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La gloire de mon père, film d'Yves Robert sorti en 1990, d’après le roman éponyme du cycle des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol paru en 1957.

La dictée géante : un extrait de La gloire de mon père de Marcel Pagnol

29 min
À retrouver dans l'émission

Parviendrez-vous à réaliser un sans faute ? Tout le monde est invité à prendre son stylo pour participer à cette expérience collective. Aujourd'hui, Matthieu Garrigou Lagrange et Romain de Becdelièvre, producteurs à France Culture, se prêtent à l'exercice.

La gloire de mon père, film d'Yves Robert sorti en 1990, d’après le roman éponyme du cycle des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol paru en 1957.
La gloire de mon père, film d'Yves Robert sorti en 1990, d’après le roman éponyme du cycle des Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol paru en 1957. Crédits : © Gaumont

Ah ! la dictée, c'est un défi qu'on se lance à soi-même et une expérience collective mêlant compétition, plaisir de la langue française et souvenirs d'enfance. Une dictée à deux niveaux, pour les écoliers et les plus confirmés, comme les deux étages d'une fusée. Une dictée à faire seul ou en famille, muni d'une feuille et d'un crayon. Cette semaine, la dictée est un extrait du livre La gloire de mon père de Marcel Pagnol

Ce sont Matthieu Garrigou Lagrange et Romain de Becdelièvre, producteurs à France Culture, qui se prêtent au jeu de la dictée. 

Après avoir présenté La compagnie des oeuvres puis La compagnie des auteurs, on peut retrouver Matthieu Garrigou Lagrange du lundi au vendredi à 15h pour une nouvelle émission de culture générale, Sans oser le demander. Le principe : chaque jour, explorer et approfondir dans la bonne humeur un sujet d’histoire, de littérature, des arts ou même d’économie ; des questions simples, en apparence mais qui en soulèvent beaucoup d’autres.

Romain de Becdelièvre, chroniqueur, écrit également des adaptations théâtrales, dont Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (adaptation qui fêtera ses 10 ans au printemps 2022). Chaque jour, il propose une pièce jointe, un contrepoint, un détail ajouté au thème du jour de l'émission Sans oser le demander, comme un motif sous le tapis.

Dans "La gloire de mon père" (1957), Marcel Pagnol raconte les premiers souvenirs de sa petite enfance à Aubagne où son père a eu un premier poste d'instituteur et dont le petit Marcel ne gardera que peu de traces car, bien qu'il y soit né, il n'y a vécu que jusqu'à ses trois ans.

La Gloire de mon père est le premier d'une série de quatre romans centrés sur la vie de Marcel Pagnol, et connaît un énorme succès auprès du public. Il sera suivi de : Le château de ma mère (1957), Le temps des secrets (1960) et Le temps des amours (1977). 

Le texte de la dictée

Au milieu de la place, la fontaine parlait toute seule. C'était une conque de pierre vive, accrochée comme une bobèche, autour d'une stèle carrée, d'où sortait le tuyau de cuivre. Ayant dételé le mulet (car la charrette n'aurait pu le suivre), François le conduisit à la conque, et la bête but longuement, tout en battant ses flancs de sa queue. (fin de la dictée pour les écoliers) Un paysan passa. Quoique plutôt maigre, il était énorme. Sous un feutre raidi par la crasse, deux sourcils roux, aussi gros que des épis de seigle. Ses petits yeux noirs brillaient au fond d'un tunnel. Une large moustache rousse cachait sa bouche, et ses joues étaient couvertes d'une barbe de huit jours. En passant près du mulet, il cracha, mais ne dit rien d'autre.

Explications des principales difficultés

- toute : comme "complètement seul", tout est invariable, il ne s'accorde jamais quand il est adverbe sauf au féminin lorsque l'adjectif commence par une consonne, on met le "e" pour l'euphonie (comme dans le texte ici). Si l'adjectif commence par une voyelle, tout reste invariable. 

- conque : mollusque bivalve de grande taille ; sa coquille. du latin concha (« coquillage »), lui-même du grec ancien κόγχη, kógkhê (« coquillage »). Précision : pierre est au singulier car c’est la matière.

- accrochée : au féminin, à accorder avec conque.

- pierre : au singulier car il s'agit du matériau.

- bobèche : petit socle muni d'une pointe, pour planter une bougie dans un gâteau. Dérivé de l'ancien français bobert (« fat, orgueilleux, sot ») avec la même finale obscure → voir pimbêche.

- stèle : monument monolithe qui porte une inscription, des ornements sculptés. Stèle funéraire. Στήλη, colonne, de στάω, être debout, lat. ... Du latin stela (« stèle »).

- dételé : détacher (une bête attelée ou l'attelage). Dé… préfixe, et un radical pour lequel il faut voir ATTELER ; Berry, desâteler. L'ancien français avait un verbe desteler, qui paraît plutôt une forme de détaler que de dételer : XIVe s. Le renc des Champenois destele [s'avance] Contre Flamens, lances baissiées, Guiart, Ms

- charrette : de moyen français charrette, du l'ancien français carette (1100). Synchroniquement, dérivé de char avec le suffixe -ette.

- but : verbe boire à l’indicatif du passé simple à la troisième personne du singulier.

- ses : Ses est un adjectif possessif ADJECTIFS POSSESSIFS, qui marque l'appartenance. Ces est un adjectif démonstratif ADJECTIFS DEMONSTRATIFS, qui sert à designer quelqu'un ou quelque chose.

- quoique : quoi et que ; bourguig. queique. C'est la locution quoi que (quoi qu'il fasse) qui est devenue une conjonction adversative. Quoique tu manges... Quel que soit la chose que tu manges = LOCUTION RELATIVE. Quoique : remplaçable par "bien que" = CONJONCTION DE COORDINATION. "Quoi que", en deux mots (pronom conjonction), signifie "quelle que soit la chose que, la chose qui" (ou "peu importe ce que, ce qui").

- feutre : matériau, étoffe, tissu épais, en laine pressée. Ici : un chapeau de feutre.

- seigle : segol ; ital. ségale, ségola ; du lat. secāle, seigle. Les formes romanes proviennent non pas de secāle, mais de secăle prononciation vicieuse qui a fait déplacer l'accent.

Le clin d'œil de la semaine

Extrait du film La Gloire de mon père d’Yves Robert sorti en 1990, sur un scénario de Louis Nucéra et Jérôme Tonnerre, d’après le roman éponyme de Marcel Pagnol paru en 1957.  

Philippe Caubère et Nathalie Roussel incarnent les parents de Marcel Pagnol (Julien Ciamaca) et Paul (Victorien Delamare). L'oncle Jules et la tante Rose sont interprétés par Didier Pain et Thérèse Liotard. Des passages du texte du roman original sont narrés par Jean-Pierre Darras.  La Gloire de mon père, nommé quatre fois aux César, est suivi par "Le Château de ma mère" sorti au cinéma la même année.

Dans l'extrait, le père de Pagnol se rend compte avec ébahissement que le petit Marcel sait parfaitement lire alors qu'il n'a pas encore 6 ans ! 

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Les dictées des invités

Matthieu Garrigou-Lagrange, producteur de l'émission Sans oser le demander sur France Culture

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange

Romain de Becdelièvre, producteur à France Culture, écrivain

Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre

Bibliographie

La gloire de mon père

La gloire de mon pèreMarcel Pagnoléditions de Fallois, 2014

Intervenants
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