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Photographie de la série "Les Shtisel"

Séries : "Les Shtisel" et "The Mosquito Coast"

33 min
À retrouver dans l'émission

Dans cette deuxième partie d’émission consacrée à l’actualité des séries, nos critiques ont vu "Les Shtisel : une famille à Jérusalem" créée et écrite par Ori Elon et Yehonatan Indursky, et "The Mosquito Coast" de Neil Cross. Découvrez leurs avis…

Photographie de la série "Les Shtisel"
Photographie de la série "Les Shtisel" Crédits : Copyright Pretty Pictures

La Critique : commentaire expert et subjectif de l’actualité  culturelle. Chaque semaine, des critiques invités par Lucile Commeaux se rencontrent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute. 

Au sommaire de La Critique cette semaine, deux séries :  "Les Shtisel : une famille à Jérusalem" créée et écrite par Ori Elon et Yehonatan Indursky, dont la saison 3 est récemment sortie et est disponible sur Netflix, ainsi que "The Mosquito Coast", développée par Neil Cross et Tom Bissell sur la base du livre du même nom de Paul Theroux, qui est visible depuis le 30 avril sur Apple TV .

Pour en parler aux côtés de Lucile Commeaux : Laurent Nunez, écrivain et éditeur, et Sarah Ilher Meyer, critique d’art et commissaire d’exposition.

🎥 - "Les Shtisel : une famille à Jérusalem"

Présentation : Akiva et Shulem Shtisel, père et fils, sont assis sur un petit balcon donnant sur les rues du quartier de Geula, à Jérusalem. Cela va faire un an que la mère est morte. Tous les autres enfants ont quitté le nid, Akiva et Shulem sont seuls. Ils se disputent, se réconcilient, se moquent d’eux-mêmes et du reste du monde. Mais tout va changer lorsque Akiva  va rencontrer Elisheva…

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► L’avis des critiques : 

Il y a une force, une modernité à la fois très documentaire avec un ton très poétique. J'ai été pour l'instant, dans cette première saison, assez conquis par l'ambiguïté qu'il peut y avoir. On n'adhère pas, évidemment, aux choix très rigoristes de cette famille, mais on comprend un peu mieux comment ils fonctionnent et comment, finalement, ils font partie du XXIème siècle.  Laurent Nunez

C'est une série qui me met très mal à l'aise et que je qualifierais volontiers de lénifiante, c'est à dire qui endort la vigilance par rapport au sujet qui est traité. Pour préciser l'intention explicite des réalisateurs, qui sont eux-mêmes issus de milieux orthodoxes ou ultra-orthodoxes, c'est de casser l'image d'austérité que peut avoir la communauté ultra-orthodoxe. De quelle façon ? En créant un soap, c'est à dire un feuilleton à l'eau de rose qui est essentiellement axé sur des histoires sentimentales et sur des drames familiaux comme on pourrait en trouver dans n'importe quel milieu. C'est dans l'objectif de montrer un visage plus humain et plus quotidien des ultraorthodoxes. Pourquoi pas sur le principe. Mais pour moi, le problème, c'est que l'image d'austérité, elle n'est pas nuancée. Elle est simplement remplacée par son exact inverse, c'est à dire une image qui semble en tout cas complètement idéalisée et édulcorée, qui vient annuler toute véritable complexité. Sarah Ilher Meyer 

Evidemment, c'est du soft power. C'est à dire que les séries sur les communautés ultra-orthodoxes en Israël sont très en vogue. C'est une série non pas pour redorer le blason de ces communautés mais pour les pour les dévoiler de l'intérieur. Laurent Nunez

Je trouve que c'est montré avec un tel excès de bienveillance que ça devient en fait une sorte de dystopie bienheureuse qui s'ignore. Avec des personnages masculins qui sont tous plus gentils les uns que les autres, voire complètement niais à l'égard des femmes, à aucun moment on ne voit que des femmes pourraient souffrir du fait d'être réduites au rôle de mères porteuses ou souffrir du fait de ne pas avoir accès à la même éducation que les hommes qui sont les seuls autorisés à étudier la Torah. D'un autre côté, à aucun moment, on voit des hommes qui souffriraient du fait de ne pas avoir accès à une éducation laïque. Sarah Ilher Meyer 

Ce qui est intéressant, c'est de l'opposer à l'autre série qui est "Unorthodoxe" dont l'héroïne est aussi une des filles de la famille Shtisel. C'est l'histoire de la difficulté du frottage entre deux civilisations, mais cette fois de l'autre côté. "Shtisel", je l'ai beaucoup aimé parce qu'elle m'a fait regretter d'avoir aimé "Unorthodoxe". Il y a un côté finalement trop idéaliste occidental dans "Unorthodoxe". C'était beaucoup trop la liberté chèrement acquise d'une femme qui quitte une communauté pour aller dans un monde parfait, le Berlin hyper ouvert, multiculturel avec beaucoup de clichés. Cette fois, on a l'autre côté avec l'homme, puisque c'est Akiva le fils qui hésite entre entre entre deux mondes. Laurent Nunez

  • "Les Shtisel : une famille à Jérusalem", de Ori Elon et Yehonatan Indursky, avec Michael Aloni, Doval'e Glickman, Neta Riskin, est disponible sur Netflix

🎬 - "The Mosquito Coast"

Présentation : Déçu par les États-Unis où il ne trouve plus la moindre opportunité, un père de famille idéaliste et aventurier entraîne son épouse et ses enfants en Amérique Latine dans le but d'y faire fortune.

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► L’avis des critiques : 

Initialement, ça part d'une bonne idée qui est la fuite loin d'un monde qui ne reconnaît pas la valeur qu'on a. Mais en fait, très vite, il y a un grand problème dans cette série : c'est que jusqu'à la caricature, on nous cache pourquoi le personnage s'enfuit. Il fallait le traiter avec une litote parce que là, sans cesse, tout le monde s'interroge sur pourquoi il fuit. Tout le monde est contre lui et franchement, à jouer avec ça, il faut absolument que ce soit un Snowden ou Assange. Parce que sinon, ça va se dégonfler et on ne va rien comprendre. Laurent Nunez

Je trouve qu'il y a là une promesse qui proposait un thriller politique sur fond de critique sociale, en particulier du système capitaliste dans tout ce qu'il produit de misères et de désastres écologiques comme c'est évoqué en quelques répliques par le père dans le premier épisode. Mais cette dimension critique est tout de suite évacuée dès le second épisode au profit d'une succession effrénée de péripéties, de retournements de situations qui tournent à vide. Sarah Ilher Meyer 

Sur le plan dramaturgique, le problème c'est que ce serait exactement la même chose si ce père et cette mère de famille avaient volé le fisc, cambriolé une banque ou étaient dealer de cocaïne, puisque la principale intrigue consiste à se demander à chaque épisode si oui ou non, ils arriveront à échapper au cartel qui en fait la plus grande menace qui pèse sur eux. Ce qui fait que le point de départ, qui est le refus de la société américaine, ne devient plus qu'un prétexte pour une série de courses poursuites qui masquent l'absence de véritables propos du réalisateur. Sarah Ilher Meyer 

C'est un film qui est contre l'Amérique, alors qu'en fait, il montre bien que finalement, l'Amérique, c'est aussi ça : C'est une maladie auto immune où le corps s'attaque lui-même. Laurent Nunez

  • "The Mosquito Coast", de Neil Cross et Tom Bissell et basé le livre du même nom de Paul Theroux, avec Justin Theroux et Melissa George dans les rôles principaux, est à retrouver sur Apple TV depuis le 30 avril 2021.
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