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En haut à gauche : Stapelia variegata, Asclepiadaceae 1923 Albert Renger-Patzsch ; en bas :  Klein ; à droite : Julio le Parc

Arts plastiques : "C'est un artiste surfait qui était au bon endroit au bon moment"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la photographie est le plat principal de La Dispute avec deux expositions : l'une est consacrée à Albert Renger-Patzsch, "Les Choses" au Jeu de Paume, "Photographisme" au centre Pompidou et une présentation du travail de Julio le Parc à la galerie Perrotin.

En haut à gauche : Stapelia variegata, Asclepiadaceae 1923 Albert Renger-Patzsch ; en bas :  Klein ; à droite : Julio le Parc
En haut à gauche : Stapelia variegata, Asclepiadaceae 1923 Albert Renger-Patzsch ; en bas : Klein ; à droite : Julio le Parc Crédits : Albert Renger-Patzsch / centre Pompidou / Perrotin

Albert Renger-Patzsch. Les choses, du 17 octobre au 21 janvier 2018 au Jeu de Paume

Présentation officielle : Indépendamment du rôle qu’il joua dans la Nouvelle Objectivité – mouvement artistique apparu en Allemagne au début des années 1920 –, Albert Renger-Patzsch (1897-1966) est aujourd’hui considéré comme l’une des figures les plus importantes et les plus influentes de l’histoire de la photographie du XXe siècle.
L’exposition rend hommage à ce photographe hors norme et permet de redécouvrir la postérité d’une œuvre qui nous invite à réfléchir sur la nature de la photographie et sur son potentiel artistique et spéculatif dans le contexte de l’art et de la culture contemporaine.

D’une simplicité et d’une originalité extrêmes, la photographie de Renger-Patzsch a ceci de particulier qu’elle repose sur un style documentaire privilégiant la sobriété et l’immédiateté du réalisme, qui, pour lui, sont des caractéristiques fondamentales de la représentation photographique. Son œuvre témoigne ainsi d’une approche technique et formelle rigoureuse, dans laquelle l’appareil photo n’intervient que pour intensifier notre vision et notre conscience de la réalité. Chez Renger-Patzsch, ce principe explique la démarche qu’il adopte mais, surtout, il justifie l’identité esthétique et conceptuelle de sa photographie en lui permettant de se distinguer nettement de l’héritage du pictorialisme et de l’expérimentalisme hybride qui caractérise les avant-gardes du début du XXe siècle.

Cette rétrospective dresse un panorama des grands thèmes, moments et genres qui ont marqué la production photographique de Renger-Patzsch ; elle se divise en trois périodes qui ont été fondamentales dans le déroulement de sa carrière : ses débuts, où il photographie des plantes pour les éditeurs Folkwang/Auriga, jusqu’à la profusion thématique et à l’éclectisme qui jouent un rôle décisif dans l’élaboration de son livre Die Welt ist schön (Le monde est beau), paru en 1928 ; la période qui suit son installation à Essen, marquée par une intense créativité dans la région de la Ruhr et qui porte notamment sur des sujets associés à des lieux, des bâtiments et des objets industriels ; enfin, après la Seconde Guerre mondiale, l’intérêt nouveau qu’il se découvre pour la nature et les paysages, et en particulier pour les arbres et les rochers.
Réunissant près de 154 clichés, cette rétrospective est l’une des plus importantes consacrées à Renger-Patzsch à ce jour, et certainement celle qui rassemble le plus d’œuvres provenant de collections institutionnelles ou privées : Collection Ann und Jürgen Wilde / Pinakothek der Moderne München (Munich), Folkwang Museum (Essen), Ludwig Museum (Cologne), Galerie Berinson (Berlin) et Centre Pompidou (Paris).

L'austérité redondante de certaines photographies révèle un regard sobre sur le monde. Anaël Pigeat

Le détachement apparent de Renger n'a rien d'anecdotique : il n'a pas nourri son travail d'une compréhension politique de son époque... Stéphane Corréard

Il est toujours obsédé par la matière et finit par accepter de ne pas maitriser les formes qui lui sont données. Corinne Rondeau

Photographisme. Klein, Ifert, Zamecznik, du 8 novembre au 29 janvier 2018 au centre Pompidou

Présentation officielle : « Ce qui rapproche le design graphique, la scénographie, la photographie et le cinéma, est cet intérêt que nous portons à toute création liée au développement de la technologie et à celui d’un langage artistique contemporain » écrivait en 1961 Wojciech Zamecznik.

