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"Le Blues de Ma Rainey" de George C. Wolfe (© David Lee/Netflix) et "Hotel by the River" d'Hong Sang-Soo (© 2018 Jeonwonsa Film Co. Tous droits réservés)

Le cinéma chez soi, avec "Hotel by the River" de Hong Sang-Soo et "Le Blues de Ma Rainey" de George C. Wolfe

32 min
À retrouver dans l'émission

La mère du blues et la cinégénie de l'hiver s'invitent à la table ronde critique du jour.

"Le Blues de Ma Rainey" de George C. Wolfe (© David Lee/Netflix) et "Hotel by the River" d'Hong Sang-Soo (© 2018 Jeonwonsa Film Co. Tous droits réservés)
"Le Blues de Ma Rainey" de George C. Wolfe (© David Lee/Netflix) et "Hotel by the River" d'Hong Sang-Soo (© 2018 Jeonwonsa Film Co. Tous droits réservés)

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités débattent des oeuvres qui font l'actualité culturelle du moment, dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire de La Critique cette semaine : le dernier film du cinéaste sud-coréen Hong Sang-Soo Hotel by the River disponible en DVD (ESC Distribution) et Le Blues de Ma Rainey de George C. Wolfe, adapté de la pièce d'August Wilson, lauréat du prix Pulitzer, à voir sur Netflix. 

Nos critiques du jour : Murielle Joudet (critique cinéma aux Inrocks) et Antoine Guillot (producteur de Plan Large sur France Culture). 

"Hotel by the River" de Hong Sang-Soo 

On a l’impression que le film se passe ailleurs. Dans le hors-champ, il y a un film qui a lieu. Et puis nous, on est dans cet hôtel en bordure du monde, en bordure de la fiction. Murielle Joudet

Synopsis : Un vieux poète, qui loge dans un hôtel au bord d’une rivière, fait venir ses deux fils, pensant que sa fin est proche. Lieu de retrouvailles familiales, l’hôtel est aussi celui d’un désespoir amoureux : une jeune femme trahie par l’homme avec qui elle vivait vient y trouver refuge et demande à une amie de la rejoindre…

L'avis des critiques : 

Un « pas grand-chose » déroutant 

C’est un très beau Hong Sang-Soo, un peu déroutant, peut-être encore plus que ses films précédents, alors qu'en apparence, il est beaucoup plus simple. On était habitué à voir des films en deux parties, parfois même en trois. Là, c'est beaucoup plus linéaire. Tout se passe pendant 24 heures dans un hôtel, mais on se rend compte assez vite qu'il y a deux fils parallèles qui se trament. Deux histoires qui sont comme une répétition l’une de l'autre. Il y a des sortes d'échos, il y a des rimes. Et ce n'est pas pour rien que le personnage principal est un poète. On finit ce film dans un sentiment étrange de n'avoir vu pas grand-chose. Mais un pas grand chose très profond et mystérieux. Antoine Guillot

Dépression ou paix de l'âme ?

C'est un « film Covid ». Certes, c'est un peu un lieu commun de dire ça cette année… Mais le voir fait quand même écho à cette période de confinement. On voit des personnages prostrés sur leur lit, qui regardent par la fenêtre, qui préfèrent dormir plutôt que de vivre quelque chose… On dirait des acteurs confinés dans un hôtel et qui attendent que le tournage commence. Les personnages sont plus intéressés par une pie ou une plante que par des rapports sociaux. On tourne autour de rapports désynchronisés, de gens qui se ratent ou ne veulent juste pas se rencontrer. Il y a un divorce, il y a une rupture Et on ne sait pas si c'est de la dépression ou de l'ataraxie, une sorte de paix de l'âme. Murielle Joudet

"Le Blues de Ma Rainey" de George C. Wolfe

Il est fascinant ce personnage. Il fallait le pousser jusqu’au bout de l’outrance et nous faire comprendre autrement que par le dialogue ses raisons d’agir. Le film ne fait pas cela. Antoine Guillot

Synopsis : Les tensions s'exacerbent et les esprits s'échauffent au cours d'une séance d'enregistrement, dans le Chicago des années 20, tandis que plusieurs musiciens attendent la légendaire Ma Rainey, artiste avant-gardiste surnommée "la mère du blues". Arrivant en retard, l'intrépide et volcanique Ma Rainey se lance dans un bras de fer avec son manager et son producteur blancs, bien décidés à lui imposer leurs choix artistiques. Tandis que les musiciens patientent dans la salle de répétition, l'ambitieux trompettiste Levee, attiré par la copine de Ma, est déterminé à faire sa place dans le milieu de la musique. Poussant ses camarades à se confier, il provoque un déferlement d'anecdotes, de vérités et de mensonges qui bouleverseront à jamais le cours de leur vie…

L'avis des critiques : 

Une forme éculée

Le personnage qui nous est présenté est vivant et vibrant, mais comme toujours quand il s'agit d'un biopic américain, il est plongé dans le formol. À cela s’ajoute une forme du théâtre très académique. Ça fait qu’on a une manière très aseptisée de nous le présenter. Il y a une vertu pédagogique que Netflix nous présente cette femme là. Mais jusque dans les lumières très brillantes, il y a un côté musée Grévin. C’est vraiment sur des rails, formellement. Est-ce que vraiment on ne peut pas sortir de cette forme devenue incontournable dans le cinéma américain ? J’aurais préféré un documentaire sur un personnage qui est vraiment passionnant a priori. Murielle Joudet

Des stéréotypes gênants

Le côté Disneyland est assez gênant. Les personnages se conforment à des stéréotypes du Noir du Sud sans arrêt, avec les yeux écarquillés, l'accent du Sud sur-prononcé dans les manières de parler… Je ne suis pas sûr que ce soit un film destiné à la communauté noire aux États-Unis. Il me semble que c'est plutôt un film qui flatte le public blanc le plus rétrograde dans les stéréotypes qu'il peut avoir sur les Noirs immigrés du Sud des années 1920. Antoine Guillot

Egalement au sommaire de La Critique : 

Le coup de coeur d'Antoine Guillot pour le livre Jim Carrey - L'Amérique démasquée d'Adrien Dénouette (préface d'Eric Judor) disponible chez Façonnage Editions

Couverture du livre "Jim Carrey - L'Amérique démasquée" d'Adrien Dénouette (Façonnage Editions)
Couverture du livre "Jim Carrey - L'Amérique démasquée" d'Adrien Dénouette (Façonnage Editions)

Ecoutez la première partie de La Critique du 18 décembre 2020 :

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