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Les Romans de la grande bleue
Épisode 5 :

Mer de l'enfance : Salim Barakat

58 min
À retrouver dans l'émission

Cinquième halte : la Syrie vue à travers "Le Criquet de fer" dans lequel Salim Barakat, né en 1951 dans le nord-est du pays, raconte sa propre enfance. Dans une langue d'une grande force poétique, l'écrivain entremêle récit autobiographique et histoire douloureuse de la présence des Kurdes en Syrie.

Jeune berger marchant sur une ligne de train désaffectée (Qamishli, Nord de la Syrie)
Jeune berger marchant sur une ligne de train désaffectée (Qamishli, Nord de la Syrie) Crédits : BaderKhan Ahmad/Barcroft Media via Getty Images - Getty

Nous poursuivons notre voyage autour de la Méditerranée en Syrie, plus exactement au nord-est du pays, dans la région de la Jézirée, à la frontière de la Turquie et de l'Irak, grâce à l'extraordinaire récit biographique de Salim Barakat, Le Criquet de fer. Dans cet ouvrage paru en arabe en 1980 (en français en 1987), l'écrivain, né en 1951, fait le récit de son enfance vécue dans la peur et la violence, une "enfance sans enfance" comme il le dit lui-même.

Les enfants de notre quartier étaient pauvres, pauvres jusqu'à l'os. Quelques-uns mangeaient la boue des murs et quand ils tombaient malades, on les emmenait chez le médecin qui déclarait que c'était une habitude exécrable. Je n'exagère rien : parlez donc aux médecins des mangeurs de boue !        
Salim Barakat

Pour évoquer Le Criquet de fer, Mathias Enard s'entretient avec François Zabbal, son traducteur en français. De langue maternelle kurde, Salim Barakat va se prendre de passion pour la langue arabe jusqu'à en faire sa langue d'expression littéraire. Et ce en dépit de la violence politique qui s'est exercée contre sa communauté d'origine. François Zabbal évoque cette violence qui forme le cœur du premier des cinq tableaux qui composent Le Criquet de fer.

En dehors du premier chapitre où il évoque la visite du président syrien à Qamishli, Salim Barakat traite la violence politique de façon plus générale, davantage sur le plan symbolique. Elle irrigue son récit mais sans qu’il précise forcément à quelle époque elle s'est exercée. A l'intérieur d'un récit autobiographique, il évoque des épisodes de l’histoire des Kurdes qu’il n’a pas vécus, comme par exemple ces batailles entre les Bédouins et les Kurdes qui remontent à la période où la Syrie se trouvait sous mandat français (1920-1946) et que son grand-père lui a racontées. La violence politique a été permanente dans cette région du bout du monde où aucun Syrien de Damas n'a jamais mis les pieds.                
François Zabbal

  • Textes lus par Peggy Martineau
  • Prise de son : Claude Niort
  • Musiques diffusées : Sabah Fakhri, Khamrat el hob et Ciwan Haco, Bêrîvanê
Qamishli (Syrie) au début des années 60 •
Qamishli (Syrie) au début des années 60 • Crédits : Qamishli city hall archives

Bibliographie

  • Salim Barakat, Les Plumes, Actes Sud, 2012 (traduit de l'arabe par Emmanuel Varlet)
  • Salim Barakat, Les Grottes de Haydrahodahus, Actes Sud, 2008 (trad. Bayan Salman)
  • Salim Barakat, Les Seigneurs de la nuit, Actes Sud, 1999, (trad. François Zabbal)
  • Salim Barakat, Sonne du cor !, Actes Sud, 1995 (trad. François Zabbal)
  • Salim Barakat, Le Criquet de fer, Actes Sud, 1993 (trad. François Zabbal)

Bibliographie

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Le Criquet de ferSalim BarakatActes Sud/Babel, 1993

Intervenants
  • ancien directeur de la revue de l'IMA, Qantara, traducteur, historien et philosophe,
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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