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Photos Salvador de Bahia, 1984 - Rio de Janeiro, 1979 © Miguel Rio Branco / Peinture : Victor Brauner, Sur le motif, 1937 - Cérémonie, mai 1947 - Le Surréaliste, janvier 1947

L'actualité des expositions : Victor Brauner, Miguel Rio Branco et Philip Guston : "C’est une peinture qui vous demande de bien la regarder parce qu'elle vous donne des grands coups dans la tronche"

33 min
À retrouver dans l'émission

Chaque semaine, des critiques s’affrontent autour de deux disciplines dans l’amour de l’art et de la dispute... A notre affiche cette semaine : deux expositions, Victor Brauner au MAMVP et Miguel Rio Branco au BAL. Nos critiques débattront également de "l'Affaire Philip Guston", artiste américain

Photos Salvador de Bahia, 1984 - Rio de Janeiro, 1979 © Miguel Rio Branco / Peinture : Victor Brauner, Sur le motif, 1937 - Cérémonie, mai 1947 - Le Surréaliste, janvier 1947
Photos Salvador de Bahia, 1984 - Rio de Janeiro, 1979 © Miguel Rio Branco / Peinture : Victor Brauner, Sur le motif, 1937 - Cérémonie, mai 1947 - Le Surréaliste, janvier 1947 Crédits : Magnum photos / Victor Brauner © Adagp, Paris 2020 - Centre Pompidou, MNAM-CCI

Chaque vendredi, aux côtés de Lucile Commeaux, deux commentateurs passionnés de l’actualité culturelle aborde deux disciplines différentes pour que vive la critique, ce goût partagé et contagieux de la dispute esthétique, qu’elle concerne des films, des livres, des expositions, des séries, des bandes dessinées... bref tout ce qui s’aime et se discute. 

Sous le feux de la critique, cette semaine, deux expositions : Victor Brauner – Je suis le rêve. Je suis l’inspiration, figure singulière du surréalisme, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et Miguel Rio Branco : Photographes 1968-1992, figure majeur de l'art contemporain au Brésil, au BAL, à Paris

Pour en parler : Elisabeth Franck-Dumas (Rédactrice en chef adjoint culture à Libération), et Corinne Rondeau (Maître conférence esthétique et sciences de l’art à l’université de Nîmes).

➔Focus : La critique artistique au prisme des débats sociétaux. Le cas  Philip Guston

Retour sur une affaire qui a agité récemment le milieu des beaux arts, l’annulation par quatre grands musées américains et britanniques d’une exposition consacrée à Philipp Guston, un peintre américain, qui a vécu de 1913 à 1980 et a connu un tournant figuratif net au milieu de sa carrière. Il dessine notamment des personnages coiffés de bonnets du Ku Klux Klan, ces cagoules blanches pointues, et c’est là que le bât blesse. Précisons que Guston est blanc, et que ses positions ouvertement anti-racistes n’ont apparemment pas convaincu les musées de maintenir cette grande exposition par ailleurs très attendue.

L'avis de nos critiques : 

La peinture de Philippe Guston se saisit d’une manière sale des sujets du racisme et de la violence (...)La peinture de Guston est une peinture qui n'est pas aimable. C’est une peinture qui vous demande de bien la regarder parce qu'elle vous donne des grands coups dans la tronche. Corinne Rondeau

S'il y avait une forme de revendication dans sa peinture, pourquoi ne serait elle pas audible à l'égard d'autres revendications ? Corinne Rondeau

Une polémique navrante

De peur que les visiteurs ne comprennent pas, les musées ont donc reporté cette exposition d'un artiste, dont on connaissait le militantisme antiraciste et qui lui-même avait été pris à partie par le Ku Klux Klan (qui avait détruit une de ces fresques à Los Angeles dans les années 30), dans l'univers du musée, personne ne peut défendre cette décision. Elle est absurde de bout en bout. Elisabeth Franck Dumas

