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Alexandre Isidore Leroy de Barde, Charles-Alexandre Lesueur-M, Monet_nympheas-bleus, Plastikwolke et Stillleben mit Frosch Christa Dichgans,

Expositions : « Les origines du monde » et « Les amazones du pop »

32 min
À retrouver dans l'émission

Nos critiques ont vu deux expositions cette semaine, l’une à Paris, l’autre à Nice. Découvrez leurs avis …

Alexandre Isidore Leroy de Barde, Charles-Alexandre Lesueur-M, Monet_nympheas-bleus, Plastikwolke et Stillleben mit Frosch Christa Dichgans,
Alexandre Isidore Leroy de Barde, Charles-Alexandre Lesueur-M, Monet_nympheas-bleus, Plastikwolke et Stillleben mit Frosch Christa Dichgans, Crédits : Musée d'Orsay, duse Chrysaora Lesueur, Jochen Littkemann, Christa Dichgans

Le vendredi la grande table laisse place à la parole critique, toutes les semaines nous parlons de l’actualité culturelle avec des professionnels de la profession pour décrypter quatre ou cinq objets de culture, de part et d’autre du journal : des livres, des disques, des films, des bande-dessinées, des spectacles, des expositions… avec enthousiasme et dans la belle contradiction.

Sous les feux de La Critique cette semaine, deux exposition : « Les origines du monde - L'invention de la nature au XIXe siècle », quand la nature inspire les arts, jusqu’au 18 juillet au musée d’Orsay et « She-Bam Pow Pop Wizz ! Les amazones du pop », qui souligne et donne à voir la contribution essentielle des femmes à l’histoire du pop, jusqu’au 29 août au MAMAC à Nice.

Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Sarah Ihler Meyer, critique d’art et commissaire d’exposition et Sally Bonn, critique et maître de conférence en esthétique à l’université de Picardie.

🖼  -  « She-Bam Pow Pop Wizz ! Les amazones du pop » au MAMAC à Nice

Au début des années 1960, des héroïnes de papier sortent des cases pour explorer un monde interdit. Elles ont pour noms Barbarella, Jodelle, Pravda la Survireuse… Elles sont libres, puissantes et sensuelles telles des amazones. Nées d’une culture adolescente, elles incarnent un nouvel idéal qui impulsera une révolution des mœurs sans précédent.

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À côté de ces représentations de papier, d’autres héroïnes, bien réelles, participent à l’invention d’un langage artistique nouveau – sans doute le plus populaire de la seconde moitié du XXème siècle : le POP. Leurs œuvres, à l’image des bandes dessinées, regorgent de couleurs arc-en-ciel et vibrantes. Par des voies plurielles, elles envisagent un monde autre, aux formes rêvées et parient sur la construction d’un monde meilleur plutôt que sur une amnésie artificielle des heures sombres du passé. Jusqu’à 1973, le futur progressiste semble réalisable (émancipation sexuelle, droits sociaux, pacifisme, imaginaires extra-terrestres, etc.), et leurs œuvres le clament : Love is all we need ! Pour autant, les artistes sont lucides quant aux obstacles qui jonchent cette bulle temporelle de 1961 à 1973, notamment avec les guerres impérialistes, les polarités géopolitiques, la course effrénée à la consommation, etc. Dans ce sens, le Pop des amazones devient complexe, grinçant…et teinté d’un humour rageur.

She-Bam Pow POP Wizz !, retrace pour la première fois à cette échelle, l’histoire ouverte d’une génération de femmes européennes et nord-américaines qui ont contribué avec audace et flamboyance, à une autre facette, plus méconnue, du Pop international. Pour les 30 ans du MAMAC, l’exposition met en valeur un axe majeur de sa collection – le face à face entre le Nouveau-réalisme et le pop art – et une de ses figures charismatiques : la franco-américaine Niki de Saint Phalle. Dans son sillage, c’est la contribution essentielle des femmes à l’histoire du pop qui est ici déployé.

