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Couverture d'album : Nicolas Repac "Rhapsodic" et portrait Playboi Carti "

"Rhapsodic" de Nicolas Repac et "Whole Lotta Red" de Playboi Carti, l'actualité musicale

27 min
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Nos critiques ont écouté « Rhapsodic » de Nicolas Repac et « Whole Lotta Red » de Playboi Carti. Découvrez leurs avis….

Couverture d'album : Nicolas Repac "Rhapsodic" et portrait Playboi Carti "
Couverture d'album : Nicolas Repac "Rhapsodic" et portrait Playboi Carti " Crédits : Label Interscope

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine...

Sur les platines de la critique semaine, deux albums : « Rhapsodic » de Nicolas Repac et « Whole Lotta Red » du rappeur Playboi Carti. Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Olivier Lamm, journaliste et critique à Libération et Charles Arden, musicologue et journaliste pour Ôlyrix,  

💿   -    « Whole Lotta Red » de Playboi Carti, un artiste et un album alien

Playboi Carti est né en 1996 à Atlanta, depuis son apparition dans le milieu dans les années 2010, tous ses gestes sont guettés, et ce nouvel album “Whole lotta red” (beaucoup d’rouge) était très attendu. A la mesure de cette attente, il est très long, très fourni, très compliqué, très plein, le titre “Beno!” est probablement un des moins bizarres et un des plus faciles à entendre, une manière d'entrer en douceur dans la musique d’un artiste qu’elle ne caractérise pas, bien au contraire. 

L’avis des critiques :

La première piste de l’album s’intitule "Rockstar made", c’est un titre est génial parce que c'est une manière pour ce rappeur de dire qu’il se considère comme une Rock star. Il y a tout un enjeu quasiment sociopolitique pour ces rappeurs qui réutilisent l'image du rock. En ce qui concerne McCarty, il s'inspire clairement, il le dit, de Marilyn Manson. On imagine toute la richesse que ça peut créer. Charles Arden

_Sur "Whole Lotta Red",_ Playboi Carty s'est complètement réinventé, il est hurleur, rauque, essoufflé, répétitif nasal, il rap sur des instrumentaux complètement saturés qui sont vraiment à rebours une quelconque efficacité (...) On se demande vraiment ce qu’il cherche et comment il a réussi à rameuter Kanye West ou _Future, des vraies stars, dans cette galère. Mais c’est une galère vraiment formidable, parce qu'elle est inattendue dans cette année 2020 où le rap a été vraiment ennuyeux, voire médiocre. Là, on a l'impression qu’il se fait violence pour devenir presque un alien de sa propre condition de rappeur._ Plutôt que de le rapprocher de rockers, ou de chanteurs métal, j’ai envie de le rapprocher de Sun Ra ou d’artistes noirs, qui, plutôt que de se laisser envahir par une sorte de surconscience de leur condition, en font une métaphore. (…) C’est un album assez repoussant, extrêmement mental, pas facile et presque fou mais que je trouve vraiment passionnant. Olivier Lamm

L'album est vraiment très long. Il y a clairement de la matière mais il n'y en a pas forcément pour 24 pistes. Il a une telle célébrité maintenant, il a tellement de choses à dire et il est tellement créatif qu'il peut s'entourer, comme pour cet album, de 18 producteurs. Il y a 18 producteurs pour 24 pistes. On sent que c'est beaucoup trop, c'est un problème et ça engendre de la répétitivité parce que chaque producteur veut placer son son, sa signature, son look.  En même temps, cela crée un univers absolument foisonnant et en effet, c'est une étape très importante dans l'histoire contemporaine du hip hop (...) Malgré tout, tous les petits défauts qu'il peut y avoir, il nous montre qu’il est encore créatif, « re-créatif » et récréatif.  et peut être juste pour revenir sur ça, sur sa voix, sur les caractéristiques vocales. C'est fascinant parce que là aussi, c'est des choses qu'on a déjà entendues, mais qu'il arrive à réinventer. Par ailleurs, il a une signature vocale incroyable et unique comme son style. Charles Arden

  • Album : Whole Lotta Red de Playboi Carti (label Interscope) 

💿   -    « Rhapsodic » de Nicolas Repac, un disque polyphonique 

Nicolas Repac est un artiste qui touche à tout, guitariste, passionné d’électronique et d’informatique, il a travaillé avec de nombreux artistes parmi lesquels Arthur H, Alain Bashung ou Mamani Keita.   Et il a également publié plusieurs albums, dont est “Rhapsodic”, qui paraît aujourd’hui. Comme son nom l’indique, c’est un disque fait de bric et de broc, de documents sonores variés, beaucoup issus des archives de l'ethnomusicologue Charles Duvelle retravaillés au prisme de la musique électronique.

L’avis des critiques : 

C’est un album vraiment fascinant. Ce qui est fantastique, c'est que Nicolas Repac arrive à mêler, à marier des univers qui viennent de différentes traditions, de différents lieux, de différents esprits aussi. Que ce soit certains chants, même religieux, et même des fois, des petites citations de chants grégoriens, d'opéra... Et tout arrive à se fondre, à se marier, en gardant son identité, avec le travail de Nicolas Repac, qui s'appuie sur sa maîtrise du jazz électro, notamment. Charles Arden

Dans ce disque, on a un cas assez rare d’addition, d’empilement dont le résultat est absolument inférieur à la somme de ses parties. Tout se dévitalise dans un bol de soupe très fade (…) On ne peut pas ne pas se poser la question de l’appropriation culturelle quand on écoute se disque (…) Mon principal problème avec ce disque, c’est que je trouve que dans la musique de Nicolas Repac, on ne saisit jamais si la finalité, c'est le point de départ ou le point d'arrivée. En d’autres termes, si c’est le sample de départ ou ce que l'on en fait. Je trouve la musique de Nicolas Repac très floue. Il y a des moments de kitsch absolument ahurissants dans ce disque et on ne sait pas s’ils sont fait exprès ou pas, s’ils sont ironiques ou s’il a saisi toute la complexité, de s'approprier un matériau d'une musique enregistrée il y a des décennies dans des endroits appauvris, par une exploitation politique notamment. Je n’ai pas envie de faire de cet objet un débat central autour du sujet de l’appropriation culturelle, mais je trouve qu’il y a une espèce de naïveté dans ses compositions qui me trouble vraiment. Olivier Lamm

  • Album : Rhapsodic de Nicolas Repac (label No Format)  
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