LE DIRECT
Clairières de Gilles Ribeiro, Chavirer de Lola Lafon, Yves Klein, Monochrome bleu sans titre, (IKB 4), 1961, Arc de Triomphe empaqueté, Christo

Expositions : Yves Klein à Metz & Christo à Paris // Littérature : Jean Rolin & Gilles Ribero

1h
À retrouver dans l'émission

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et deux critiques invités, commentateurs passionnés et experts, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine.

Clairières de Gilles Ribeiro, Chavirer de Lola Lafon, Yves Klein, Monochrome bleu sans titre, (IKB 4), 1961, Arc de Triomphe empaqueté, Christo
Clairières de Gilles Ribeiro, Chavirer de Lola Lafon, Yves Klein, Monochrome bleu sans titre, (IKB 4), 1961, Arc de Triomphe empaqueté, Christo Crédits : Allia / Actes Sud © Succession Yves Klein c/o / The Arc de Triumph

Chaque vendredi désormais la grande table appartiendra aux critiques de tous genres, de tous bords, et de tous les arts. Aux côtés de Lucile Commeaux, deux commentateurs passionnés de l’actualité culturelle aborde deux disciplines différentes de part et d’autre du Journal de la rédaction, pour que vive la critique, ce goût partagé et contagieux de la dispute esthétique, qu’elle concerne des films, des livres, des expositions, des séries, des bandes dessinées, bref tout ce qui s’aime et se discute. 

A notre affiche cette semaine : 

En première partie, 2 expositions :
- Le Ciel comme atelier - Yves Klein et ses contemporains à Metz
- Christo et Jeanne-Claude Paris ! à Paris

En deuxième partie, 2 romans :
- Le pont de Bezons de Jean Rolin
- Clairières de Gilles Ribeiro

Pour en parler :  

  • Corinne Rondeau, maître de conférence esthétique et sciences de l’art à l’université de Nîmes,
  • Sally Bonn, auteure, critique et maîtresse de conférence en esthétique à l’université d’Amiens 
  • Laurent Nunez, écrivain et éditeur.  

Exposition :  "Le Ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains" jusqu’au 1er février au Centre Pompidou Metz

Yves Klein travaillant aux Peintures de Feu à la Plaine Saint Denis. // Yves Klein, Monochrome rose sans titre, (MP 8), 1956 // Yves Klein, Monochrome rose sans titre, (MP 8), 1956
Yves Klein travaillant aux Peintures de Feu à la Plaine Saint Denis. // Yves Klein, Monochrome rose sans titre, (MP 8), 1956 // Yves Klein, Monochrome rose sans titre, (MP 8), 1956 Crédits : © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2020 //

Extrait de la présentation de l'exposition : Le Centre Pompidou-Metz présente à partir du 18 juillet 2020 une exposition consacrée à Yves Klein (1928-1962), figure majeure de la scène artistique française et européenne d’après-guerre. « Le ciel comme atelier » dévoile les affinités esthétiques qu’il développa, au-delà de la mouvance des Nouveaux Réalistes, avec une constellation d’artistes, de Gutai au Japon aux spatialistes en Italie, de ZERO en Allemagne au groupe Nul aux Pays-Bas. « Peintre de l’espace », Yves Klein projeta avec eux l’art dans une nouvelle odyssée. Le ciel, l’air, le vide et le cosmos figurent alors l’atelier immatériel propice à réinventer l’art et le rapport de l’homme au monde après la tabula rasa de la guerre. Dès 1946, Yves Klein signe de son nom l’envers du ciel s’appropriant cet espace infini comme l’une de ses toiles, tandis que les spatialistes autour de Lucio Fontana s’aventurent à faire « apparaître dans le ciel des formes artificielles, des arcs-en-ciel merveilleux ». Piero Manzoni s’engage dans la quête d’un espace sans limites au sein duquel « la matière devient une énergie pure » qui répond à la recherche de sensibilité picturale immatérielle de Klein et à celle d’Otto Piene qui envisage l’art comme le médium sensoriel et régénérateur permettant de reconnecter l’homme à l’univers.

  • L'avis des critiques : 

C'est une exposition très riche qui s'intéresse, pour citer Klein, à "l’évolution de l’art vers l’immatériel". Elle a comme intérêt principal de décentrer Klein pour le reconfigurer dans une constellation de relations internationales entre les artistes des années 50 et 60, relations très fortes sur le plan de la recherche plastique. [...]  Ce qui traverse l'exposition, c'est l'ambition des artistes, dans l'immédiate après-guerre, de repartir de zéro, d'un vide qui vient des ruines, et de questionner l'inscription du corps dans ce vide. Sally Bonn

Ça nous change d’Yves Klein qui m’ennuie assez quand il est tout seul. La mise en rapport de son travail avec des pièces d’autres artistes donne une perspective sur une époque, c’est une époque traduite en exposition. [...] La recherche permanente des artistes exposés est véritablement une aventure. Corinne Rondeau

Exposition : "Christo et Jeanne-Claude Paris !" jusqu’au 19 octobre au Centre Pompidou 

