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Illustration représentant le personnage principal, Sophie (1859).

La dictée de Rachid Santaki : un extrait des "Malheurs de Sophie" de la Comtesse de Ségur

28 min
À retrouver dans l'émission

Parviendrez-vous à réaliser un sans faute ? Tout le monde est invité à prendre son stylo, devant son écran ou à l’écoute de la radio, pour participer à cette expérience collective. Aujourd'hui, c'est la pédopsychiatre Marie Rose Moro qui se prête à l'exercice.

Illustration représentant le personnage principal, Sophie (1859).
Illustration représentant le personnage principal, Sophie (1859). Crédits : Horace Castelli

Ah ! la dictée, c'est un défi qu'on se lance à soi-même et une expérience collective mêlant compétition, plaisir de la langue française et souvenirs d'enfance. Cette semaine, la dictée est un extrait des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur avec la participation de Marie Rose Moro, professeure de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Université Paris Centre), pédopsychiatre, cheffe de service de la Maison de Solenn, la maison des adolescents de Cochin (AP-HP).

Le clin d'œil de la semaine

Extrait de la série animée Le Petit Nicolas, d'après l'œuvre de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, réalisée par Arnaud Bouron et produite par M6 Studio. La scène montre le jeune écolier qui reçoit la punition d'écrire deux-cents fois la phrase : « Je ne dois pas copier sur le devoir de mon petit camarade pendant la dictée ou un autre exercice... ».

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"Les Malheurs de Sophie" de la Comtesse de Ségur

La Comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine, est le premier écrivain à mettre en scène le monde de l’enfance pour les enfants. L'héroïne des Malheurs de Sophie serait une réplique de l'auteure au même âge. Le roman, publié en 1858 chez l'éditeur Hachette avec des illustrations d'Horace Castelli, forme une trilogie avec Les Petites Filles modèles et Les Vacances.

Texte de la dictée

Un jour sa maman l’appela pour lui montrer une charmante boîte à ouvrage que M. de Réan venait d’envoyer de Paris. La boîte était en écaille avec de l’or ; le dedans était doublé de velours bleu, il y avait tout ce qu’il fallait pour travailler, et tout était en or ; (fin de la dictée pour les écoliers) il y avait un , des ciseaux, un étui, un poinçon, des bobines, un couteau, un canif, de petites pinces, un passe-lacet. Dans un autre compartiment il y avait une boîte à aiguilles, une boîte à épingles dorées, une provision de soies de toutes couleurs, de fils de différentes grosseurs, de cordons, de rubans, etc. Sophie se récria sur la beauté de la boîte.

D'après Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur
Éditions Hachette, chapitre 18 : « La Boîte à ouvrage »

Explication des principales difficultés

- l’appela : retenez que, dans « appeler », il y a toujours deux « p » : « appeler », « nous appelons », etc. ; il y a deux « l » quand on entend le son « è » : « j’appelle », « nous l’appellerons », etc. ; il n’y a qu’un « l » quand on entend le son « eu » : « tu appelais », « il appela », etc.

- boîte : l'orthographe « boîte » avec accent circonflexe sur le i est la forme traditionnelle. Elle existe depuis le XVIIIe siècle. Son accent servait à l'origine à noter que la syllabe boî- était prononcée longue. Dans ce rôle, il a remplacé le s de l'ancienne orthographe « boiste ».

- à : « a » (sans accent), c'est le verbe avoir, au présent de l'indicatif ; « à » (avec accent) est une préposition. Exemples : Il a mal à la cuisse. Je vais à Monptellier.

- envoyer : une règle simple pour savoir si on doit mettre « é » ou « er » à la fin d'un verbe est de le remplacer par le verbe « vendre » dans la phrase. Si l'on dit « vendu », il faut mettre « é », sinon il faut mettre « er ».

- écaille : étymologie. De l'ancien français « escaille », issu du vieux-francique « skalja », lui-même issu du proto-germanique « skaljō ».

- velours (ici au singulier) : du latin « vilosus », velu, est une étoffe rase d'un côté et couverte de l'autre de poils dressés, très serrés, maintenus par les fils du tissu. Le velours est aussi un type de tissu dans lequel les fils sont répartis uniformément, ce qui lui donne son caractère particulier.

- : étymologie. (Nom 1, dé à coudre) Du latin « digitus » (« doigt »). (Nom 2, dé à jouer) Du latin « datum » (« pion, dame »).

- ciseaux : étymologie. Pluriel de « ciseau », via la locution paire de ciseaux, le mot « ciseau » venant lui-même du latin « cisellum ».

- poinçon : dérivé d'un verbe du latin populaire « punctiare » (« piquer »). En ancien français, poinçon « instrument terminé en pointe pour percer », utilisé pour marquer les ouvrages d'or ou d'argent.

- canif : étymologie. Le mot français « canif » est cité en 1441-42 sous la forme « quenif » et sous sa graphie actuelle en 1611. Il est probablement dérivé du francique « knif », tout comme le mot anglais « knife ». Au Moyen Âge, le canif se nomme « canivet » « canivel » ou « quenivet ».

- passe-lacet : étymologie. Mot composé du verbe « passer » et du nom « lacet ».

- dorées : ici on l’accorde avec épingles.

- soies : il s’agit de plusieurs pièces de tissu (des soies).

- récria : conjugaison du verbe « récrier » à la troisième personne du singulier au passé simple de l’indicatif. Dérivé de « crier » avec le préfixe ré-. Pousser une exclamation sous le coup d'une émotion, d'une surprise. Se récrier d'enthousiasme, de surprise.

La dictée de l'invitée

Marie Rose Moro, pédopsychiatre

La dictée de Marie Rose Moro, pédopsychiatre
La dictée de Marie Rose Moro, pédopsychiatre
Intervenants
  • Psychiatre pour enfants et adolescents, psychanalyste, directrice de la maison de Solenn et professeure à l'université Paris-Descartes
L'équipe
Production
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Réalisation
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