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Dirty Projectors, 5 Eps, Pochette album Dominique A vie étrange

Une plongée musicale dans nos vies étranges avec Dominique A et Dirty Projectors

27 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, nos critiques s’intéressent à l'actualité musicale. Ils ont écouté « 5EPs » de Dirty Projectors et « Vie étrange » de Dominique A, découvrez leurs avis…

Dirty Projectors, 5 Eps, Pochette album Dominique A vie étrange
Dirty Projectors, 5 Eps, Pochette album Dominique A vie étrange Crédits : Domino Records, Cinq 7 / Wagram Music

Chaque vendredi, à l'heure du déjeuner, Lucile Commeaux et ses critiques invités, débattent des oeuvres ou des événements (films, livres, expositions, séries, bandes dessinées...) qui font l'actualité culturelle de la semaine...

Sous les feux de la critique cette semaine et sur nos platines, deux disques : 5EPs, du groupe Dirty Projectors, une anthologie regroupant leurs 5 derniers EP (Windows Open, Flight Tower, Super João, Earth Crisis et Ring Road) et Vie étrange de Dominique A, un carnet de bord musical élaboré pendant et après le premier confinement.

Pour en parler : Olivier Lamm (journaliste et critique à Libération) et Charles Arden (musicologue et journaliste pour Ôlyrix) 

💿   -   "Vie étrange" de Dominique A, le carnet de bord d'une vie confinée 

C'est un des disques les plus accueillants et les plus ouverts que Dominique A a fait depuis longtemps. Olivier Laam

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Présentation de l’album : « La chose n’était pas prévue, mais qu’est-ce qui l’était cette année? Après avoir sorti deux albums en 2018, « Toute latitude » et « La fragilité », et tourné pendant un an, je m’étais imposé une présupposée longue période d’autarcie pour recharger les batteries créatives. En cours de route, virus oblige, fût décrétée en mars 2020 une autarcie généralisée. Autarcie sur autarcie, ça commençait à faire beaucoup…   Par contrecoup, je ressortis du bois, bien au-delà du kilomètre alors réglementaire, via les tuyaux numériques, avec une reprise d’un groupe cher à mon coeur, «L’éclaircie» de Marc Seberg, chanson dont le propos exhortant à la patience me semblait de circonstance. Cette reprise ayant été bien accueillie, j’embrayai avec un EP, « Le silence ou tout comme », quatre morceaux électroniques composés et enregistrés sur le vif, et chantés d’une voix rentrée. La machine était lancée, et alors, comment l’arrêter ? L’envie d’un chant un peu moins confiné (pas un hasard, nous étions entretemps ressortis de chez nous…), et de chansons plus mélodiques portées par des guitares me revint ; j’enregistrai et mixai une nouvelle série de titres, dans les mêmes conditions domestiques que la reprise et le 4 titres, et avec des textes qui, comme pour le EP et contrairement à mes vieilles habitudes, ont été écrits dans la foulée sur la musique. J’avais le sentiment de tenir ainsi une sorte de carnet de bord musical de la période, et de la façon dont je la percevais, sans pour autant que les chansons y fassent systématiquement référence. Tout cela formant un tout, porté par une même méthode (improviser des chansons sur des structures mélodiques simples) et imprégné des incertitudes de l’époque. D’où ce 10 titres, « Vie étrange », dont le désir de garder une trace tangible appelait une sortie en physique. Pas un « nouvel album », avec le branle-bas logistique que cela supposerait. Mais un disque, oui. » Dominique A 

📢 L’avis des critiques : ♥♥♥

▶     Une métaphore de l’intérieur

Ce que je trouve très beau dans cet album, c’est que Dominique A déploie le fait d'être à l'intérieur comme une métaphore. Il part de presque rien, de sons et d'arrangements assez minimalistes qui se déplient en un monde infini et complexe. Olivier Laam

_Ce disque est un carnet de confinement. Je l'ai trouvé aussi intéressant et parfois aussi répétitif que notre vie en confinement. Je me suis tout à fait imaginé que ça correspondait à la période qu'il a vécue. D'abord, il a commencé à réexpérimenter, à retoucher à l'électronique, à faire des ballades petites, des titres alanguis, dans lesquels il y a quand même de la variété car ça reste du Dominique A - aussi bien dans le travail instrumental que dans le lien très poétique entre paroles et musique - et progressivement, un peu comme quand on était en confinement, on se remet à gratter sa guitare et on retrouve aussi les références qui nous ont marquées_. Charles Arden

▶     Un plaidoyer pour la musique électronique et le « fait maison »

_On peut totalement s'ouvrir au monde et à toutes les inspirations d'aujourd'hui tout en restant à la maison_. Cela n'en fait pas des objets de qualité moindre ou d'une portée différente d’un disque produit en studio. Ce disque en est une preuve. C'est un des disques les plus accueillants et les plus ouverts que Dominique A a fait depuis longtemps. Olivier Laam

_Dominique A est un faux naïf de l'arrangement, un faux naïf de la musique électronique_. Ici ou là, dans cet album, il utilise des boîtes à rythme vraiment très sommaires, qui rappellent celles de « La Fossette », mais chaque son de nappe, chaque niveau de solennité est liée à la présence d'un orgue, ou quelque chose du genre, qui prouve qu’il sait très bien ce qu’il fait, et cela montre la qualité de ses influences musicales. Tout cela s’imbrique à l'intérieur du projet poétique et intime qui donne une qualité d'émotion qui est vraiment particulière et particulièrement réussie pour ce disque.Olivier Laam

💿  -  "5EPs" une anthologie de Dirty Projectors, 20 titres aux sonorités variées qui démontre la force du commun

Des guitares aux influences ouest-africaines, des harmonies vocales complexes en trois parties et une ambition intellectuelle et de composition intrépide sont autant de signifiants utiles pour décrire la musique de Dirty Projectors. Mais c'est l'espace entre ces éléments, où la mélodie et le drame se déploient entre des voix ascendantes et entre l'intuitif et le contre-intuitif se rencontrent, que se situe l'essence du groupe. Les talents singuliers de David Longstreth ont conduit à toutes sortes d'invitations de la part des grands et des bons mais ont laissé son agitation intacte.

