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"Iphigénie" / "Chanson d'amour" (Sabine Devieihle et Alexandre Tharaud), "Du côté de Guermantes" et "Le ballet royal de la nuit"

Théâtre : Iphigénie (Stéphane Braunschweig), du côté de Guermantes (Christophe Honoré) // Musique classique : Chanson d'amour (Sabine Devieihle et Alexandre Tharaud) et le Ballet royal de la nuit (dirigé par Sébastien Daucé)

59 min
À retrouver dans l'émission

Chaque vendredi à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine...

"Iphigénie" / "Chanson d'amour" (Sabine Devieihle et Alexandre Tharaud), "Du côté de Guermantes" et "Le ballet royal de la nuit"
"Iphigénie" / "Chanson d'amour" (Sabine Devieihle et Alexandre Tharaud), "Du côté de Guermantes" et "Le ballet royal de la nuit" Crédits : Simon Gosselin / Erato / P. Delval / JL Fernandez

Le vendredi, La Grande Table laisse place à la pensée critique. Toutes les semaines, nous parlons de l’actualité culturelle avec des professionnels de la profession, ces obsédés des salles obscures, ces fous du disque et ses rats de librairie. De part et d’autre du journal de la rédaction, deux disciplines différentes, pour que vive la dispute. 

Aujourd’hui sous les feux de la critique : du théâtre, de la musique, un peu de cirque, des vents capricieux, Oriane de Guermantes, des ballets, des dilemmes à n’en plus finir et toujours des amours contrariées. 

Pour en parler : Marie Sorbier rédactrice en chef de IO Gazette, et productrice d’Affaires en cours sur France Culture, Emmanuel Dupuy, rédacteur en chef du magazine Diapason et à distance, depuis chez elle, Anna Sigalevitch, journaliste et auteur.

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➔ Spectacle : "Du côté de Guermantes" d’après Marcel Proust, Christophe Honoré part à la recherche du temps perdu

Pour sa première collaboration avec la Comédie-Française, Christophe Honoré porte à la scène le troisième tome des sept qui constituent « À la recherche du temps perdu », dont Proust débuta l’écriture en 1913.

Du coté de Guermantes, Christophe Honoré
Du coté de Guermantes, Christophe Honoré Crédits : Jean-Louis Fernandez

L'avis des critiques : 

Peut-on adapter Proust ?

C’est très difficile d’adapter Proust car c’est forcément réducteur et Proust est, par définition, irréductible. J'ai néanmoins trouvé cette adaptation plutôt intéressante. Il me semble qu’elle croque assez bien l'ambiance générale, on a l'atmosphère du salon, il y a de l'esprit et de l'humour.  Christophe Honoré a beaucoup axé les choses sur la légèreté et sur la drôlerie, c'est très mis en avant pendant le spectacle, et cela a évidemment ces écueils. On peut reprocher un manque de densité, un manque de profondeur, etc. Mais en tout cas, il y a quelque chose qui fonctionne. Le texte, on l'entend, la beauté de la langue, on l'entend. Anna Sigalevitch

Du théâtre paysagiste

C’est une pièce d’ambiance. Ce qui m’a gêné c’est qu’il ne se dit pas grand-chose. Il y a quelque chose de très impressionniste qui marche par moments, mais sur le fond, je me suis vraiment demandé quel était l'intérêt de cette adaptation et de cette mise en scène. Marie Sorbier

J’ai eu le sentiment, en voyant le spectacle, que c'était un Proust à la Dufy. C'est à dire plutôt paysagiste, un peu général, avec des couleurs assez jolies, mais pas réellement portraitiste, comme chez Bonnard ou chez Renoir ou chez Whistler. Donc voilà, il y a une ambiance générale que je trouve bonne. Mais, pour pas mal de personnages, pas tous, ils manquent pour moi quand même, quelque chose du détail. Ils restent trop dans le contour social qui est annoncé d'entrée de jeu.  Anna Sigalevitch

