Crédits : Chris Ware, Dargaud / Riad Sattouf, Allary // Seven Appleby, Denoël Graphic

La critique c'est chaque vendredi, à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine...

Cette semaine et en ces temps confinés, c'est la bande dessinée qui est à l'honneur. Aux côtés notre MC, Lucile Commeaux, deux critiques, Victor Macé de Lépinay, producteur du Rayon BD sur France Culture et Théo Ribeton, chef de rubrique culture chez Slylist et critique aux Inrocks, échangent sur deux parutions très attendues. Le 5e volume de l'Arabe du futur de Riad Sattouf (auteur des Cahiers d'Esther, Pascal Brutal, la vie secrète des jeunes...  et au cinéma Des beaux gosses notamment), et Rusty Brown, le nouveau roman graphique de Chris Ware, auteur américain multirécompensé, qui a su au fil de ses albums réinventer une architecture narrative exceptionnelle et ambitieuse, et dont l'oeuvre (Jimmy Corrigan, Quimby the Mouse et Building Stories notamment) est plébiscitée par les amoureux du 9e art. 

♥♥♥♥ "L'arabe du futur", les années collège de Riad Sattouf

C’est le point culminant de l'oeuvre de Sattouf où "l’arabe du futur" et "Les beaux gosses" se rencontrent. Théo Ribeton

L’Arabe du futur est une série best-seller en six tomes, écrite et dessinée par Riad Sattouf. Sous-titrée « Une jeunesse au Moyen-Orient », elle raconte l’enfance et l’adolescence de l’auteur, fils aîné d’une mère française et d’un père syrien. L’histoire nous mène de la Libye du colonel Kadhafi à la Syrie d’Hafez Al-Assad en passant par la Bretagne, de Rennes au cap Fréhel.

L'arabe du future volume 5 de Riad Sattouf
L'arabe du future volume 5 de Riad Sattouf Crédits : Riad Sattouf, Editions Allary

Extraits : 

L’autre adolescence de Riad Sattouf...

C’est un épisode qui courait le risque de lasser, car c'est celui-ci de adolescence de Sattouf, qu’il a déjà dépeinte dans les Beaux Gosses ou la vie secrète des jeunes notamment. C'est aussi le premier volume (de l’Arabe du Futur) où il ne met pas un pied au Moyen-Orient. Mais nos deux critiques saluent la construction du récit. 

Ce 5ème tome est une excellente surprise. J'aimais beaucoup Riad Sattouf, depuis longtemps, et puis je m'étais arrêté là, parce que j'avais eu très peur de la suite, peur d’être déçu. Pour l’émission, j'ai tout repris depuis le début et je dois dire que _j'ai été émerveillé_. C'est une œuvre qui a été pensée dans sa globalité depuis le début. C'est très cohérent, très bien construit et vraiment très clair. Victor Macé de Lépinay

C'est le point culminant de la notoriété de Sattouf en quelque sorte, l'endroit où "L'arabe du futur" et "Les beaux gosses" se rencontrent. Il arrive ici à rester très pertinent parce qu'il a une manière de se raconter, lui et ses souvenirs, avec une espèce d'hypermnésie sur tous les évènements qui ont marqué sa vie, mais aussi les scènes banales et quotidiennes, et même des sortes d'expériences psychiques fugaces et subliminales. _Il arrive à raconter une strate de lui-même puissante, troublante et drôle_. Théo Ribeton

Les clés pour comprendre son oeuvre...

Dans cette BD Sattouf regarde peut être moins du côté de l'adolescence que du côté des adultes.

Ici c'est un adolescent qui voit des adultes et ceux-là sont très bien campés. Il y a un tas de personnages extraordinaires (...) Et Sattouf avec son dessin, qui est d'une certaine façon très simple et très économe, arrive à nous faire exactement comprendre l'atmosphère. C’est extrêmement bien rendu. Je trouve qu'au delà de cela, ce qui est vraiment formidable c'est que Sattouf nous donne les clés pour comprendre toute son œuvre. Victor Macé de Lépinay

C’est dans ces années là que Sattouf devient drôle, parce que l'humour est une planche de salut. Il prend goût à faire rire les autres. C'est aussi le moment où devient vraiment dessinateur en découvrant les univers de Moebius, Bilal ou Druillet

On comprend pourquoi cet adolescent si tiraillé entre des choses très différentes, cette famille maternelle et ce père, a trouvé dans le dessin, dans la bande dessinée, un salut et une façon d'être vraiment lui même. On fait le lien entre son son enfance et ce qu’on connaissait de lui jusqu'alors.

Et la spiritualité dans tout ça ?

