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Au programme de La Critique du 07/09

Rentrée littéraire : "Les filles de Monroe" d’Antoine Volodine et "Jewish Cock" de Katharina Volckmer

27 min
À retrouver dans l'émission

Nos critiques ont choisi deux livres parmi les 521 ouvrages qui composent cette rentrée littéraire. Découvrez leurs avis...

Au programme de La Critique du 07/09
Au programme de La Critique du 07/09 Crédits : Seuil/Grasset/AND

La Critique revient pour une nouvelle saison, et à cette occasion devient La Grande table Critique. Une heure de discussions autour de l’actualité culturelle de part et d’autre du Journal, on se dispute à propos de films, de livres, de disques, de spectacles, de bandes dessinées bref d’un peu tout, avec des critiques de la presse et d’ailleurs. 

Au sommaire de cette émission deux romans piochés dans cette prolifique rentrée littéraire : Les filles de Monroe d’Antoine Volodine aux éditions du Seuil et Jewish Cock de Katharina Volckmer chez Grasset.
Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Elisabeth Philippe, journaliste et critique littéraire à L'Obs et Philippe Chevilley, Chef du Service Culture aux Echos

📙  -  "Les filles de Monroe" d’Antoine Volodine

Il y a des grands admirateurs de Volodine, qui guettent chaque roman de cet auteur écrivant sous divers pseudonymes, qui est aussi traducteur du russe. Chacun de ses récits est une singularité dans le roman français, “les filles de Monroe” à nouveau, surprend.

Couverture "Les filles de Monroe" d'Antoine Volodine
Couverture "Les filles de Monroe" d'Antoine Volodine Crédits : Seuil

Dans un monde post apocalyptique, devenu une sorte d’asile psychiatrique où survivent, au côté de morts vivants, quelques humains en proie à diverses pathologies, organisés en des factions concurrentes, quelques personnages ont pour mission de débusquer de jeunes filles, les filles de Monroe, envoyées par un ancien dissident pour renverser le système.
Le récit est étrange, les personnages se dédoublent, la temporalité se dilate, et les espaces aussi, dans cette pluie nocturne interminable 

►► L'avis des critiques

Extraits : 

J'ai trouvé assez extraordinaire le côté drôlement sinistre du livre ou sinistrement drôle. Antoine Volodine nous parle de la fin du monde et de ce monde qui ne va pas très bien. Et nous parle aussi de l'absurdité du monde et de l'absurdité du pouvoir. Je ne suis pas un fanatique des romans apocalyptiques ou post-apocalyptiques, mais là, on est porté par le récit, par ce thriller où on change totalement d'espace, de personnages, de lieux. On pourrait être perdu mais on ne l'est pas. Il y un côté absurde très concret dans ce livre et la langue nous tient en haleine tout le temps. Volodine nous démontre que la fiction est encore une fois le lieu qui nous explique le mieux le monde. Philippe Chevillé

On aurait pu retitrer ce livre « En attendant Monroe » parce qu'il a vraiment un côté Beckett hybridé à Blade Runner. C'est très étrange, on ne sait pas où va. La syntaxe, elle-même, est un peu désarticulée. C'est assez difficile d'évoluer dans ce monde, et, petit à petit, on y est bien, on fait corps avec tous ces personnages étranges.   
Volodine nous transporte dans un monde post-apocalyptique dans lequel il n'y a plus rien à gagner, à espérer, et malgré tout, les gens continuent à lutter pour des idéologies totalement dérisoires. Je trouve que cela reflète assez bien finalement ce que nous vivons aujourd'hui.   
L'auteur réussi à nous rendre crédible tout ce qu'il y a de plus invraisemblable et fait qu’on adhère complètement à l'univers qu'il édifie devant nous. Il a une foi totale en la littérature, en la force du récit et de l'imaginaire. C’est ce qui nous porte et porte ce récit. Elisabeth Philippe

📙  -  "Jewish Cock" de Katharina Volckmer Ed. Grasset, "un des romans chocs de la rentrée"

Couverture du livre "Jewish Cock" de Katharina Volckmer
Couverture du livre "Jewish Cock" de Katharina Volckmer Crédits : Grasset

Katharina Wolckmer a 34 ans, elle est née en Allemagne mais elle vit à Londres et écrit en anglais. Son premier roman, traduit depuis peu par Pierre Demarty et publié chez Grasset s’appelle “Jewish cock”. Jewish Cock est d’ores et déjà un succès, le livre a été traduit en de multiples langues, comparé à “Portnoy” de Philippe Roth et de fait, il en reproduit l’énonciation : un monologue à la première personne adressé à un docteur, le Dr Seligman, dont on ignore encore la spécialité au début du récit.
C’est la litanie d’une jeune femme qui déroule volontiers provocatrice sa pensée, son problème avec la culture allemande, des souvenirs familiaux plus ou moins douloureux, sa vie sexuelle avec un homme marié qu’elle a rencontré dans des toilettes publiques. “Portnoy” déployait les névroses d’un juif newyorkais né avant guerre, Jewish Cock celles d’une jeune femme née juste avant la chute du mur 

►►► L'avis des critiques

Extraits : 

C'est un livre qui s'ouvre par une accumulation, presqu'une saturation de provocations. Il en ressort une impression de deux couches qui s'accumulent. Une couche de provocation rance qui, en fait, vient surligner en contrepoint, de façon spectaculaire, ce que Katharina Volckmer nomme "l'étrange silence allemand". De notre côté, on a l'impression que l'Allemagne a fait un travail d'histoire exemplaire et tout ce que démontre Katharina Volckmer dans ce livre, c'est que ce n'est pas le cas. Pour Volckmer, l’Allemagne a un passé qui n'est pas acceptable. Ce n'est pas tant les considérations sur la sexualité et les blagues un peu graveleuses sur le genre qui sont au centre du livre. Le cœur du propos et ce qui rend cet ouvrage extrêmement intéressant, original, et peut être vraiment subversif, c’est son point de vue sur cet « étrange silence allemand... Elisabeth Philippe

Ce livre est un des romans chocs de la rentrée. Dès les premières pages, on est saisi par l'intelligence et la drôlerie de Katharina Volckmer. C’est à la fois assez hilarant et en même temps toujours à la limite de la ligne rouge. On pourrait être juste saisi par l'exercice de style mais on est très vite pris par le récit. Sans que nous nous en rendions compte l’auteur nous plonge dans la gravité. J’ai été submergé par l'audace, l'humour et l'émotion. c'est un livre tenu tout le temps. Un constat de l'impossible résilience. Un livre qui laisse des questions en suspend et qui interroge longtemps et bien. Philippe Chevilley

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