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Le cinéaste Wang Bing (© Stéphane de Sakutin) et "Il Mio Corpo'" de Michele Pennetta (© Sweet Spot Docs)

Cinéma documentaire : "Il Mio Corpo" de Michele Pennetta et l'expo "Wang Bing - L'Oeil qui marche"

32 min
À retrouver dans l'émission

Un film à voir en salles et un cinéaste à découvrir au BAL, qu'ont pensé nos critiques d'"Il Mio Corpo" de Michele Pennetta et de l'exposition "Wang Bing - L'Oeil qui marche" ?

Le cinéaste Wang Bing (© Stéphane de Sakutin) et "Il Mio Corpo'" de Michele Pennetta (© Sweet Spot Docs)
Le cinéaste Wang Bing (© Stéphane de Sakutin) et "Il Mio Corpo'" de Michele Pennetta (© Sweet Spot Docs) Crédits : AFP

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Cette semaine, le documentaire s'invite au sommaire de La Critique avec un film,Il Mio Corpo de Michele Pennetta (en salles), et l'exposition "Wang Bing - L'Oeil qui marche", à découvrir au BAL, à Paris (le livre accompagnant l'exposition est disponible aux éditions du BAL & la Cinémathèque organise une rétrospective Wang Bing du 9 au 21 juin). 

Nos critiques du jour : Charlotte Garson, rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma, et Antoine Guillot, producteur de l'émission Plan Large sur France Culture. 

"Il Mio Corpo", un film documentaire de Michele Pennetta (en salles) 

Présentation : Sous le soleil de Sicile, Oscar récupère de la ferraille avec son père. A l’autre bout de la ville, Stanley le Nigérian vivote grâce aux petits travaux donnés par le prêtre de la paroisse.
Tous deux ont le même désir, celui d’une vie meilleure…

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L'avis des critiques : 

"Il Mio Corpo" procède d'une rencontre cinématographique forcée entre deux personnages que Pennetta présente comme des rebuts, des rebuts qu'il filme sous le soleil de la Sicile. Il y a, pour le cinéaste, une découverte fascinée des corps de ceux qu'il filme, un homoérotisme qu'il tente, comme Pasolini avant lui, de rendre mystique. Tout ceci posé, une question demeure : qu'est ce que ça donne ? Je m'interroge encore... Antoine Guillot

C'est un film pensif, comme ses personnages filmés en train de réfléchir durant des temps morts. Ce côté pensif, c'est pour moi tout l'intérêt du film et aussi sa limite. On sent que le film cherche, et ne trouve pas, une forme, un discours, un dispositif qui aboutirait à une compréhension du monde. Le montage, assez artificiel, ne produit par le court circuit artistique qui transcenderait l'intention. Restent, comme une sorte de résidu à tout cela, les visages et leurs impacts. Charlotte Garson

L'exposition "Wang Bing - L'Oeil qui marche" au BAL, à Paris

Le BAL expose Wang Bing, l'un des plus grands cinéastes contemporains, avec une installation immersive conçue avec l'artiste, sur une proposition des commissaires, Dominique Païni et Diane Dufour. 

Un mot des commissaires

"Un jour de 1999, dans le Nord-Est de la Chine, un homme de 32 ans ayant étudié la photographie dans une école d’art, se saisit d’une petite caméra vidéo amateur et filme seul, durant presque 2 ans, la disparition du plus grand complexe sidérurgique chinois. En résulte À l’Ouest des Rails (2003), un film magistral de 9 heures, vécu par beaucoup d’entre nous comme l’avènement d’un cinéaste et d’une manière unique de faire corps avec le cinéma. Ainsi commence l’événement Wang Bing.

"Père et fils" (2014), vidéogramme
"Père et fils" (2014), vidéogramme Crédits : © Wang Bing - Galerie Paris Beijing

Depuis, Wang Bing ne nous a pas quittés. En vingt films réalisés en autant d’années, avec une humilité et un acharnement hors du commun, une oeuvre-monument est née. Cohabitent en son sein, comme les deux faces d’une même pièce, les films anthropologiques où le cinéaste s’attache à suivre les pas des exclus du miracle économique chinois et les films historiques où est recueillie la parole des derniers survivants des campagnes anti droitières de Mao Tsé Toung. Dicté par la nécessité de tailler dans une oeuvre gigantesque pour en révéler la singularité, notre parti pris a été de n’explorer que les premiers. C’est par des fragments découpés dans la matière vivante de 6 films, les plus emblématiques à nos yeux de cet « être au monde » qui lui est propre, que nous avons choisi de pénétrer dans l’oeuvre de Wang Bing. Là s’invente une forme, là s’imprime la présence obstinée de Wang Bing sur les pas de l’Autre, là éclate la virtuosité du cadre dans un monde en perpétuel mouvement, là irradie l’humanité de cet œil qui marche."

Dominique Païni et Diane Dufour, commissaires de l'exposition 

A contre-courant de nombreuses expositions de cinéma qui, selon moi, ne dépassent jamais la dimension purement illustrative et / ou fétichiste, l'exposition Wang Bing, au BAL, fait réellement comprendre quelque chose. Visiter l'exposition, c'est un peu comme lire des théories et des analyses sur l'oeuvre de Wang Bing, mais au lieu de textes, on apprend d'une scénographie et d'extraits soigneusement organisés. [...] Le formalisme de l'oeuvre de Wang Bing, indissociable du propos, le rattache directement à l'histoire de l'art. Cette force plastique énorme est vraiment prise en charge par l'exposition. Charlotte Garson

Les films de Wang Bing sont d'une importance politique énorme. Ses films font discours mais ne sont jamais l'application d'un discours. Wang Bing nous invite à regarder comment les hommes vivent. [...] La scénographie, les dispositifs présents dans l'exposition - différents pour chaque film-, sont d'une grande intelligence. Il s'agit d'aller au fond de l'organisation organique de chaque film. Antoine Guillot

Egalement au sommaire de La Critique : 

Le coup de coeur d'Antoine Guillot pour le film Hospitalité de Kōji Fukada, actuellement en salles 

Synopsis : Au cœur de Tokyo, la famille Kobayashi vit paisiblement de l’imprimerie. Quand un vieil ami de la famille réapparaît, aucun ne réalise à quel point il est en train de s’immiscer progressivement dans leur vie… jusqu’à prendre leur place.

Ecoutez la première partie de La Critique du 28 mai 2021 : 

Intervenants
  • Productrice de La Critique
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
  • Rédactrice en chef adjointe des Cahiers du cinéma
L'équipe
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