The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris), 1976 //Petit cheval empaqueté, 1963 // Projet Arc de Triomphe emaqueté, André Grossmann© 2018 Christo
The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris), 1976 //Petit cheval empaqueté, 1963 // Projet Arc de Triomphe emaqueté, André Grossmann© 2018 Christo Crédits : © Christo 1976 Photo © Philippe Migeat // © Christo 1963 Photo © Dirk Bakker //

Extrait de la présentation de l'exposition : Dès 1975, Christo et Jeanne-Claude développent l’idée d’empaqueter le Pont-Neuf à Paris avec de la toile polyamide de couleur grès doré, qui recouvrirait les côtés et les voûtes des douze arches du pont, les parapets, les bordures et les trottoirs (le public devant pouvoir marcher sur la toile), ses quarante-quatre lampadaires, ainsi que les parois verticales du terre-plein de la pointe occidentale de l’Île de la Cité et l’esplanade du Vert-Galant. L’exposition majeure consacrée à Christo et Jeanne-Claude retrace l’histoire de ce projet, 1975-1985, et revient sur leur période parisienne, entre 1958 et 1964, avant l’empaquetage de l’arc de triomphe prévu en 2021.

  • L'avis des critiques : 

On pourrait croire à une rétrospective, mais ce n’en est pas une. Christo arrive à Paris en 1958, et son art de l'"empaquetage" commence là. [...] "Pour moi, tout ce qui a une signification relève de la propagande" disait Christo. Il disait aussi "mon oeuvre est littérale" et, justement, ce qui est merveilleux dans son travail, c'est qu'il enlève la symbolique et le style, pour ne garder que la structure, la fonction et l'usage des choses. C'est rien, et c'est énorme. Corinne Rondeau

Roman : "Le pont de Bezons" de Jean Rolin (POL)

Couverture du livre "Le Pont de Bezons" de Jean Rolin
Couverture du livre "Le Pont de Bezons" de Jean Rolin Crédits : POL

Présentation de l'éditeur : Il soufflait un léger vent, des joggers couraient, torse nu pour certains, des trottinettes et des vélos s’efforçaient de les éviter, et deux filles assez belles, me sembla-t-il, se partageaient sur le quai une pizza, l’une d’elles assise de telle sorte que je la crus tout d’abord unijambiste, éprouvant de ce fait un élan de pitié dont je me retrouvai embarrassé par la suite.Bientôt un fin croissant de lune s’éleva au-dessus de Bezons, dans un ciel où se diluaient les teintes excessives du couchant.

  • L'avis des critiques : 

C’est un très beau livre du presque rien, où le sérieux de l'observation se dispute à la vanité du projet, une très belle traversée, à la fois mélancolique et humoristique. Sally Bonn

C'est un livre qui est vraiment très beau parce qu'il part de presque rien et qui surfe sur cette vanité là. C'est un livre qui tient sur rien, et pourtant, c'est un livre profondément humain. Laurent Nunez

Roman : "Clairières" de Gilles Ribero (Allia)

Couverture du livre "Clairières" de Gilles Ribeiro
Couverture du livre "Clairières" de Gilles Ribeiro Crédits : Actes sud

Présentation de l'éditeur : Savant pas totalement fou, Robert est en passe de bouleverser le monde de l’entreprise grâce à l’invention d’une nouvelle résine. Au moyen de ce matériau novateur, il parvient à concevoir des vitrines dans lesquelles circulent toutes sortes de données. C’est un triomphe : le rêve cybernétique semble sur le point d’être accompli. Mais dans un monde soumis à un capitalisme liquide et implacable, la situation dégénère et le rêve tourne au cauchemar. Les entreprises clientes de Robert subissent bientôt une vague de meurtres et d’attentats sans précédent. L’efficacité du procédé révèle son corollaire : le crime. Plongé dans l’horreur, dépassé par la situation alors que les investisseurs le somment de répondre de sa création, Robert médite sur son invention. Au comble de l’égarement, il perd tout contact avec la réalité et s’absorbe dans une rêverie lugubre. Fantasmes et réalité se mélangent jusqu’à un paroxysme de confusion, qui se résoudra dans un déchaînement de violence…

  • L'avis des critiques : 

Un roman très dense, déroutant, rugueux et gluant, charnel parfois. On se tient entre le rêve et la réalité. […] Ce qui est en jeu, et ce qui réussit, c’est la question de la plasticité : la plasticité décrite dans le livre, et celle que l'on retrouve dans la langue. Sally Bonn

Je me suis senti embourbé dans cette centaine de pages, j’ai eu un mal fou à comprendre ce que je lisais. La prose est épaisse et complexe, on se bagarre avec elle. [...] Je dois dire que c'est un roman très audacieux en cette rentrée littéraire. Laurent Nunez

Pour aller plus loin...

Intervenants
  • Auteure, critique et Maître de conférence en esthétique à l'Université d'Amiens
  • Couverture du livre "Le pont de Bezons" de Jean Rolin - POL
  • Ecrivain et éditeur

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......