Les musées ont eu peur que cette toile, d'un artiste blanc, soit mal reçue par leur public. Quand bien même ces toiles seraient problématiques, et en l'occurrence elles ne le sont pas, c’est incroyablement condescendant pour les visiteurs potentiels de cette exposition. C’est une démission totale de la part de ces musées, de ce que peut être la mission d'un musée (...) Tout cet épisode est un cadeau aux pourfendeurs de ce qu'on appelle un peu rapidement la « Cancel Culture ». Elisabeth Franck Dumas

➔ "Victor Brauner : Je suis le rêve. Je suis l'inspiration" 

Le Musée d'Art Moderne de Paris consacre une importante exposition monographique à Victor Brauner (1903 - 1966), figure singulière du surréalisme. Plus d'une centaine d'oeuvres, peintures et dessins, y sont présentées, dont certaines sont montrées en France pour la première fois depuis sa dernière rétrospective en 1972

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Qu'en on pensé nos critiques ? ♥♥♡♡

En pénétrant le monde de Victor Brauner, on y découvre une œuvre singulière...

C'est une oeuvre très mystérieuse, nourrie de sciences occultes, de psychanalyse, de visions intérieures aussi très importantes, C’est très beau, c’est une découverte. (…) Les toiles des années 30 sont fascinantes. (...) Il a énormément changé, il s'est énormément réinventé et en même temps, il garde cette singularité qui lui est propre, cet univers qui lui est propre. Au bout d’un moment, on rentre dans son monde. Elisabeth Franck-Dumas 

Sa période des femmes fleurs et celle que je trouve la plus stimulante d’un point de vue optique. Elle m’a fait penser aux œuvres de Philippe Maillot, un artiste contemporain. Corinne Rondeau

Quand laideur rencontre le merveilleux...

Ces tableaux sont à la fois laids et équilibré dans leur laideur. C’est-à-dire que je n'ai pas ce goût là, mais c'est incroyable ! ça tient debout. C'est merveilleux de voir comment d’un coup quelque chose s’éclot devant votre vision. Corinne Rondeau

Ce que j'ai préféré dans l'exposition, c'est la période des œuvres qu'il a créée pendant la guerre, alors qu'il se cachait dans les Hautes-Alpes, contrairement à pas mal d'autres surréalistes, il n'a pas réussi à aller à New York, c'est très, très émouvant. Il a créé avec ce qu'il avait sous la main. Elisabeth Franck-Dumas

Plus d'informations  : Victor Brauner – Je suis le rêve. Je suis l’inspiration //du 18 septembre au 10 janvier au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Le catalogue est publié aux éditions Paris Musées.

➔ "Miguel Rio Branco - Photographes 1968-1992" au BAL

Le Bal présente le travail photographique de la première période (1968-1992) de l'artiste brésilien Miguel Rio Branco, figure majeur de l'art contemporain de son pays, connu dans le monde entier pour ses installation et oeuvres multimédia.

Salvador de Bahia, 1984, Mona Lisa, Luziânia, 1974, Salvador de Bahia, 1979 - Miguel Rio Branco
Salvador de Bahia, 1984, Mona Lisa, Luziânia, 1974, Salvador de Bahia, 1979 - Miguel Rio Branco Crédits : Magnum Photos

Qu'en on pensé nos critiques ? ♥♥♥♡

Miguel Rio Branco expose un travail méticuleux sur la composition, sur les lignes géométriques, sur la mise en valeur de matériaux, de plans, les murs craquelé, etc. Sans jamais que ce soit ni complaisant ni une espèce 'esthétisation de la misère. C'est un pur travail de forme. Elisabeth Franck-Dumas

Le mot de composition est parfaitement adapté à son travail. Il compose sa photographie comme on compose la peinture. Corinne Rondeau

Plus d'informations : Miguel Rio Branco – Photographes 1968-1992 // du 16 septembre au 6 décembre au BAL - Le catalogue  (Le Bal & Toluca Editions/Editorial RM)

Intervenants
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