► ► ► L'avis des critiques (A venir ⌛)

C'est une exposition importante dans la mesure où elle met en lumière des artistes peu visibles ou qui ont été invisibilisées par un récit du Pop art qui s'est écrit essentiellement au masculin. C'est une réécriture de l'histoire de ce courant, une sorte correctif ou d'élargissement qui me semble essentiel. Les œuvres s'imposent par l'efficacité de leurs formes, par la richesse de leur vocabulaire plastique et nous font oublier rapidement les homologues masculins de ces artiste femmes. C’est remarquable. Sarah Ihler Meyer

C’est une exposition extrêmement riches et assez passionnantes parce qu'elle met en jeu la relation entre le voir et le savoir, et notamment ce qu'on pourrait appeler le savoir voir. Son grand mérite est vraiment de mettre sur le même plan démarche scientifique et démarche artistique. L’exposition interroge la place de l'homme dans la nature en revenant non pas aux origines de l'homme mais plutôt aux origines de notre regard sur l'homme dans son environnement avec la nature. Sally Bonn

Plus d'informations : « She-Bam Pow Pop Wizz ! Les amazones du pop » // jusqu'au 29 août au MAMAC à Nice catalogue (Editions Flammarion)

🖼  -  : « Les origines du monde - L'invention de la nature au XIXe siècle » au musée d’Orsay

Le dix-neuvième siècle a connu un développement sans précédent des sciences naturelles. Les grands voyages d'exploration révèlent la diversité du monde et la variété des espèces vivantes ; la géologie découvre l'inimaginable antiquité de la terre et ses transformations au cours du temps ; l'étude des fossiles révèle l'antiquité de la vie et l'existence d'espèces disparues. En 1854, les dinosaures du Crystal Palace à Londres présentent un Jurassic Park avant l'heure. La découverte de l'homme préhistorique questionne : comment le représenter ? Qui était le premier artiste ?

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Dans la deuxième moitié du siècle, Darwin et ses adeptes, comme Haeckel en Allemagne, interrogent les origines de l'homme, sa place dans la Nature, ses liens avec les animaux ainsi que sa propre animalité dans un monde désormais compris comme un écosystème. Ce bouleversement dans les sciences, ainsi que les débats publics qui traversent le siècle, influencent profondément les artistes. L'iconographie du singe reflète l'embarras devant nos ancêtres simiesques et la quête fantasmatique du "chaînon manquant". L'esthétique symboliste de la métamorphose se peuple de monstres et d'hybrides, de centaures, minotaures, sirènes et autres chimères. Avec les Kunstformen der Natur de Haeckel, la Nature devient artiste. Le monde infiniment petit, la botanique et les profondeurs océaniques inspirent les arts et notamment les arts décoratifs. L'Art nouveau et le Symbolisme témoignent d'une fascination pour les origines de la vie, l'ontogenèse et la phylogénèse : formes unicellulaires, animaux marins ou embryonnaires s’insinuent dans des univers indéfinis, dans les secrets de la maternité.  Le musée d'Orsay consacre pour la première fois une exposition à la croisée des sciences et des arts, en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle, qui retrace les thèmes de ce questionnement et confronte les principaux jalons des découvertes scientifiques avec leur parallèle dans l'imaginaire. - Extrait de la présentation du musée-

► ► ► L'avis des critiques 

C’est une exposition extrêmement riche, assez passionnantes, parce qu'elle met en jeu la relation entre le voir et le savoir, et notamment ce qu'on pourrait appeler le savoir voir. Son grand mérite est vraiment de mettre sur le même plan démarche scientifique et démarche artistique. L’exposition interroge la place de l'homme dans la nature en revenant non pas aux origines de l'homme mais plutôt aux origines de notre regard sur l'homme dans son environnement avec la nature. Sally Bonn

C'est une exposition très pédagogique et agréable à parcourir du fait qu'elle présente des oeuvres assez rares qui se situent dans une sorte de zone grise entre art et science. Le sous-titre, l'invention de la nature, peut induire en erreur car il ne s’agit pas ici de l'invention d'une certaine représentation de la nature mais plutôt de l'histoire des possibles rapports entre art et science au 19e siècle. Sarah Ihler Meyer

Plus d’informations : « Les origines du monde - L'invention de la nature au XIXe siècle" // Du 19 mai au  18 juillet 2021 // Musée d’Orsay    catalogue Coédition Gallimard/Musée d’Orsay 

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Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  
Intervenants
  • Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante
  • Auteure, critique et Maître de conférence en esthétique à l'Université d'Amiens
L'équipe
Production
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Avec la collaboration de

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