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"Pelléas et Mélisande" de Debussy par le metteur en scène Daniel Jeanneteau

Musique : une nouvelle production de "Pelléas et Mélisande" & la célébration du Lied allemand par Mathias Goerne et Seong-Jin Cho

33 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire : l'union des arts du metteur en scène Daniel Jeanneteau et du chef François-Xavier Roth au service de l'opéra de Debussy, et un florilège, sur disque, de Lieder par le baryton Mathias Goerne et le jeune pianiste Seong-Jin Cho (Wagner, Pfitzner, Strauss).

"Pelléas et Mélisande" de Debussy par le metteur en scène Daniel Jeanneteau
"Pelléas et Mélisande" de Debussy par le metteur en scène Daniel Jeanneteau Crédits : © Frédéric Lovino

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire de La Critique cette semaine : la nouvelle production de l'opéra de Debussy Pelléas et Mélisande (livret de Maurice Maeterlinck) par le metteur en scène Daniel Jeanneteau et le chef François-Xavier Roth, à découvrir sur le site Opéra Vision (enregistré en mars 2021 - nouvelle production de l’Opéra de Lille), et l'album de Mathias Goerne et Seong-Jin Cho Im Abendrot (Wagner, Pfitzner, Strauss), sélection de Lieder parue chez Deutsche Grammophon.

Nos critiques du jour : Charles Arden, musicologue et journaliste pour Ôlyrix, et Emmanuel Dupuy, rédacteur en chef du magazine Diapason.

L'opéra "Pelléas et Mélisande" (Debussy - Maeterlinck) par Daniel Jeanneteau et François-Xavier Roth

Présentation : Dans un royaume où jour et nuit se confondent, un prince soupçonne sa mystérieuse épouse d'être amoureuse de son demi-frère. Mais d'où vient Mélisande ? Et que sait-on vraiment de l'amour silencieux des deux héros ?

Il aura suffi d’un seul opéra à Debussy pour marquer l’art lyrique à jamais. Dès sa création en 1902, l’œuvre s’impose comme un incontournable du répertoire et tourne définitivement une page dans l’histoire de la modernité. Elle le fait avec fracas, déclenchant une tempête dans le monde artistique de l’époque. À quelques jours de la première, Maeterlinck écrit dans Le Figaro que l’œuvre sera « jouée contre son gré », lui souhaitant « une chute prompte et retentissante ». La censure s’indigne qu’un théâtre subventionné montre sur scène un enfant obligé d’épier des amants. Le jour de la générale, on distribue un tract satirique à l’extérieur de l’Opéra Comique, tandis que dans la salle, amis et détracteurs du compositeur s’interpellent violemment. Un même déchaînement d’opinions contradictoires ne manque pas de déchirer la critique. Toute cette agitation ne saurait pourtant contraster davantage avec la retenue et l’opalescence de la musique de Debussy. Une musique qui donne à entendre le silence et le mystère auxquels nous confronte le texte de Maeterlinck, sous des mots apparemment simples, murmurés dans le dédale d’épaisses forêts et de sombres souterrains.

A la mise en scène, imprégné par la dramaturgie symboliste, le metteur en scène Daniel Jeanneteau avec le concours de sa collaboratrice Marie-Christine Soma.

A la fosse, sur instruments d’époque, François-Xavier Roth et son ensemble Les Siècles.

Avec : Julien Behr, Vannina Santoni, Alexandre Duhamel, Marie-Ange Todorovitch, etc...