Des bonnes surprises

Il  y a deux endroits où il y a du théâtre. Stéphane Varuppen en Marcel (Proust), qui n'est pas du tout figuratif, qui est l'anti Marcel physiquement, et pourtant, ça fonctionne et ça fait théâtre. Et la deuxième occurrence qui, pour moi, a fait théâtre, c'est cette ouverture en fond de scène. Nous sommes dans un salon belle époque et la porte s'ouvre vers l'extérieur. Le réel extérieur est là. On a l'air de Paris, les bruits de Paris, les jardins, les Champs Elysées, les lumières des lampadaires et finalement, ce besoin de s'échapper que ressent le narrateur, et qu'on peut ressentir aussi quelquefois dans cette salle de Marigny, on l'a par cette ouverture de fond de scène. Marie Sorbier 

Je trouve que la complexité et la tension, on l'a quand même à travers le personnage de Marcel qui, lui, me semble être vraiment le personnage le plus intéressant de tout le spectacle. Parce qu’il polarise vraiment et concentre toute la complexité, beaucoup dans ses silences d’ailleurs. J'ai adoré l'observer observer et je trouve que ça, c'est une triangularité qui se fait entre nous, le narrateur Marcel et tout ce petit monde qui fonctionne vraiment extrêmement bien. Anna Sigalevitch

J'ai pris du plaisir à voir ce spectacle, le temps ne m'a pas du tout paru long et c'est quand même un spectacle savoureux. Un spectacle qu'on peut voir en ayant lu ou pas « La Recherche » . Anna Sigalevitch

Plus d'information : Du côté de Guermantes d’après Marcel Proust – Adaptation et mise en scène : Christophe Honoré // du 30 septembre au 15 novembre au Théâtre Marigny (Comédie Française) 

➔ Spectacle : "Iphigénie" de Jean Racine, un projet de Stéphane Braunschweig qui résonne avec notre époque

Cette pièce étrange et baroque, faite de grand siècle et de rituel sanglant, d’intimités torturées et de calculs politiques, a inspiré à Stéphane Braunschweig un projet en résonance avec notre époque...

L'avis des critiques : 

Une pièce qui arrive au bon moment

J'ai trouvé assez pertinent de la part de Stéphane Braunschweig de vouloir monter cette pièce. Il a eu l'idée pendant le confinement, pendant cette période où le monde était à l’arrêt. Dans la pièce, la mer ne permet pas de partir, tout le monde est coincé en attendant des jours meilleurs, et je trouve assez juste de monter cette pièce à ce moment précis. L'argument se tient, je trouve qu'il en fait quelque chose notamment par sa scénographie. Marie Sorbier

Il une chose que je trouve très intéressante dans cette pièce et qui est un vrai sujet en ce moment, c’est la rupture au sein des familles… Le spectacle parle de l’arrêt d’Iphigénie mais surtout de l’explosion d'un couple (Agamemnon et Clytemnestre). Je trouve, qu’en ce moment, en temps de crise, il y a des choses qui se révèlent, des cas de conscience, des visions du monde qui s'opposent profondément. Anna Sigalevitch 

Des choix de mise en scène qui fonctionnent parfois et parfois pas.

C’est un dispositif bi-frontal. Il y a des grands écrans derrière chacune des rangées de chaises et ce que j'ai trouvé assez beau, c’est que nous sommes en face du peuple de Grèce, on est en face d'une agora. C’est-à-dire que, moi, spectatrice, je vois le peuple de Grèce de l'autre côté du podium, devant cette mer et j’ai trouvé ça assez malin de sa part de nous montrer ce peuple de Grèce en train de regarder le choix de ses dirigeants. Marie Sorbier

Le deuxième problème majeur, c'est la sonorisation, Il y a des moments où ça ne marche pas et c'est super ! Et il y a des moments où ça ne marche pas. Pour moi, c'est un contre sens absolu. Plutôt que de créer du confort, elle crée une mise à distance. Elle nous éloigne des comédiens. Dans la tragédie, on doit sortir de soi et on ne peut pas sortir de soi, hurler, quand on a des micros. C'est beaucoup dans la gorge et pas dans le ventre et je trouve que ça gâche beaucoup le spectacle. Anna Sigalevitch 

