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Crédits : Raymond Depardon / Magnum Photos, Centre Pompidou, Galerie Marian Goodman

Arts plastiques : "Si on avait voulu tuer Derain une deuxième fois, on n'aurait pas mieux fait"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute pénètre ce soir dans l'atelier de Derain à l'occasion de l'exposition qui lui est dédiée au Centre Pompidou ; dans celui de Raymond Depardon, mis à l'honneur à la Fondation Cartier Bresson et achève ses visites dans celui de Chantal Akerman, exposée à la galerie Marian Goodman.

Crédits : Raymond Depardon / Magnum Photos, Centre Pompidou, Galerie Marian Goodman
Crédits : Raymond Depardon / Magnum Photos, Centre Pompidou, Galerie Marian Goodman

Raymond Depardon : Traverser, à la Fondation Cartier Bresson (du 13 septembre au 17 décembre)

Présentation officielle : Écrivain, photographe et réalisateur, l’homme semble sans limites. Cette exposition s’articule autour de quatre axes : La terre natale en dialogue avec Le voyage puis La douleur en dialogue avec L’enfermement. Avec l’écriture comme fil d’Ariane, cette exposition invite à une traversée de l’œuvre de l’artiste depuis ses premiers pas à la ferme du Garet jusqu’à aujourd’hui.

Chez Depardon, l’écriture et le cinéma offrent deux temporalités très différentes : l’écriture, c’est d’abord l’écoute de soi, oser imposer son propre rythme face à ce qui se présente, les fameuses « absences » du photographe. Le cinéma, c’est d’abord l’écoute de l’autre, le silence du cadreur. Éviter la rhétorique de la compassion qui ne l’a jamais séduit, faire des images un peu banales, calmes, sans éloquence particulière, mais chargées de sentiment, voilà un programme clair qui le conduira alternativement dans l’errance volontaire et/ou dans la production déterminée d’une archive à transmettre.

L’exposition présente une centaine de tirages, textes, film et documents de l’auteur. L’ouvrage, co-publié avec les Éditions Xavier Barral, propose une sélection plus vaste d’images, ainsi qu’un long entretien inédit de l’auteur avec Agnès Sire, commissaire de l’exposition.

Frédéric Bonnet :

L'image est rarement frontale ; celles qui le sont sont moins intéressantes.

Il y a dans son travail une mélancolie attachée aux lieux.

Florian Gaité :

Pour Depardon, la photographie est un art de la distance.

Sandra Adam-Couralet :

C'est une exposition qui permet de comprendre la poésie du photographe.

Métro Avenue du Président-Kennedy, Paris 16e arrondissement, 1997 © Raymond Depardon / Magnum Photos
Métro Avenue du Président-Kennedy, Paris 16e arrondissement, 1997 © Raymond Depardon / Magnum Photos

André Derain : 1904-1914, la décennie radicale, au Centre Pompidou (du 4 octobre au 29 janvier)

Présentation officielle : Le Centre Pompidou porte un nouveau regard sur l’œuvre de cet artiste majeur du XXe siècle, avec pour ambition de retracer les étapes du parcours de l’artiste avant-guerre, moment où le peintre participe aux mouvements d’avant-garde les plus radicaux. Quelques ensembles exceptionnels sont réunis pour l’exposition : la production estivale de 1905 à Collioure, la série des vues de Londres et les très grandes compositions autour des thèmes de la danse et des baigneuses.

L’art d’André Derain n’a pas donné lieu à de grandes monographies depuis la rétrospective que le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris a consacré à son œuvre en 1994, soit depuis plus de vingt ans.

Ce peintre français a joué un rôle moteur et intellectuel dans l’éclosion des deux grandes avant-gardes du début du 20e siècle, le fauvisme et le cubisme. Il engage en solitaire un retour précoce au réalisme, annonçant tous les mouvements figuratifs de réalisme magique, depuis l’Ingrisme de Picasso, la peinture métaphysique de De Chirico ou la Nouvelle Objectivité allemande. L’œuvre d’avant-guerre de Derain, d’une très grande inventivité et audace, est fascinante.