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L'avis des critiques :

On a d'abord cette impression de dénuement, de dépouillement. Mais en réalité, ça n'est qu'une impression parce que ce spectacle est d'une très grande complexité qui repose entièrement sur la direction d'acteurs. Daniel Jeanneteau donne aux personnages une consistance qui est assez peu commune à l'opéra, dans cet ouvrage en particulier. C'est le cas notamment du personnage de Mélisande, qu'on présente très souvent comme une jeune femme un peu évanescente, éthérée, toujours très juvénile. Là, c'est exactement le contraire. C'est vraiment une femme au caractère affirmé, mais qui est quand même assez torturée, presque manipulatrice. C'est elle qui entraîne tout le monde dans sa névrose. Tout le spectacle tourne autour de la figure de Mélisande, elle devient le pivot du drame, mais les autres personnages ne sont pas négligés pour autant. Emmanuel Dupuy

La mise en scène est d'une très grande puissance et d'une très grande richesse expressive. Mais ce qui, selon moi, fait la force et la cohérence de ce travail de mise en scène, c'est que ça déploie cette expressivité en revenant à un symbole d'une certaine manière absolu, omniprésent : ce fameux trou creusé au milieu du plateau. Cet immense vide qui appelle et qui attire tous les personnages est extrêmement puissant car il est extrêmement cohérent avec l'œuvre elle-même. Avec le drame de Maeterlinck, si on reprend le livret, on voit que tout tombe. Les cheveux tombent, mais aussi la couronne, l'anneau, la nuit, la clarté, le cheval, des corps, le vent, les étoiles... Cet abysse est donc très puissamment relié au texte de Maeterlinck qui est sublimement mis en musique et interprété par Les Siècles de François-Xavier Roth.  Charles Arden

L'album "Im Abendrot" (Wagner, Pfitzner, Strauss) de Mathias Goerne et Seong-Jin Cho

Présentation : Le baryton Matthias Goerne, célèbre chanteur de Lied, s’associe au pianiste Seong-Jin Cho sur ce nouvel album. Im Abendrot contient des oeuvres du romantisme tardif de Richard Wagner, Hans Pfitzner et Richard Strauss. L'album s'ouvre avec les "Wesendonck Lieder" de Wagner, cinq chansons de la fin des années 1850 inspirées par l'affection du compositeur pour l'écrivain et poète Mathilde Wesendonck. Parmi les autres moments forts de l'album, citons "Ruhe, meine Seele !" et "Morgen !" - la première et la dernière d'une série de quatre chansons de Strauss, écrites comme cadeau de mariage pour sa femme. Le programme est notamment complété par le charmant "Rêve au crépuscule" de Strauss ainsi que "Abendrot" de Pfitzner avec ses mises en scène de poèmes de Heinrich Heine et Joseph von Eichendorff.

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L'avis des critiques :

Dans ce disque, nous avons trois versions de la réponse à la modernité apportée par les lieder. Trois visions du crépuscule, puisque quand vous êtes face à un très beau coucher de soleil, soit vous pouvez être un peu nostalgique de la journée qui vient de s'écouler, soit vous pouvez attendre impatiemment le lendemain, soit vous pouvez un peu profiter de l'instant. On a ces trois facettes dans cet album avec les trois compositeurs. Charles Arden

Le crépuscule, notamment le crépuscule que dépeint Richard Strauss, c'est un crépuscule plein de sérénité, plein de lumière. Il n'y a pas de tragique dans cette musique-là. Or, le gros problème, c'est qu'il y a dans la voix de Mathias Goerne quelque chose de fondamentalement sombre, presque rocailleux parfois, et qui tire tous ces lieder vers le tragique de façon totalement excessive pour moi. [...] J'ai l'impression qu'on a déposé sur tout le cycle une espèce de grand linceul gris qui assombrit tout. Emmanuel Dupuy

Egalement au sommaire de La Critique : 

Le coup de cœur d'Emmanuel Dupuy pour la production de Parsifal (Wagner) de l'Opéra de Vienne (2021), dirigée par Philippe Jordan et mise en scène par Kiril Serebrennikov et visible sur Arte concert.

Avec : Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Georg Zeppenfeld, etc...

"Parsifal" de Wagner par le metteur en scène Kirill Serebrennikov
"Parsifal" de Wagner par le metteur en scène Kirill Serebrennikov Crédits : © Wiener Staatsoper / Michael Pöhn

Ecoutez la première partie de La Critique du 30 avril 2021 : 

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