Pierrick Plathier, la révélation du spectacle

Les réflexions que suscite la pièce, la scénographie, le jeu, je les partage. Mais en termes de sensations, je suis beaucoup moins convaincue, car je trouve le spectacle extrêmement cérébral, comme toujours chez Brauschweig. Il nous dit : « j'ai envie de monter Iphigénie aujourd'hui parce que la situation m'inspire », mais il monte la pièce comme il l'aurait monté il y a un an, il y a cinq ans ou dix ans. Pour moi, rien n'a changé et je dois dire qu’en ce moment, je dois dire qu'au théâtre, j'ai envie, plus que jamais, de ressentir les acteurs, de voir des êtres de chair et de sang sur scène, de voir de la vitalité et ce système bi-frontal où les comédiens sont  beaucoup de profil, je trouve que ça nous éloigne. Anna Sigalevitch 

Pierrick Plathier dans le rôle d’Achille, c'est un peu la révélation du spectacle pour moi. C'est le seul, ce jour-là, à part Braunschweig, qui avait un corps sur scène, une épaisseur. Et c'est le premier Achille que je vois comme ça, avec cette complexité-là. C’est-à-dire, à la fois chef de guerre et amoureux transi. Il avait tout. La chair qui manquait ailleurs, il la portait totalement sur lui. Ça a redonné un peu de chair à ce spectacle qui en manque, qui est très intellectuel et cérébral, mais ça ne m'a pas gêné parce qu'il avait ce rapport à la terre grâce à Achille. Marie Sorbier

  • Plus d'information : Iphigénie de Jean Racine – Mise en scène et scénographie Stéphane Braunschweig // du 23 septembre au 14 novembre au théâtre de l’Odéon (Berthier)   

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➔ Disque : "La chanson d'amour" de Sabine Devieilhe et Alexandre Tharaud

La soprano colorature Sabine Devieilhe et le pianiste Alexandre Tharaud unis par une même passion pour la musique française se retrouvent aujourd’hui sur Chanson d’amour, un nouvel album consacré exclusivement à la mélodie. Leur clarté, leur finesse et leur poésie dans Fauré, Ravel, Debussy et Poulenc atteignent ici des sommets de beauté et d’émotion. Quatre compositeurs qui leur sont chers et qui ont jalonné leurs carrières respectives avec bonheur. Difficile de rêver mieux pour rendre la magie subtile de la mélodie française.

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L'avis des critiques :

Parcours à deux

Ce disque, c'est une rencontre qui a la force de l'évidence. [...] Cela donne quelque chose de fusionnel dans l'interprétation. On n'entend pas un chanteur et une accompagnatrice mais deux musiciens qui font de la musique ensemble, qui respirent ensemble, qui avancent ensemble dans le même univers. Emmanuel Dupuy

On entend un programme très construit ce qui n’a, ici, rien de négatif. Tharaud et Deveilhe nous emmènent dans un vrai parcours, mais il y a aussi de la spontanéité là-dedans : de l’allant, du naturel et de la vie. Il y a du souffle. Pour moi, c'est vraiment un ravissement. Anna Sigalevitch

Les mots d'amour

Ce qui guide ici l'interprétation d’Alexandre Tharaud et de Sabine Devieilhe, ce sont autant les notes que les mots parce que, justement, musique et poésie sont à égalité dans ces compositions. [...] Il y a des gradations de couleur et d'intensité permanentes qui ne sont pas des maniérisme gratuits, puisqu’elles existent justement chaque fois pour mettre en relief une syllabe ou une voyelle, c’est-à-dire pour aller dans le sens du texte. Emmanuel Dupuy

  • Plus d'information : Chanson d'amour (Fauré, Debussy, Ravel, Poulenc) par Sabine Devieilhe et Alexandre Tharaud (Erato)   

➔ Opéra : "Le Ballet royal de la nuit" 

Grand succès populaire et médiatique de la saison 17/18 du théâtre de Caen, Le Ballet royal de la nuit est encore dans toutes les mémoires et demeure l’un des grands temps forts de l’histoire du théâtre de Caen ! Acrobates, jongleurs, chanteurs et musiciens ont fait du Ballet royal de la nuit un spectacle enchanteur et total, empreint de merveilleux et de poésie. 

