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Cendrillon au bal du prince - Illustration de Gustave Doré (1869).

La dictée de Rachid Santaki : extrait de "Cendrillon ou la petite pantoufle de verre" de Charles Perrault

30 min
À retrouver dans l'émission

Parviendrez-vous à réaliser un sans faute ? Tout le monde est invité à prendre son stylo, devant son écran ou à l’écoute de la radio pour participer à cette expérience collective. Aujourd'hui, un extrait de "Cendrillon" de Charles Perrault avec Xavier Mauduit, historien.

Cendrillon au bal du prince - Illustration de Gustave Doré (1869).
Cendrillon au bal du prince - Illustration de Gustave Doré (1869). Crédits : © duncan1890 / Coll. DigitalVision Vectors - Getty

Ah ! la dictée, c'est un défi qu'on se lance à soi-même et une expérience collective mêlant compétition, plaisir de la langue française et souvenirs d'enfance. Aujourd'hui, avec Xavier Mauduit, historien, producteur de l'émission "Le Cours de l'histoire" sur France Culture et chroniqueur pour l'émission "28 minutes" sur Arte.

Le clin d'œil de la semaine

Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, aux Molières 2019 (extrait du spectacle "La Convivialité ou La Faute de l'orthographe"). 

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Le texte de la dictée

Sa Marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en même temps ses habits furent changés en des habits de drap d'or et d'argent tout chamarrés de pierreries ; elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. Quand elle fut ainsi parée, elle monta en carrosse ; (Ecoliers) mais sa Marraine lui recommanda sur toutes choses de ne pas passer minuit, l'avertissant que si elle demeurait au Bal un moment davantage, son carrosse redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des lézards, et que ses vieux habits reprendraient leur première forme. Elle promit à sa Marraine qu'elle ne manquerait pas de sortir du Bal avant minuit. Elle part, ne se sentant pas de joie.

Explications des principales difficultés

- toucher : verbe transitif, mettre sa main, ses doigts au contact de quelque chose, de quelqu'un, en particulier pour apprécier, par les sensations tactiles, son état, sa consistance, sa chaleur, etc.

- ses : adjectif possessif de la 3e personne du singulier, qui est à lui, à elle, qui vient de lui, d'elle, qui le, la concerne, lui est propre, qui est tel par rapport à lui, à elle.

- chamarrés (pluriel) : verbe transitif, rehausser quelque chose, le surcharger d'ornements éclatants, de galons, etc.

- pierreries (pluriel) : nom féminin, pierres précieuses et pierres fines quand elles sont travaillées.

- quand : adverbe interrogatif, quand s'emploie seul ou précédé des prépositions à, de, depuis, jusqu'à, pour, avec inversion du sujet, ou avec la locution est-ce que sans inversion du sujet. Sert à questionner sur le moment d'une action, d'un événement.

- carrosse : nom masculin, véhicule fermé, luxueux, à quatre roues et à suspension.

- citrouille : nom féminin, latin médiéval citrullus, du bas latin citrium, du latin classique citrus, citron. Nom commun à plusieurs espèces de cucurbitacées dont la citrouille de Touraine, grosse courge produisant des fruits pouvant peser 50 kg.

- laquais : nom masculin, valet de pied qui portait la livrée.

- lézards (pluriel) : nom masculin, petit reptile diurne, insectivore, ayant des paupières mobiles et une queue pouvant se couper, et courant rapidement avec le ventre au contact du support.

- Bal : nom masculin, établissement où l'on va danser. 

Pantoufle de "verre" ou de "vair" ?

Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel, prend parti pour le vair : « Les éditeurs de contes de fées ont-ils mis verre à la place de vair par ignorance ou pour augmenter le merveilleux du récit ? Nous ne savons pas. Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’au temps de Perrault, le vair était bien connu comme une des fourrures du blason et que, malgré son goût pour le merveilleux, il n’a point eu la pensée de chausser sa petite Cendrillon avec du verre.

On peut supposer que, plus tard, la science du blason étant tombée dans l’oubli, un imprimeur aura cru corriger une véritable faute en remplaçant vair, mot qui lui était inconnu, par verre ; et c’est ainsi que le nom de Cendrillon se sera trouvé associé avec l’idée d’une chaussure fantastique que la vérité historique est forcée de reléguer parmi les simples coquilles typographiques. »

Mais le livre de Perrault est sorti du vivant de son auteur, il ne s’agit donc pas d’une réimpression fautive. Un siècle après, le Grand Larousse encyclopédique revient au verre : « À propos des pantoufles de Cendrillon, on a émis l’hypothèse qu’elles étaient de vair (fourrure) et non de verre, comme l’a écrit Perrault, mais, dans un conte de fées, une telle recherche de la vraisemblance paraît inutile ».

Si la correction de Balzac apporte une satisfaction relative aux tenants du rationalisme, on conteste l'usage de la fourrure pour des pantoufles. Tout au plus peut-on supposer que pour le peuple, les pantoufles étaient des chaussures de « riches », sans considération de leurs différents usages. Le vair, fourrure de petite dimension, était utilisé pour réaliser les ornements de riches pièces d'habillement dès le début du XIVe siècle. Il s'agissait également d'un terme utilisé en héraldique, donc loin des préoccupations du petit peuple, par qui circulaient les contes.
À l'opposé, le verre était, à l'époque de Perrault, pour le peuple, un matériau rare et précieux, au même titre que le cristal, symbolique donc d'une personnalité exceptionnelle, particulièrement fine et légère, au point de pouvoir porter de telles chaussures sans les briser ni en être incommodée.

Argument de l'orthographe

Un argument consiste à évoquer une erreur de transcription ou une orthographe mal fixée. En réalité, si beaucoup de gens de l'époque étaient illettrés ou avaient une éducation restreinte, l'orthographe était bien fixée, et Charles Perrault était membre de l'Académie française : une telle erreur, commise plusieurs fois, est difficilement envisageable pour deux mots homophones mais de sens très différents, et une erreur récurrente des typographes, échappant aux relectures des correcteurs et de l'auteur, relève de la pure spéculation. Il n'existe pas à ce jour de version recueillie, antérieure au texte de 1841 par Honoré de Balzac, faisant explicitement référence au vair.

La dictée de l'invité

Xavier Mauduit, historien

La dictée de Xavier Mauduit
La dictée de Xavier Mauduit Crédits : Xavier Mauduit - Radio France
Intervenants
  • Historien, producteur de l'émission "le Cours de l'histoire" sur France Culture
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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