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A gauche : Abramovic ; en haut à droite : affiche de l'exposition "Dada Africa" ; en bas : visuel de l'exposition de Sugimoto

Arts plastiques : "Ces photographies sont prises entre un passé immémorial et un futur indistinct"

55 min
À retrouver dans l'émission

L'émission est consacrée ce soir aux arts plastiques avec l'exposition Sugimoto et "Dada Africa" et le livre de Marina Abramovic, "Traverser les murs".

A gauche : Abramovic ; en haut à droite : affiche de l'exposition "Dada Africa" ; en bas : visuel de l'exposition de Sugimoto
A gauche : Abramovic ; en haut à droite : affiche de l'exposition "Dada Africa" ; en bas : visuel de l'exposition de Sugimoto Crédits : Creative Commons/musée de l'Orangerie/galerie Marian Goodman

Surface Tension, Hiroshi Sugimoto (à la galerie Marian Goodman du 26 octobre au 22 décembre)

Présentation officielle : Marian Goodman a le plaisir de présenter deux expositions d'œuvres de Hiroshi Sugimoto simultanément dans ses galeries de Londres et Paris. Par la photographie, la sculpture, l'installation et plus récemment, l'architecture, Hiroshi Sugimoto témoigne de ses questionnements sur le temps, la mémoire et le progrès dont il tente de retracer les enjeux des origines à nos jours. Il s’attache également à créer un pont entre les philosophies extrême-orientales et occidentales. 

La galerie de Paris présente Surface Tension, une exposition dédiée aux photographies de la série Seascapes débutée en 1980. Pour Sugimoto, la prise de vue et la contemplation de ces images des mers du monde relient le passé au présent, mais aussi l'histoire de ces mers aux régions où il installe son appareil. La surface de la mer en constant mouvement est le gage que chaque œuvre possède ses caractéristiques uniques, en fonction des conditions météorologiques et atmosphèriques, de la luminosité du soleil ou de la lune. L'élément unificateur propre à la série est la composition parfaitement équilibrée entre la moitié inférieure de l’image, lestée par la mer, et la moitié supérieure, aérienne, qui représente le ciel, chaque paysage marin étant divisé, exactement en son centre, par la ligne d’horizon. Les œuvres présentées à la galerie de Paris vont de celles créées dans les années 1990 aux plus récentes, avec des photographies de 2017 de la mer de Tasman. A Paris, l'artiste présente également quatre œuvres de sa série de sculptures en verre optique, connue sous le nom de Five Elements. Empruntant sa structure à une pagode traditionnelle, l’objet comprend cinq formes, qui ont chacune une signification distincte, relative à la doctrine cosmologique bouddhiste des Cinq Universaux. La forme carrée représente la terre, le globe l'eau, la pyramide le feu, le demi-globe l'air, et la larme au sommet signifie le vide. Une photographie de la série Seascape est insérée dans le globe de verre de chaque sculpture. Dans la salle voûtée au niveau inférieur de la galerie, l'une des sculptures est installée face à une photographie des Chutes de Kegon, une des destinations touristiques les plus populaires au Japon.

Visuel de l'exposition
Visuel de l'exposition Crédits : galerie Marian Goodman

On est toujours pris dans une suspension : ces photographies nous placent dans la lévitation d'un "entre". Corinne Rondeau

Une fois au cœur de ces photos on se retrouve seul et on se rend compte de l'impossibilité d'enfermer la nature, l'océan qui dépasse le cadre. Jean-Christophe Brianchon

Ces photographies sont prises entre un passé immémorial et un futur indistinct. Anaël Pigeat

Dada Africa. Sources et influences extra-occidentales, du 18 octobre au 19 février au musée de l’Orangerie

Présentation officielle : Dada, mouvement artistique foisonnant et subversif, naît à Zurich pendant la Guerre de 14-18 et se déploie ensuite à travers plusieurs foyers, Berlin, Paris, New York... Par leurs œuvres nouvelles – poésie sonore, danse, collages, performance –, les artistes dadaïstes rejettent les valeurs traditionnelles de la civilisation, tout en s’appropriant les formes culturelles et artistiques de cultures extra-occidentales, l’Afrique, l’Océanie, l’Amérique.
Le Musée de l’Orangerie propose une exposition sur ces échanges en confrontant œuvres africaines, amérindiennes et asiatiques et celles, dadaïstes, de Hanna Höch, de Jean Arp, de Sophie Taeuber-Arp, de Marcel Janco, de Hugo Ball, de Tristan Tzara, de Raoul Haussmann, de Man Ray, de Picabia….
Ainsi seront évoquées les soirées Dada, avec plusieurs archives, film de danse et documents sonores, musicaux, mais aussi la diversité, l’inventivité et la radicalité des productions Dada – textiles, graphisme, affiches, assemblages, reliefs en bois, poupées et marionnettes – face à la beauté étrange et la rareté d’œuvres extra-occidentales, statue africaine Hemba, masque africain de Makondé, masque Hannya du Japon, proue de pirogue de guerre maori...
Le propos a toute sa place au musée de l’Orangerie, berceau de la collection Jean Walter - Paul Guillaume. Celui-ci, grand marchand d’art africain, a joué un rôle de premier plan dans cette confrontation qui s’opère sur fond d’interrogations sur l’hybride, le genre, la posture coloniale.

