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Montage Photo : "The Nest" de Sean Durkin et "Abou Leila" d’Amin Sidi-Boumedine

Cinéma : "Abou Leila" d’Amin Sidi-Boumédiène et "The Nest" de Sean Durkin, deux films surprenants

27 min
À retrouver dans l'émission

Nos critiques ont vu Abou Leila d’Amin Sidi-Boumedine et The Nest de Sean Durkin. Découvrez leurs avis…

Montage Photo : "The Nest" de Sean Durkin et "Abou Leila" d’Amin Sidi-Boumedine
Montage Photo : "The Nest" de Sean Durkin et "Abou Leila" d’Amin Sidi-Boumedine Crédits : Ascot Elite Entertainment / UFO Distribution

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine... 

Sous les feux de La Critique cette semaine, deux films, Abou Leila d’Amin Sidi Boumédiène, un film algérien qui sort en DVD, et The Nest de Sean Durkin, qui a reçu plusieurs prix au festival du film américain de Deauville et qui sort sur Canal .

Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Charlotte Garson, Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma et Philippe Azoury, rédacteur chef culture à Vanity Fair.

💿  -  Abou Leila d’Amin Sidi Boumédiène, l'Algérie des années 90  

Un film dans lequel je me suis beaucoup plu à me perdre. Philippe Azoury

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Amine Sidi-Boumédiène est algérien, Abou Leila est son premier long-métrage, un film de plus de deux heures, qui se passe dans l’Algérie de la décennie noire, au milieu des années 90. Pas facile de le résumer ce film étrange, tout en ruptures. Disons qu’au départ il y a un couple, deux hommes dont on ne comprend pas bien ce qui les unit, ils paraissent en fuite dans le désert, ils sont en fait à la recherche d’Abou Leila, terroriste dont l’identité voire l’existence est douteuse. L’un paraît s’occuper de l’autre, malade, drogué, un personnage étrange qui s’endort tout le temps, et dont la somnolence semble dicter son régime au film...

L'avis des critiques : (extraits)

Un film versatile

Le film prend des chemins complètement délirants. Il varie sur les deux heures et quart de son cheminement. Il se met à changer d'humeur ou à changer de forme (…) C’est un film qui parfois m’a laissé totalement sur le côté, sans totalement me lâcher, et qui m'a parfois complètement avalé. Je pense qu'il y a à la fin de ce voyage, une vraie force, un réel enthousiasme devant un cinéma algérien qui n'arrête pas de se régénérer. Philippe Azoury 

On sent qu’Amin Sidi-Boumédiène a une envie de faire du cinéma, peut-être même du cinéma de genre. Philippe Azoury

► Allégorie vs réalité sociale 

Dans ce film, Amin Sidi-Boumédiène cherche à sortir d'une sorte d’historicisme ou de réalisme social de la chronique des années de plomb qui a beaucoup inspiré le cinéma algérien de ces vingt dernières années. Ca inspire le rapport au hors champ du film, ce que est hors cadre fait pression très fortement, comme une violence qui est juste là, au bord, à la frontière. Charlotte Garson

Il y a dans ce film une utilisation de l'allégorie comme moyen mais pas comme fin. Chaque séquence est quasiment un essai de forme, une tentative ou un prototype et je pense que le film pèche en cet endroit. Philippe Azoury

Toute cette construction tout à fait virtuose fonctionne du point de vue rationnel, ce qui me déplaît, malgré tout, c’est sa façon d'évacuer l'histoire, d'essayer d'en sortir, de trouver une intensité formelle, voire formaliste très forte, sans comprendre que le cinéma, c'est aussi la chance de faire avec ce réalisme, avec cette réalité et de ne pas choisir entre un cinéma, de la subjectivité, de la psyché, de l'imaginaire et une extériorité pure qui serait l'histoire, le collectif, le documentaire. Je trouve un petit peu dommage qu’il laisse l'extériorité, l'aspect documentaire et l'aspect historique complètement en dehors. Charlotte Garson

On peut quand même reconnaître l'ambition assez dévoratrice de ce cinéaste et avoir envie de voir ce qu’il fera par la suite. Charlotte Garson

Plus d’informations : DVD  « Abou Leila » d’Amin Sidi-Boumédiène avec Slimane Benouari, Lyes Salem, azouz Abdelkader… (UFO Distripution) 

📺  - "The Nest" de Sean Durkin, Grand prix, prix de la critique et prix de la révélation au dernier festival de Deauville

Ce l’on croit être les faiblesses de ce film apparaissent réellement comme son charme. Philippe Azoury

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Synopsis : Dans les années 1980, Rory, un ancien courtier devenu un ambitieux entrepreneur, convainc Allison, son épouse américaine, et leurs deux enfants de quitter le confort d’une banlieue cossue des États-Unis pour s’installer en Angleterre, son pays de naissance. Persuadé d’y faire fortune, Rory loue un vieux manoir en pleine campagne où sa femme pourra continuer à monter à cheval. Mais l’espoir d’un lucratif nouveau départ s’évanouit rapidement et l’isolement fissure peu à peu l’équilibre familial.

L'avis des critiques : (extraits)

Au début, j'ai vraiment douté de l'intérêt de ce film. On se demande quand est-ce que ça va se gâter pour cette famille parfaite. Ce qui est intéressant, c’est petite la déconstruction au niveau du récit parce que les choses ne se gâtent pas suffisamment tôt. On se dit que quelque chose de l'ordre de l'horreur ou du fantastique est en train d'être construit, mais évidemment, ce sont des fausses pistes. On pourrait reprocher à Sean Durkin ce travail de manipulation du spectateur, moi, j'ai plutôt aimé (…) Le rapport de pouvoir dans le couple entre les sexes et selon les deux cultures et les deux accents différents m'a intéressée. Charlotte Garson

L’une des grandes surprises du film, agréable ou pas, et en partie la matière même de son charme, c'est qu'au bout de 35 ou 40 minutes de film, je ne savais toujours pas vers quoi Sean Durkin voulait m'emmener ni même ce qu’il voulait me raconter (…) Ce qui a fini par me perdre c’est que je ne sais pas qui regarde ou qui raconte cette histoire. Il me manque cruellement une incarnation du point de vue. C’est un film qui m’a à la fois plu, en me maintenant dans un certain confort, mais envers lequel je suis quand même en droit de demander un tout petit peu plus que ce qu'il fait. Philippe Azoury

Plus d’informations : « The Nest » de Sean Durkin avec Jude Law, Carrie Coon, Charlie Shotwell à voir sur Cana et My Canal 

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