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Pretty Yende dans l'opéra "La Somnambule" de Bellini mis en scène par Rolando Villazón

Musique : L'opéra "La Somnambule" de Bellini et le disque "Mozart Momentum 1785" de Leif Ove Andsnes

32 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire : Pretty Yende et Francesco Demuro chantent Bellini au TCE et Leif Ove Andsnes s'empare d'une année charnière dans l'oeuvre pour piano de Mozart.

Pretty Yende dans l'opéra "La Somnambule" de Bellini mis en scène par Rolando Villazón
Pretty Yende dans l'opéra "La Somnambule" de Bellini mis en scène par Rolando Villazón Crédits : © Vincent Pontet

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire du jour : 

  • le disque Mozart Momentum 1785 de Leif Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra paru chez Sony Classical (programme du disque : Concertos pour piano nos 20 (K. 466), 21 (K. 467) et 22 (K. 482), Quatuor pour piano et cordes en sol mineur (K. 478), Musique funèbre maçonnique (K. 477) et Fantaisie en do mineur pour piano seul (K. 475)).

Nos critiques du jour : Anna Sigalevitch, journaliste et auteure, et Emmanuel Dupuy, rédacteur en chef du magazine Diapason.

L'opéra "La Somnambule" (Bellini) par Rolando Villazón et Riccardo Frizza au Théâtre des Champs-Elysées

Présentation : La Somnambule, créée quelques mois avant Norma, connut un succès considérable durant tout le XIXe siècle. Le thème du somnambulisme fascinait en effet l’époque romantique avide de phénomènes mystérieux. Bellini a exploré ici toutes les possibilités musicales susceptibles de traduire les états d’âme complexes de son héroïne, victime innocente d’un mal inconnu. 

L’ouvrage offre quelques-uns parmi les plus beaux airs de soprano du répertoire bel canto. C’est donc à Amina que sont destinés les grands arias amples et colorés, exigeant de son interprète des qualités particulières : aigus cristallins et lumineux, souffle long et souple sans oublier beaucoup d’agilité dans les vocalises. Une lignée de chanteuses prestigieuses y a brillé depuis la créatrice du rôle, de Giuditta Pasta jusqu’à la Malibran et Callas et plus près de nous Natalie Dessay. 

La soprano sud-africaine Pretty Yende, qui n’a cessé d’émerveiller encore et encore le public grâce à son naturel désarmant, son élégance décomplexée, sans oublier l’éclat rayonnant de sa voix, devrait à son tour décliner avec talent la gamme expressive du personnage face à l’Elvino de Francesco Demuro. Un couple et une distribution qui pourra compter sur l’expérience de Rolando Villazón qui signe sa première mise en scène à Paris. Le chef italien, Riccardo Frizza sera à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, ensemble qui a déjà fait ses preuves dans ce répertoire belcantiste.

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Extraits

Esthétiquement le spectacle est assez réussi, une vraie poésie visuelle s'en dégage. Mais Villazón ne fait pas grand chose de l'espace scénique, du point de vue de la direction d'acteurs notamment. [...] Pretty Yende n'est pas une authentique belcantiste - quelques imperfections dans le chant, vocalise perfectible - mais son timbre immédiatement reconnaissable provoque toujours l'émotion. La voix de Francesco Demuro, ce grand styliste, reste quand même, elle, monochrome. [...] L'Orchestre de Chambre de Paris a acquis un excellent niveau et ennoblit la partition. J'ai eu le sentiment que Riccardo Frizza, à la direction, retenait, lui, un peu ses chevaux pour ne pas couvrir les voix, et ça manquait parfois un peu d'animation selon moi.  Emmanuel Dupuy 

Villazón a une vision très personnelle de l'oeuvre, il y a une vraie proposition au regard de l'atmosphère, austère et pesante, du choeur, du personnage d'Amina, etc... [...] Sur scène, Pretty Yende est paradoxale : elle a une présence explosive mais sa voix - un très joli timbre, une voix de rossignol - reste toujours dans le cadre. Francesco Demuro est le ténor claironnant dans toute sa splendeur. On aime ou pas, mais il assure. [...] Riccardo Frizza, à la fosse, travaille avec une vraie écoute, une vraie attention aux chanteurs, et une précision et une rigueur très fines. Il tient la partition tout en insufflant de vraies dynamiques. Ca ne s'affaisse jamais, et j'ai été très sensible à cette direction. Anna Sigalevitch

Le disque "Mozart Momentum 1785" par Leif Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra

Présentation : Le disque Mozart Momentum 1785 est le premier volet du projet double du célèbre pianiste Leif Ove Andsnes et du Mahler Chamber Orchestra consacré au tournant que représentent les années 1785  et 1786 dans l'oeuvre du compositeur.

Au cours de ces deux années Mozart écrit une série de chefs-d’œuvre ayant révolutionné l’essence du concerto pour piano. Les cinq concertos pour piano (nos 20-24) représentent un véritable jalon dans l’histoire de la forme. Mozart y réexamine les rôles du soliste et de l’orchestre et créé un dialogue encore jamais entendu entre les deux entités. 

Mozart semble être allé de plus en plus loin dans l'idiome et ses possibilités, et dans l’essai de nouvelles techniques. Je ne connais aucune musique offrant une telle diversité émotionnelle. Leif Ove Andsnes

Programme du disque : Concertos pour piano nos 20 (K. 466), 21 (K. 467) et 22 (K. 482), Quatuor pour piano et cordes en sol mineur (K. 478), Musique funèbre maçonnique (K. 477) et Fantaisie en do mineur pour piano seul (K. 475)

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Extraits : 

Leif Ove Andsnes donne à entendre un Mozart très pur, parfaitement articulé, et parvient à faire advenir l'émotion sans jamais la chercher, et c'est ce qui est beau. La partition apparait réellement, ça nous "lave" de moultes interprétations entendues depuis quelques années. La structure se met bien en place, tout est très clair sans n'être jamais sec. C'est très rafraichissant. Anna Sigalevitch 

Andsnes souligne le tournant romantique de Mozart. Son jeu est puissant, il sait où il va, les idées sont très claires. Le résultat, c'est qu'on entend un Mozart de chair. On entend du théâtre aussi, avec des instruments qui se répondent comme des personnages. Se créé au fur et à mesure du disque un fil invisible qui relie toutes les oeuvres du programme comme une seule oeuvre. Emmanuel Dupuy 

  • Mozart Momentum 1785 de Leif Ove Andsnes et le Mahler Chamber Orchestra est disponible chez Sony Classical.

Egalement au sommaire de La Critique :

Le coup de coeur d'Emmanuel Dupuy pour la nouvelle production de Tosca de Puccini dirigée par Alain Altinoglu et mise en scène par Rafael R. Villalobos, à découvrir jusqu'au 2 juillet à la Monnaie de Bruxelles et à partir du 6 septembre en streaming sur le site de l'opéra

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Ecoutez la première partie de La Critique du 18 juin 2021 : 

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