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L'avis des critiques : 

De l’engagement et de la vigueur

J’ai beaucoup aimé la direction Sébastien Daucé. J'ai beaucoup aimé les musiciens. Il y a quand même énormément de couleurs et énormément de nuances et énormément d'engagement, de vigueur. C'est très, très beau. Le choeur est absolument magnifique. Du côté des chanteurs, ils ne sont pas tous égaux, mais il y a quelques très jolies voix. En tout cas, il y a une cohésion, une cohérence vraiment que je trouve d'un très bon niveau et puis un engagement commun. Je ne sais pas combien ils sont en scène, mais là aussi, honnêtement, franchement, c'est tellement miraculeux de voir ça ! C’est un très beau spectacle, accessible, qui s'adresse à plein de gens différents. Anna Sigalevitch

C’est un peu comme si Bob Wilson avait rencontré les Deschiens

La mise en scène, les chorégraphies, les costumes sont très pertinents parce qu’on est ni dans la reconstitution ni dans un volontarisme de modernité. On plonge dans un monde très étrange, complètement onirique, mais qui est, d’un côté extrêmement sophistiqué, mais en même temps très artisanal. Il y a de la simplicité par moments, il n'y a pas de surenchère, il n'y a pas de compétition entre ce qui se passe sur scène et la musique - alors que pourtant, ils sont nombreux, que c'est des acrobates qui peuvent faire des choses qui sont spectaculaires- mais ça n’est pas illustratif, ça ne prend pas le pas sur l'action, et donc la forme, qui n'est pas forcément évidente, je la trouve très pertinente et très réussie. Anna Sigalevitch

Il faut aimer les acrobaties et le jonglage parce qu'il y en a quand même beaucoup, davantage que de la danse. En réalité, c'est plus effectivement des jeux de cirque qu'un véritable ballet. Effectivement, j'admire le soin apporté à la réalisation visuelle. C'est un spectacle plastiquement très réussi, très graphique, avec des jeux de lumières très sophistiqués et en même temps, il y a beaucoup de second degré et beaucoup d'humour. C'est un peu comme si Bob Wilson avait rencontré Les Deschiens. Emmanuel Dupuy

Un spectacle un peu schizophrène

On passe un bon moment, un long moment. Le seul problème, c'est que j'ai eu le sentiment au bout de quelques longues que ça tournait un peu à vide et j'avais l'impression de voir une succession de tableaux très léchés, très plaisant à regarder, mais l’absence de dramaturgie m’a un peu gênée. C’est un spectacle un peu schizophrène. C’est un peu l’archéologie versus l’art contemporain. (…) C’est malgré tout  un spectacle par lequel malgré tout on se laisse porter on se laisse emporter. Emmanuel Dupuy

  • Plus d'informations : Ballet royal de la nuit (musique de Jean de Cambefort, Antoine Boësset, Louis Constantin, Michel Lambert, Francesco Cavalli, Luigi Rossi) dirigé par Sébastien Daucé et mis en scène par Francesca Lattuada // du 23 au 25 octobre au Théâtre de Caen.
  • DVD  Ballet royal de la nuit (Harmonia Mundi)
  • Tournée :  Les 7 et 8 octobre au Théâtre des Champs-Elysées à Paris les 18 et 19 novembre à l'opéra de Lille les 29 novembre et 1er décembre aux théâtre de la Ville de Luxembourg les 17, 18, 20 et 22 décembre à l'opéra national de Lorraine à Nancy.

LE FOCUS d’Anna Sigalevitch

Pour le Concert solidaire Unisson, le 17 octobre à 20h à l’Opéra Comique

Un concert de solidarité à l’égard des chanteurs lyriques fragilisés par la crise que nous traversons dont les bénéfices iront aux chanteurs en difficulté. 

Tous les chanteurs qui se produiront le 17 octobre sont adhérents de l’association UNiSSON et participeront bénévolement à cet événement pour la création du fonds de dotation à destination des artistes fragilisés par les annulations. Des artistes confirmés partageront le plateau avec les plus jeunes Apour incarner la variété des parcours et profils de la profession.  Le programme, d’Haendel à Bernstein, en passant par Saint-Saëns, Offenbach et Vaughan Williams, comprendra uniquement des morceaux d’ensemble, du duo au grand Concertato. Cette soirée réunira plus de soixante artistes. Les chanteurs seront accompagnés au piano par Florence Boissolle, Cécile Restier et Antoine Palloc qui apportent leur concours amical.

Le concert sera diffusé sur France Musique le 31 oct à 20h

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