Proche de Maurice de Vlaminck et d’Henri Matisse, puis de Georges Braque et de Pablo Picasso, André Derain se confronte avec force au fauvisme et au cubisme et développe jusqu’à la Première Guerre mondiale une œuvre puissante. Multipliant les expérimentations plastiques, il aborde la peinture, le dessin, la xylographie, la sculpture, la céramique, le cinéma, et pratique jusqu’à la fin de sa vie, en parallèle de sa peinture, la photographie…

La conception de cette exposition s’appuie sur une exploration des archives inédites de Derain – ses photographies, sa collection d’estampes et de reproductions d’œuvres d’art, ses écrits et sa correspondance – et éclaire de manière sensible et inédite une sélection de ses œuvres les plus emblématiques, par des contrepoints visuels forts : les photographies prises par André Derain, ses références artistiques atypiques telles que les gravures d’Epinal, les objets maoris copiés au British Museum en 1906 ou les sculptures africaines de sa collection.

L’exposition présente environ 70 peintures ainsi qu’un ensemble important d’œuvres sur papier – aquarelles, dessins, carnets de croquis, gravures -, des sculptures, une cinquantaine de photographies, des sculptures maories et africaines, des céramiques…

Frédéric Bonnet :

L'exposition se trompe en essayant de faire de Derain un artiste innovant en tout.

Florian Gaité :

L’œuvre de Derain porte en elle l’ambiguïté de la radicalité : à la fois tournée vers l'avenir et vers le passé.

Derain est un artiste troublé par la modernité.

André Derain, Les deux péniches, 1906. Crédits : Centre Pompidou
André Derain, Les deux péniches, 1906. Crédits : Centre Pompidou

Chantal Akerman : Now, à la galerie Marian Goodman (du 14 septembre au 21 octobre)

Présentation officielle : La Galerie Marian Goodman à Paris est heureuse de présenter une exposition consacrée à Chantal Akerman. En présentant deux installations vidéo dont la réalisation est distante de plusieurs années, l’une de jeunesse et l’autre de maturité, cette exposition offre une approche inédite de son œuvre, son univers, ses questionnements et ses engagements. La visite s’ouvre sur une projection en noir et blanc intitulée In the Mirror (1971-2007). Cette œuvre a été créée à partir d’une scène extraite du court-métrage L’enfant aimé ou je joue à être une femme mariée de 1971. Ce deuxième film d’Akerman réalisé après l’explosif Saute ma ville en 1968, met en scène trois personnages féminins, une jeune mère, sa fille et une confidente interprétée par Chantal Akerman elle-même. « C’est un film qui ne m’a jamais satisfaite. J’y appliquais des idées très abstraites sur le refus du montage en tant que manipulation du spectateur, sans tenir compte du fait qu’opter pour la formule du plan-séquence, c’est très joli, mais il faut préparer, chronométrer terriblement ce genre de plan. Moi, j’avais laissé faire cela n’avait rien donné ».

Conçue en 2007, In the Mirror reprend la scène montrant le personnage de la jeune mère interprétée par Claire Wauthion quasi nue devant un miroir qui porte un regard scrutateur sur son propre corps en le commentant à haute voix. Malgré la présence de corps dénudés dans le cinéma d’Akerman, une ambiguïté plane toujours à l’endroit de la sensualité (par exemple aussi dans Je, tu, il, elle (1975) ; Les Rendez-vous d’Anna (1978) ; La Captive (1999) ou La Folie Almayer (2011)). Les corps ont souvent quelque chose d’hiératique, voire de désincarné, alors qu’il s’agit d’un cinéma que le spectateur expérimente physiquement, notamment par la durée.

Sandra Adam-Couralet :

Akerman diffracte le temps, libère le spectateur de l'appréhension de l'image et le rend actif.

Florian Gaité :

Akerman nous invite à pénétrer son intérieur, ces paysages sont ce qu'elle est.

Frédéric Bonnet :

C'est une très bonne idée d'avoir superposé ces deux installations d'une modernité incroyable.

La parole d'Akerman est intime et politique.

Crédits : Galerie Marian Goodman
Crédits : Galerie Marian Goodman

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Programmation musicale

  • The cabin at dusk, de Carmine GHERSI
  • Home in the morning dew, de Jean-François MORIN
  • Building beauty, de Pierre CAILLET
Intervenants
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