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Marieke Rijneveld (zelportret) et Francesca Serra

Marieke Rijneveld et Francesca Serra écrivent la jeune fille dans leurs premiers romans

26 min
À retrouver dans l'émission

Marieke Rijneveld et Francesca Serra livrent respectivement les portraits d'une enfant saisie par le deuil familial dans la campagne néerlandaise et d'une adolescente hyperconnectée en plein rite initiatique.

Marieke Rijneveld (zelportret) et Francesca Serra
Marieke Rijneveld (zelportret) et Francesca Serra Crédits : Wikiportret.nl - Editions Anne Carrière

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité culturelle. Chaque semaine, des critiques s’affrontent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute.

Sous les feux de La Critique cette semaine : deux premiers romans, deux premiers prix. Qui sème le vent (Ed. Buchet Chastel) est signé de la jeune poétesse Marieke Lucas Rijneveld qui vient de remporter le "Man Booker Prize International" dont elle est à ce jour la plus jeune lauréate. Elle a menti pour les ailesde Francesca Serra a quant à lui été récompensé par le prix littéraire du journal Le Monde qui couronne pour la première fois de son histoire un premier roman. 

Pour en débattre : Elisabeth Franck-Dumas (rédactrice en chef adjointe du service culture à Libération) et Elisabeth Philippe (journaliste et critique littéraire à L'Obs).

"Qui sème le vent" de Marieke Lucas Rijneveld

Marieke Lucas Rijneveld, poétesse néerlandaise encensée aux Pays-Bas, signe un premier roman qui dresse le portrait d'une enfance brutalement flétrie par le deuil. Qui sème le vent est déjà un best-seller dans toute l'Europe.

Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld
Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld Crédits : Buchet Chastel

Quatrième de couverture : À dix ans, la narratrice de Qui sème le vent vit en rase campagne aux Pays-Bas. Les repas de famille, les travaux de la ferme, les heures passées à observer les crapauds, tout devient par la grâce de son regard un fascinant terrain d'apprentissage. Mais quelques jours avant Noël, après avoir lancé un funeste présage à son grand frère parti patiner sur le lac, son monde va être brusquement bouleversé, tout comme celui de sa famille.  Au fil d'un texte poignant, la voix de la fillette, bouleversante de justesse, dit la violence d'une enfance vécue dans un monde de non-dits.

Ce bouleversement, c'est la mort du grand frère, livrée dès l'ouverture du livre et qui frappe de plein fouet la famille de la narratrice, une enfant qui raconte l'impact du deuil et la déchéance familiale :

C'est un premier roman très impressionnant. [...] Un roman terrible, aussi, assez rugueux, qui passe par les corps, par énormément de saleté, par une voix très crue. Et justement, ce qui est très beau, je trouve, c'est le contraste entre la déflagration hyper violente qui a lieu au sein de cette famille et le regard d'enfant très simple. Cette manière très factuelle de parler de choses absolument ahurissantes rend la lecture envoûtante. Elisabeth Franck-Dumas

C'est un roman de deuil très réussi. La famille se retrouve totalement atomisée. Chacun se retrouve prisonnier de sa solitude : la mère fait brûler la nourriture, ne s'alimente plus, maigrit à vue d'œil; le père s'enferme dans son silence et avec ses vaches; le frère aîné se livre à des rites de plus en plus sadiques. Il y a quelque chose de très beau et de très juste à cet endroit. Mais au bout d'un moment, j'ai vraiment été freinée par la noirceur. Elisabeth Philippe

L'écriture de Marieke Lucas Rijneveld travaille à créer les images qui inventent l'environnement dans lequel évoluent les personnages : une ruralité plombée par la tradition protestante.

La langue est extrêmement travaillée, chantournée, précieuse. A tout moment, on a l'impression d'être dans une toile flamande, mais dont on aurait extirpé toute lumière. Ca a fini par plomber ma lecture. [...] Il y a une insistance sur le sordide, l'organique, les excréments... Cette accumulation donne l'impression d'un trop plein. Au bout d'un moment, malgré la beauté de la langue, l'impression de stagnation devient trop forte, qui touche aussi la narration : on a l'impression d'être embourbés. Elisabeth Philippe

Il y a une qualité dans les images et dans les trouvailles narratives qui m'a réjouie pendant toute la lecture. [...] Ces images sont bien mesurées - l'auteure n'est pas là pour faire étalage de sa capacité à écrire - et stimulent jusqu'à la fin du livre. Associée à ses images se joue une gradation émotionnelle très maitrisée. Elisabeth Franck-Dumas

  • Plus d'informations : Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld (Ed. Buchet Chastel)

"Elle a menti pour les ailes" de Francesca Serra

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Le premier roman de Francesca Serra est une fresque héroïque et charnelle dédiée à la génération des milléniaux. Un livre qui nous capture en terrain familier puis nous emporte ailleurs. Là où les grands récits archaïques ne font que semblant de dormir.

Quatrième de couverture : Au milieu des années 2010, dans une petite ville du Sud en bord de mer, Garance, la fille sans histoire d'une professeure de danse, regarde le monde sur son écran. Et le monde la regarde.  À part se prendre en photo, il n'y a rien à faire ici. Jusqu'au jour où elle attire l'attention d'un cercle très fermé d'adolescents plus âgés. Pour l'intégrer, elle est prête à tous les sacrifices. En échange, ils l'initient au secret, à l'art de l'ennui, à la férocité de la meute.  Quelques mois plus tard, Garance disparaît. 

Extraits :

Francesca Serra a le sens de la formule. Le problème, c'est qu'elle est vraiment à hauteur de son sujet et ne le dépasse jamais. [...] La construction est assez ambitieuse, mais le livre aurait mérité d'être un petit peu resserré. Elisabeth Franck-Dumas

C'est un roman d'adolescence typique, on y retrouve tous les stéréotypes et les codes du genre. Francesca Serra a l'ambition de lui donner une dimension mythologique, voire tragique. Je ne sais pas si elle y parvient totalement... [...] J'ai eu un problème avec la langue, avec le style, mais j'ai également pris du plaisir à lire ce livre, sa construction éclatée et sa maîtrise du suspense sont parfaitement réalisée. Elisabeth Philippe

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