Riad Sattouf a dit dans une interview : « j’ai toujours été athée avec le désir d'assister à un phénomène magique, surnaturel », et c'est un peu devenu le grand sujet de cet épisode de la saga, un athée qui est entouré d’une spiritualité qui l'accable et qu’il ne comprend pas. Théo Ribeton

  • Plus d'informations : L'arabe du futur 5 - Une jeunesse au moyen orient (1992-1994) // Allary Editions
    Extrait de la présentation de l'éditeur : Riad a 14 ans, ses cheveux blonds ont disparu, et il a un physique difficile. À la fin du tome précédent, son père s’est enfui en Syrie avec son plus jeune frère, Fadi. Tandis que sa mère utilise tous les recours légaux pour récupérer son fils, Riad poursuit son exploration de cet âge pénible qu’est l’adolescence et se réfugie dans le paranormal. Il devient copain avec les exclus de sa classe, qui lui font lire Lovecraft, et rencontre Anaïck, la femme de sa vie. Grâce au dessin, il arrive à se faire – un peu – respecter. Mais il a du mal à trouver sa place, partagé entre l’envie d’être comme les autres et sa mauvaise conscience venue de Syrie, qui se rappelle à lui à travers les voix de son père et de ses cousins…

♥♥♥♥ "Rusty Brown", le nouveau roman graphique du génial Chris Ware

Il y a quelque chose de Proustien, cette idée que chaque moment contient un peu tous les autres. Théo Ribeton

Chris Ware nous livre la suite spirituelle et auto-fictionnelle de son roman graphique culte, Jimmy Corrigan. Commencé en 1994 sous Clinton, achevé sous Trump, ce récit à tiroirs se penche sur comment parvenir à déconstruire les conditionnements familiaux, éducatifs de l’enfance. Avec des références telles que James Joyce, Perrec et Proust, Rusty Brown est un récit choral à la précision redoutable. 

Rusty Brown
Rusty Brown Crédits : Chris Ware 2019 © 2020 Éditions Delcourt pour la version française

Extraits : 

Un Chris Ware ça se mérite, c'est une expérience de lecture très riche...

Ce livre est un chef d’œuvre. C’est un livre magnifique. Extrêmement triste aussi. Ce sont des récits assez accablants à lire, des histoires qui sont certes banales, mais on a le sentiment qu'il n'y a pas d'autre expérience humaine possible que la souffrance, que l'existence d'une série d'erreurs qui font le lit d'une solitude, d'une culpabilité totale. Mais en même temps, tout ça nous est donné avec une espèce de générosité de récit époustouflant. Théo Ribeton

C’est une expérience de lecture très riche mentalement, avec une temporalité qui superpose des cases parfois minuscules, beaucoup de choses dans le détail à aller chercher, et qui, dans cette expérience de lecture, vont avoir un rapport très élastique au récit, à l'écoulement du temps. On circule autant dans le temps que dans les strates et les strates du récit. _C'est un livre prodigieux_. C’est un livre qu’on ne lit moins qu’on ne le fouille. Il n’est pas difficile à lire, mais on doit se noyer dedans. Théo Ribeton 

Un livre intelligent qui reste accessible...

Chris Ware, de l’avis de tous, c’est Le génie de la bande dessinée aujourd’hui. C'est _une œuvre qui est géniale à tous les niveaux_. Victor Macé de Lépinay

L’œuvre de Chris Ware est extrêmement référentielle, mais il y a plusieurs niveaux de lecture. Il n'y a pas de hiérarchie. Chris Ware c’est une œuvre intelligente mais surtout extrêmement émouvante. Il va de plus en plus vers quelque chose de simple, peut-être moins dans une intelligence un peu "m’as-tu vu". Il montre un peu moins ce qu'il sait faire. Il s’épure, d'une certaine façon, pour aller vers quelque chose qui tend vraiment vers l'émotion, vers le témoignage aussi et proposer _une sorte de vue de l'Amérique, de la société américaine assez extraordinaire_. Victor Macé de Lépinay

  • Plus d'informations : Rusty Brown, de Chris Ware // Editions Delcourt
    Extrait de la présentation de l'éditeur : Dans son Nebraska natal, Rusty, victime des petites frappes de son école, s'évade en collectionnant les figurines de super héros. Lorsque Chalky White arrive dans son école, les deux enfants très proches se lient d'amitié. La première partie d'un récit choral vertigineux qui retrace la vie de multiples personnages émouvants et pathétiques...

♥ Le coup de cœur ♥ de Victor Macé de Lépinay pour "Dragman"

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  • Plus d'informations : "Dragman" de Steven Appleby et Nicola Sherring // Denoël Graphic
  • Présentation de l'éditeur : Depuis qu’il a trouvé, adolescent, un bas de sa mère dans le sofa, August Crimp a découvert deux choses. La première est qu’il adore porter des vêtements de femme. La seconde est que lorsqu’il le fait, il devient capable de voler. Oui, comme un super-héros! Hélas, cette passion un peu obsessionnelle est contrariée par la peur du ridicule et de la réprobation générale(...) Comment partager sa vie entre le rôle de bon père de famille et celui de super-héros quand tous vos pouvoirs tiennent au fait de vous travestir en femme? Telle est la question. Le coming-out et la confession de cette passion très singulière produisent le roman graphique le plus étonnant, détonnant et délirant de l’année…

Pour aller plus loin : 

Dans le cadre des Cours au collège de France, Benoît Peeters revient sur l’extrême liberté des auteurs de BD et leur créativité, dès Rodolphe Töpffer. Comment la planche a-t-elle conquis albums et journaux? Pourquoi la bulle et le phylactère ne font pas la bande dessinée?

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