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Le Jeu de la Dame et Fargo

Séries : "Fargo" et "Le Jeu de la Dame", rois et reine

32 min
À retrouver dans l'émission

Jeune prodige et syndicats du crime sont au sommaire de La Critique. Disponibles en ligne, les deux séries déploient leurs intrigues sous le signe du jeu d'échecs, au propre et au figuré.

Le Jeu de la Dame et Fargo
Le Jeu de la Dame et Fargo

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités débattent des oeuvres qui font l'actualité culturelle du moment, dans l’amour de l’art et de la dispute.

Au sommaire de La Critique cette semaine : Le Jeu de la Dame de Scott Frank et Allan Scott, nouvelle mini-série à succès produite par Netflix, et l'ultime saison de la série d'anthologie Fargo de Noah Hawley inspirée du film des frères Coen (Fargo, 1996), à voir sur la plateforme Salto (1 mois d'essai gratuit).

Nos critiques du jour : Sarah Ihler-Meyer (critique d’art et commissaire d’exposition) et Olivier Joyard (critique et réalisateur de documentaires).

"Le Jeu de la Dame" de Scott Frank et Allan Scott

Synopsis : En pleine Guerre froide, le parcours de huit à vingt-deux ans d'une jeune orpheline prodige des échecs, Beth Harmon. Tout en luttant contre une addiction, elle va tout mettre en place pour devenir la plus grande joueuse d’échecs du monde.

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Extraits : 

Beth (la protagoniste) est vraiment traitée comme un sujet opaque et riche de contradictions. […] La dimension psychologique ne rend pas la série morbide ou plombante puisque l’obsession de Beth pour les échecs est aussi une passion. On sent dès le début qu’elle est habitée par le jeu, qu'elle a une forme d'urgence à jouer qu’on ressent aussi dans la réalisation assez haletante. Il y a quelque chose de totalement envoûtant et enivrant à la suivre dans son ascension. On est jamais à distance de ce qu'elle vit, on est au contraire plongé dans son état à elle, entêtant, ressassant, exalté aussi. Sarah Ihler-Meyer

C’est vraiment l'intelligence et le génie que la série essaie de filmer. […] J’adore la façon dont la place est faite aux parties d’échecs en elles-mêmes. On alterne, par exemple, les gros plans sur le visage et les mains, en filmant alors le geste et la pensée dans leur connexion la plus fulgurante et étrange, ce qui me fait penser par ricochet à la figure de Mozart chez Milos Forman (Amadeus, 1984). L'idée qu’un génie voit le monde à sa manière et peut déplier la réalité dans plein de dimensions, je trouve ça toujours fascinant à regarder. De ce point de vue, le travail de l'actrice Anna Taylor-Joy est très impressionnant parce qu’elle donne un accès à elle même sans se dévoiler vraiment. Olivier Joyard

"Fargo" de Noah Hawley (saison 4)

Synopsis : 1950. Dans un Kansas City marqué par d'importantes vagues migratoires, deux syndicats du crime - l'un d'origine italienne, et l'autre afro-américaine - se partagent le contrôle de l'économie souterraine qui repose sur la corruption, l'exploitation et la drogue. Afin de consolider leur pacte, les chefs des deux familles ont échangé leurs fils aînés.

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Cette saison a un aspect un peu informe. Le réalisateur semble avoir voulu cocher toutes les cases des sujets politiques du moment : le racisme, les minorités sexuelles, le sexisme et la misogynie. Cela donne lieu au final, selon moi, à une sorte de pot-pourri qui, à vouloir tout aborder, ne raconte rien et survole tout. Sarah Ihler-Meyer

L'ambition de la série est de se raccrocher à une histoire des fictions aux États-Unis, qui est un peu l'histoire américaine basique et même la plus belle - on pense à Il était une fois en Amérique (Sergio Leone, 1984) et à la franchise Le Parrain (Francis Ford Coppola, 1972). En réalité, quand on voit cette saison, on se demande un peu si c'est un pastiche ou pas. Olivier Joyard

  • Fargo (saison 4) de Noah Hawley est disponible sur Salto (1 mois d'essai gratuit).

Egalement au sommaire de La Critique :

Le coup de cœur d'Olivier Joyard pour This Way Up d'Aisling Bea, en cours de diffusion sur Canal Séries.

Synopsis : Aine est professeur de langues vivantes. Après une dépression nerveuse, elle tente de se reconstruire. Au stress de sa maladie et de son travail s'ajoute celui de sa famille dont elle s'occupe.

Cette série m'a vraiment touché au cœur, c'est une de mes préférées cette année. Elle incarne quelque chose que l'on constate depuis assez longtemps maintenant : le génie anglais de la télé. Olivier Joyard

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Ecoutez la première partie de La Critique du 13 novembre 2020 :

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