En contrepoint de l’exposition seront présentées dans le musée des œuvres de deux artistes contemporains :
- deux photographies de l’artiste Athi-Patra Ruga issues d’une performance et d’une réflexion sur l’identité… A Vigil for Mayibuye (from the Exile series), 1915 et The Future White Woman of Azania, 2012
- un ensemble d’œuvres (tapisseries, photographie et dessins) d’Otobong Nkanga dont deux tapisseries In pursuit of Bling, 2014.

Athi-Patra Ruga réside et travaille à Johannesburg. Explorant les frontières entre la mode, la performance et l'art contemporain, Athi-Patra Ruga expose et subvertit le corps confronté aux structures, aux idéologies et à la politique. Débordant de références multiculturelles éclectiques, d'une sensualité charnelle sous-tendue d'humour, ses performances, vidéos, costumes et images photographiques créent un monde où l'identité culturelle n'est plus déterminée par l'origine géographique, l'ascendance ou l'aliénation biologique, mais bien plus par une construction hybride.
Otobong Nkanga, artiste formée au Nigeria et à Paris, vit et travaille à Anvers. Les dessins, installations, photographies, performances et sculptures d'Otobong Nkanga interrogent de différentes manières la notion de territoire et la valeur accordée aux ressources naturelles. Dans plusieurs de ses travaux Otobong Nkanga réfléchit de manière métonymique les différents usages et valeurs culturelles connectés aux ressources naturelles, explorant ainsi comment sens et fonction sont relatifs au sein de cultures,  et révélant les différents rôles et histoires de ces matières, tout particulièrement dans le contexte de sa propre vie et de ses souvenirs.

Sophie Taeuber-Arp (1889-1943), Motifs abstraits (masques), 1917 Stiftung Arp e.V., Rolandswerth/Berlin
Sophie Taeuber-Arp (1889-1943), Motifs abstraits (masques), 1917 Stiftung Arp e.V., Rolandswerth/Berlin Crédits : Stiftung Arp e.V., Berlin / Rolandswerth. Wolfgang Morell

Le surréalisme a avalé le dadaïsme qui, lui, est pourtant beaucoup plus puissant : c'est un art total, anti-hiérarchique. Corinne Rondeau

Le dadaïsme est un esprit. Il y a eu un avant et un après, et ça, l'exposition le fait bien comprendre. Jean-Christophe Brianchon

Traverser les murs, Marina Abramovic (Fayard)

Présentation de l'éditeur : En 2010, plus de 750 000 personnes se sont pressées au Museum of Modern Art de New York pour avoir la chance d’assister à la performance célébrant les cinquante années de carrière de Marina Abramovic.
Traverser les murs, récit saisissant, épique et d’un humour impitoyable, raconte comment une jeune femme élevée par une mère folcoche, qui a grandi dans la Yougoslavie communiste de Tito, est devenue, en quelques décennies, une icône mondiale de l’art contemporain.
En repoussant les limites du corps humain, la peur, la douleur, la fatigue, dans une quête sans compromis de transformation émotionnelle et spirituelle, Marina Abramovic, qui compte parmi ses admirateurs Lady Gaga et Jay-Z, a révolutionné l’art de la performance, devenant l’une des plus importantes inspiratrices de l’esthétique de la pop culture au XXIème siècle.

Née en ex-Yougoslavie en 1946, Marina Abramovic est une figure majeure de l’art contemporain. Créatrice de performances artistiques mondialement célèbres, elle a exploré le body art jusqu’à en repousser les définitions. Elle vit entre New York et l’Hudson Valley, où elle a créé le Marina Abramovic Institute.

Couverture du livre
Couverture du livre Crédits : Fayard

Il y a peu d'humour et une certaine prétention dans ce qui est dit mais c'est une promenade intéressante dans son œuvre. Anaël Pigeat

Elle est parvenue par instants à mêler la vie et l'art d'une manière très émouvante. Jean-Christophe Brianchon

Ces mémoires n'ont aucun intérêt si ce n'est de savoir qu'elle a eu ses règles à 12 ans : c'est une bêtise mégalomane. Corinne Rondeau

Interludes musicaux

  • Lost Fragance, Carmine Ghersi
  • Naked Nature, Lyonel Bauchet
  • Art Pop, Lady Gaga

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Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Rédacteur en chef de I/O Gazette

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