LE DIRECT
John Cassavetes (FPG) et Petite Fille de Sébastien Lifshitz (© Agat Films)

Être au cinéma : "Cassavetes par Cassavetes" et "Petite Fille" de Sébastien Lifshitz

32 min
À retrouver dans l'émission

Après "Adolescentes", Sébastien Lifshitz signe pour Arte un nouveau documentaire déjà visible en ligne. "Cassavettes par Cassavettes", envisagé par beaucoup comme le livre définitif sur le cinéaste, est enfin traduit. Nos critiques en parlent.

John Cassavetes (FPG) et Petite Fille de Sébastien Lifshitz (© Agat Films)
John Cassavetes (FPG) et Petite Fille de Sébastien Lifshitz (© Agat Films)

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités débattent des oeuvres qui font l'actualité culturelle du moment, dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire de La Critique cette semaine : Petite Fille de Sébastien Lifshitz (déjà disponible sur le site arte.tv, le film sera diffusé le 2 décembre) et le livre Cassavetes par Cassavetes de Ray Carney (2001) traduit par François Raison pour les éditions Capricci, une somme illustrée qui raconte, à la première et à la troisième personne, le réalisateur de Faces et Une femme sous influence.

Nos critiques du jour : Murielle Joudet (critique cinéma aux Inrocks) et Jérôme Momcilovic (critique cinéma).

"Petite Fille" de Sébastien Lifshitz

Présentation : Sasha, né garçon, se vit comme une petite fille depuis l’âge de 3 ans. Le film suit sa vie au quotidien, le questionnement de ses parents, de ses frères et soeur, tout comme le combat incessant que sa famille doit mener pour faire comprendre sa différence. Courageuse et intraitable, Karine, la mère de Sasha, mène une lutte sans relâche portée par un amour inconditionnel pour son enfant.

Extraits : 

Le film m'a beaucoup ému. J'ai des réserves, mais il faudrait presque s'en tenir à l'émotion. [...] La forme est excessivement dramaturgique. Ce qu'on voit, ce sont des gens qui performent pour une caméra qui leur demande de faire comme si elle n'était pas là. [...] Une chose résiste à cette sur-dramaturgie, c'est le visage de l'enfant, son mystère. Jérôme Momcilovic

En termes de pédagogie et de ce que peut faire la télé, il y a une sorte d'efficacité maximale. C'est très important que la télé produise ça. La bienveillance et les vertus pédagogiques inhérentes au film sont tellement puissantes qu'on aurait envie de ne parler que de ça. [...] Ce qui me gêne un peu, c'est la sur-délicatesse employée par Lifshitz pour traiter son sujet. Avec cette approche, il prend le risque de ne pas frapper l'imaginaire du spectateur, ou sa mémoire. Murielle Joudet

"Cassavetes par Cassavetes" de Ray Carney

Présentation : Cassavetes par Cassavetes est la somme indispensable sur le réalisateur de Faces et Une femme sous influence. Suivant un fil chronologique, John Cassavetes y raconte son enfance et sa jeunesse, ses études d’art dramatique, ses débuts d’acteur fauché à New York, ses combats permanents contre les studios d’Hollywood et les automatismes du cinéma commercial. Il expose en détail les étapes de réalisation de chacun de ses films, de Shadows (1959) à Love Streams (1984). Tournages épiques, souvent interrompus faute d’argent, montages sans cesse repris, communication et plans de sortie menés par le cinéaste lui-même… Toute sa vie, Cassavetes restera fidèle à sa vision radicale de l’art et du cinéma, parfois même contre l’avis de ses collaborateurs les plus fidèles, tels que les acteurs Peter Falk, Ben Gazzara, ou sa femme et actrice Gena Rowlands.

"Cassavetes par Cassavetes" a paru aux éditions Capricci
"Cassavetes par Cassavetes" a paru aux éditions Capricci

Abondamment illustré, le livre alterne les propos de Cassavetes avec des commentaires de son biographe Ray Carney, qui viennent à la fois les restituer, les compléter et parfois les discuter. 

Extraits : 

C'est un livre absolument sublime, immense. Un des plus grands livres sur le cinéma que j'ai lus. C'est un objet très particulier en termes d'écriture. [...] On sort complètement de la biographie raisonnable. La biographie est là, mais entretissée d'une sorte de fureur qui est celle de Cassavettes. [...] C'est une sorte de montage oral écrit absolument génial, où on retrouve la langue extrêmement puissante de Cassavettes. Murielle Joudet

La première chose que rappelle le livre, c'est qu'un grand artiste, un génie, c'est un type qui est fou à lier. Et Cassavetes était fou à lier, son oeuvre et son discours débordent de partout. Le livre lui même est à cette image là et c'est ça, évidemment, qui est bouleversant. Jérôme Momcilovic

Egalement au sommaire de La Critique : 

Un coup de projecteur sur HENRI, la plateforme inaugurée par la Cinémathèque Française qui met gratuitement à disposition des visiteurs quelques uns des films rares de ses collections.

Ecoutez la première partie de La Critique du 27 novembre 2020 :

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......