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5EPs est une anthologie regroupant les 5 derniers EP de Dirty Projectors (20 titres), parus entre février et novembre 2020. Les 4 premiers EP mettent en avant la voix d'un membre différent du groupe, soutenu par des ambiances musicales au style changeant mais toutes produites par Dave Longstreth : le folk existentiel de Windows Open chanté par Maia Friedman, la soul futuriste de Felicia Douglass sur Flight Tower, la mélodie infinie de Longstreth sur Super João, et le travail de recomposition orchestral de Earth Crisis avec Kristin Slipp. Le dernier Opus Ring Road révèle le son dynamique et complet de Dirty Projectors, tissant les fils émotionnels et sonores des quatre précédents EP en un magnifique ensemble avec une double guitare, un jeu vocal et des refrains accrocheurs. Friedman, Douglass, Slipp et Longstreth échangent couplets et harmonies, et le batteur Mike Johnson dirige les arrangements propulsifs.

📢 L’avis des critiques : ♥♥♥

▶     Des influences De Stravinsky à Joao Gilberto en passant par Rihanna

_J’ai été émerveillé par la richesse de cet album, ses effets de décalage rythmique, la richesse de ses harmonies vocales_, ses travaux de timbres, (…) C’est très agréable de voir des artistes aussi talentueux, qui peuvent tout à fait coécrire un tube comme FourFiveSeconds pour Rihanna et Kanye West et assumé de citer des références à la Stravinski. Charles Arden

Dave Longstreth explore le mélange des styles et des influences depuis des années. C’est un mélange unique qui n'appartient qu'à lui, lui, qui s'intéresse à mille choses en même temps, de Stravinsky, à Joao Gilberto, au Hip hop avec une pâte sonore qui est vraiment la sienne, qui est que celle d'un rat de studio. C'est artiste est extrêmement intéressé par le son. Olivier Laam

▶     Des références esthétiques imbriquées les unes dans les autres à la façon d’un Rubik's Cube 

Lorsqu’on réécoute n’importe quel titre de façon aléatoire, on voit très bien de quel mini album il provient. La direction de chacun de ces EP a été confiée à l’un des 5 membres de cette formation et je trouve qu’il y a une cohésion de ces 5 artistes et de chaque disque, même si chaque titre a sa propre identité. Charles Arden

Dans « Flight Tower » Felicia Douglas, qui a une voix qu’on pourrait comparer à Alicia Kees ou Beyonce, on entend aussi dans l'accompagnement la guitare acoustique qu’on va retrouver dans l’EP suivant, qui est un hommage à Joao Gilberto. Pui, on entend le travail électro particulièrement bien mené et on le retrouve dans le quatrième opus. Dans « Earth Crisis », on entend aussi toute cette beauté des harmonies vocales qui est présente comme un fil rouge à travers tout cet album composé de cinq parties. _J'ai vécu l'écoute de cet album un peu comme les cinq saisons d'une série_. La cohérence dans la richesse, c’est le tour de force de cet album . Charles Arden

« Dirty projectors » est habituellement un groupe assez intellectuel et retors. Pour moi, il y a deux parts dans l'œuvre. Il y a celle qui contient la grâce, l'invention irradiante, les mélodies dans lesquelles on a envie de se rouler toute la journée et la générosité ; et la deuxième, qui contient les volontés conceptuelles, les références volontaires à la musique qui marche et l'ego de Dave Longstreth. Là, je trouve cet album particulièrement splendide parce qu’il est presque apaisé, grâce à cette construction, un peu à la façon de Jukebox. On peut rentrer dans le disque par là où ça nous intéresse et ça fonctionne très bien avec cette musique qui est faite de volontés et de références esthétiques un peu imbriquées les unes dans les autres à la façon d’un Rubik's Cube. Olivier Laam

▶     Une générosité totale

Dave Longstreth est un musicien que je trouve très intéressant parce qu'il est à la fois dans une générosité totale. Il laisse le premier plan à des inconnus - les chanteurs et chanteuses qui sont invités sur le disque sont des gens qu'il est allé piocher au fin fond de l'underground indie rock - et un peu à la manière de Woody Allen, il les fait chanter comme lui chante. C'est comme un fil élastique qui peut s'étendre assez loin, mais c’est lui qu’il le tient. Il y a une tension dans sa manière de collaborer avec les autres que je trouve vraiment intéressante. Il a cette générosité qui permet de mettre en avant des artistes. Olivier Laam

  • Plus d'informations : 5EPs est disponible en édition standard double vinyles noirs, en édition limitée « disquaires indés » double vinyles transparents, ainsi qu’en CD. Un coffret deluxe limité regroupant les cinq vinyles colorés 12’’ sera également disponible. (Domino Records)
  • Site de Dirty Projectors 
  • Site du label Domino Records

🎁 et en bonus une petite balade dans l'univers de Dirty Projectors...

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