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Couvertures : "Terra Alta" Javier Cercas et "Les carnets du crocodile" de Qiu Miojin

Littérature : « Terra Alta » de Javier Cercas et « Les carnets du crocodile» de Qiu Miaojin

27 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette Critique (1ère partie) consacrée à la littérature, nos experts ont lu « Les carnets du crocodile» de Qiu Miaojin et « Terra Alta » de Javier Cercas. Découvrez leurs avis …

Couvertures : "Terra Alta" Javier Cercas et "Les carnets du crocodile" de Qiu Miojin
Couvertures : "Terra Alta" Javier Cercas et "Les carnets du crocodile" de Qiu Miojin Crédits : Actes Sud / Notabilia

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité  culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute. 

Sous les feux de la critique cette semaine, deux livres : « Les carnets du crocodile» de Qiu Miaojin aux éditions Notabilia et « Terra Alta » de Javier Cercas chez Actes Sud.

Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Marie Sorbier, rédactrice en chef du magazine I/O Gazette et productrice de Affaires en cours sur France Culture et François Angelier, producteur de l’émission Mauvais Genre sur France Culture.

📕   -  « Les carnets du crocodile » de Qiu Miaojin, Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords

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Présentation de l’éditeur : Laz, jeune étudiante taïwanaise, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu’au bout de la nuit. Amoureuse d’une camarade qui s’acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Laz va chercher du réconfort auprès de sa bande d’amies et d’amis, tous vifs d’esprit, artistes quelque peu moroses, amants autodestructeurs, insoumis et surtout queers.
Dans son journal, Laz écrit l’urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d’humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...
Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s’identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.

►►► L’avis des critiques

A Taïwan, Qiu Miaojin est une star et ce livre est culte, mais pour moi c’est une belle découverte. La langue de Qiu Miojin est totalement invasive. J'avais l'impression d'en avoir partout. Ça déborde de sentiments exacerbés, de mal-être, de tentatives maladroites, voire carrément désespérées, d'être aimé. L’auteure se livre à une sacrée mise à nue. J'ai bien aimé la sensation immersive que produit son écriture. Le côté un peu adolescent de l'amour est retranscrit de façon assez brillante. Stylistiquement ou littérairement c’est aussi assez beau aussi. Marie Sorbier

Le livre d'une jeune femme qui s'est suicidé à 26 ans échappe largement au débat purement littéraire et acquiert un statut qui n’est plus celui d'une œuvre de langage, mais d'un drame qui s'incarne dans des mots. Je suis resté un peu à l'extérieur, probablement à cause de ce statut très ambigu qui me rejette un peu par peur de rentrer dans cette habitation de la mort. En lisant ce livre, j'ai beaucoup pensé à des figures européennes du romantisme anglais comme Mary Shelley. J'ai pensé aussi à certains romantiques allemands classiques. On trouve cette espèce d'intelligences suraigu, de l'existence, une appétence de la beauté formidable et l'incapacité de construire quelque chose qui se stabilise qui conduit à la grande dépression . J'ai un peu fait le tour de ce livre sans trouver la porte d’entrée mais j’ai fini par aimer sa noirceur. François Angelier

📕   -  « Terra Alta » de Javier Cercas, à la croisée des chemins

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Présentation de l’éditeur : Sur des terres catalanes qui portent encore les stigmates de la bataille de l’Èbre, Terra Alta est secouée par un affreux fait divers : on a retrouvé, sans vie et déchiquetés, les corps des époux Adell, riches nonagénaires qui emploient la plupart des habitants du coin. La petite commune abrite sans le savoir un policier qui s’est montré héroïque lors des attentats islamistes de Barcelone et Cambrils, et c’est lui, Melchor, qui va diriger l’enquête. Laquelle promet d’être ardue, sans traces d’effraction, sans indices probants. Or l’énigme première – qui est l’assassin ? – va se doubler d’une question plus profonde : qui est le policier ?
Car avant d’être un mari et père comblé, coulant des jours heureux dans cette paisible bourgade, le policier converti en justicier obsessionnel fut un ancien repris de justice, élevé par une prostituée dans les bas-fonds de Barcelone. Alors qu’il se pensait perdu par la rage et par la haine du monde, la lecture fortuite des Misérables de Victor Hugo est venue exorciser ses démons et bouleverser son destin. Il aurait pu être Jean Valjean… s’il ne s’était changé en Javert.
À Terra Alta, plus qu’ailleurs, bien des secrets plongent leurs racines dans la guerre. Et, pour résoudre l’affaire qui lui est confiée, Melchor doit avoir conscience que l’amour de la justice absolue peut s’avérer la plus absolue des injustices. Il va lui être donné de partager le dilemme de Jean Valjean : “Rester dans le paradis et y devenir démon ! Rentrer dans l’enfer et y devenir ange !”

►►► L’avis des critiques 

C'est un pur polar, deux romans noirs fondus en un. On est dans une espèce de condensé ultra violent du récit noir européen. J'ai été sensible à la gradation psychologique et à la révélation progressive du personnage. C’est très réussi. François Angelier

C'est un polar, mais étonnamment, ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressée. On est dans quelque chose de très noir et pourtant, je n'ai pas du tout réussi à m'intéresser à la résolution du meurtre, à l'enquête. Je suis complètement passée à côté. Par contre, ce qui m'a intéressée, c'est le portrait du héros. C’est un personnage complexe assez génial, séduisant et très attachant. Plus qu’un polar, j’ai l’impression que c’est le portrait d'un homme et d'une terre. Marie Sorbier

🎧 Et pour (Re)écouter la deuxième partie de La Critique, c'est par ici  ⇩  :

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Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  
Intervenants
  • Rédactrice en chef de I/O et productrice d'Affaire en cours sur France Culture
  • Producteur de l’émission "Mauvais Genres" sur France Culture, spécialiste de littérature populaire
L'équipe

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