Le dialogue entre photographie et arts graphiques, amorcé au début du 20e siècle, est particulièrement fécond pendant les deux décennies qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945-1969). L’exposition présente sur ce thème une centaine de photographies et de documents inédits, issus de la collection du Centre Pompidou et de collections privées et publiques internationales. Souvent méconnues, ces œuvres éclairent un pan important de l’histoire des relations entre photographie et arts graphiques dans les années d’après-guerre. Si plusieurs graphistes s’essaient alors à la pratique du photomontage, d’autres affectionnent plutôt l’abstraction formelle permise par la photographie. Leurs photogrammes et dessins lumineux, obtenus grâce à d’innovantes expérimentations, sont appliqués à la publicité, à des affiches d’événements culturels, à des couvertures d’ouvrages ou de pochettes de disques. Les acteurs de cette nouvelle sensibilité plastique, actifs aux États-Unis et en Europe, sont pour beaucoup d’entre eux formés ou inspirés par les préceptes du Bauhaus allemand. Cette école, fondatrice de l’alliance entre beaux-arts et arts appliqués, avait pensé le créateur comme un agent social au service de l’expression dynamique du contemporain. Les ouvrages des personnalités associées à cette avant-garde s’imposent comme des sources d’influence fondamentales pour ces graphistes-photographes d’après-guerre : Laszlo Moholy-Nagy (Peinture, Photographie, Film, 1925, Vision in Motion, 1947) ou György Kepes (Language of Vision, 1944, The New Landscape in Art and Science, 1956).

Dans cette lignée, des innovateurs aussi divers que Gérard Ifert (Bâle, 1929), William Klein (New York, 1928) ou Wojciech Zamecznik (Varsovie, 1923-1967) inventent, dans les années 1950 et 1960, de nouvelles formes d’expressions « photo-graphiques ». Ces trois personnalités, actives dans des domaines d’application distincts, opèrent néanmoins dans des contextes culturels assez proches, marqués non seulement par l’héritage du Bauhaus, mais également par celui de l’art concret et par les développements contemporains de l’abstraction gestuelle ou du cinétisme. Au moyen de captations photographiques des vibrations lumineuses, d’effets rythmés de montage et de jeux de couleurs, toutes trois s’attachent à retranscrire les sensations dynamiques caractéristiques de l’environnement industriel, telles la vitesse, l’expérience de la foule ou l’ultra-mobilité.

L'entrée est libre.

Affiche de l'exposition "Photographisme"
Affiche de l'exposition "Photographisme" Crédits : Centre Pompidou, MNAM-CCI/Georges Meguerditchian/Dist. RMN-GP

L'exposition n'est pas assez claire sur ce qui lie les trois artistes mis en avant. Anaël Pigeat

Ces trois artistes sont des artistes décloisonnés. Corinne Rondeau

Bifurcations, Julio le Parc, du 14 octobre au 23 décembre à la galerie Perrotin

Présentation officielle : Après l’importante rétrospective consacrée à Julio Le Parc au Perez Museum de Miami et son solo show simultané à la galerie Perrotin de New York l’année dernière, l’artiste de 89 ans revient à Paris avec un ensemble d’œuvres récentes et historiques. Sur les deux étages de la galerie sont déployés des installations et mobiles inédits, ainsi que de nouvelles peintures. Exposées pour la première fois, ces œuvres dialoguent avec une présentation de peintures, sculptures et installations des années 60 à 90. Enfin, une œuvre en réalité virtuelle, réalisée avec son fils Juan Le Parc, offre aux visiteurs une immersion inédite dans l’œuvre de l’artiste. À l’occasion de l’exposition, la galerie Perrotin publie un ouvrage monographique comprenant un texte de Hans-Ulrich Obrist et un entretien entre l’artiste et Jérôme Sans.

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C'est un artiste surfait qui était au bon endroit au bon moment. Stéphane Corréard

C'est l'oeuvre de quelqu'un qui veut exfolier l’œil, créer des effets sur notre perception. Ce travail n'a pas de sens politique mais un sens historique. Corinne Rondeau

Interludes musicaux

  • Eternity,  Alexandre Martin/David Boustier
  • Eric Jones, Bernard Marzullo
  • On a summer’s morn, Jean-François  Morin

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Intervenants
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art

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