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en haut : Alex Majoli, Grèce, Athènes, 2016, Scene 0462 (© Alex Majoli, Magnum Photos). en bas : Exposition "Amalgam" (© Vue d’installation au studio. Courtesy Theaster Gates. Photo Chris Strong)

Arts plastiques : Alex Majoli, "c'est de la photo en noir et noir"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de la Dispute : "Amalgam" de Theaster Gates dans le cadre de la saison "Sensible" du Palais de Tokyo, les photographies d'Alex Majoli au BAL et l'exposition consacrée à Paul Sérusier qui rejoint le Musée d'Orsay après celui de Pont-Aven. Le coup de cœur va à la Biennale de Kochi.

en haut : Alex Majoli, Grèce, Athènes, 2016, Scene 0462 (© Alex Majoli, Magnum Photos). en bas : Exposition "Amalgam" (© Vue d’installation au studio. Courtesy Theaster Gates. Photo Chris Strong)
en haut : Alex Majoli, Grèce, Athènes, 2016, Scene 0462 (© Alex Majoli, Magnum Photos). en bas : Exposition "Amalgam" (© Vue d’installation au studio. Courtesy Theaster Gates. Photo Chris Strong)

L'exposition « Amalgam » de Theaster Gates, jusqu’au 12 mai au Palais de Tokyo, dans le cadre de la saison « Sensible »

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Commissariat : Katell Jaffrès

Présentation officielle : Couvrant la sculpture, la peinture, la céramique, la vidéo, la performance et la musique, la pratique de Theaster Gates s'inspire et accompagne à la fois des projets ambitieux de rénovation urbaine par la création de centres et d'archives de la culture noire. En une seule décennie, il a mis au point de nouveaux modèles fascinants de construction du patrimoine, de transformation sociale et de création artistique.

Pour sa première exposition personnelle dans un musée en France, Theaster Gates a lancé un projet entièrement nouveau qui explore les histoires sociales des migrations et des relations interraciales en utilisant un épisode précis de l'histoire américaine pour aborder les questions plus vastes de l'asservissement des Noirs ainsi que de la domination sexuelle impériale et du mélange racial qui en a résulté. (...)

L'avis des critiques :

On est progressivement pris par des sons assez magiques de diverses origines, pour arriver à un film que j'ai trouvé absolument merveilleux. Cette exposition s'appelle "Amalgam" en référence au travail de l'artiste qui amalgame des matériaux, pour donner un côté poétique à un sujet important : l'histoire de la ségrégation.  C'est une exposition poétique à laquelle il ne faut pas donner d'explications. Fabrice Bousteau

Le monde de l'art me paraît être le seul espace pouvant accueillir ce type de pensée. Je retiens la vidéo avec un art du montage, des séquences dansées dans la forêt, des images d'archives. J'invite nos auditeurs à prendre le temps de la regarder en entier. Il y a quelque chose de très beau, de très tendre dans l'idée qu'un monde comme celui-là puisse être possible. Mais cet artiste me paraît difficile d'accès. Arnaud Laporte

C'est engagement dans les causes qu'il embrasse est assez rare et remarquable pour être souligné. C'est un artiste assez peu connu du grand public. J'avais un certain nombre de réserves à l'égard de ces objets. En entrant on se heurte à un mur d'ardoise, sorte de monolithe très mystérieux. Si on se laisse porter par les suggestions de Theaster Gates, cet espace nous permet de découvrir un paysage assez subtilement évoqué. Anaël Pigeat

J'ai été assez déçu par cette exposition. Même si c'est une véritable personnalité, j'ai trouvé cette exposition pleine de poncifs et assez datée. J'ai toujours été assez sensible à son travail qui mêle les questions sociales, raciales et architecturales. C'est assez sensible et assez visuellement prégnant. Or, l'intérêt de son travail est la subtilité que je n'ai pas retrouvée ici. Il remet au même niveau des choses qui ne devraient pas l'être. Frédéric Bonnet

"Alex Majoli", jusqu'au 28 avril au BAL

Alex Majoli, Chine, Shenzhen, 2017, Scene #1350 (© Alex Majoli / Magnum Photos)
Alex Majoli, Chine, Shenzhen, 2017, Scene #1350 (© Alex Majoli / Magnum Photos)

Commissariat : David Campany et Diane Dufour

Présentation officielle : Des manifestations politiques, des urgences humanitaires ou des moments paisibles de la vie quotidienne. Bien qu’hétéroclites, ces images semblent avoir en commun le même type de lumière ainsi qu’un certain sens de la théâtralité. Le sentiment que nous sommes tous acteurs, aux prises avec les différents rôles que l’histoire et les circonstances exigent de nous. 

Les photographies de Majoli sont le résultat d’une action performée. En s’invitant dans une situation, son assistant et lui installent un appareil photographique et des lumières. Cette action est une sorte de spectacle en soi, auquel assistent ceux qui seront photographiés. Majoli se met au travail sans donner aucune consigne, ni échanger aucune parole avec ces individus qui se trouvent être en train de vivre un moment devant son objectif. La prise de vue peut durer vingt minutes, une heure, ou plus encore. Parfois, les sujets modifient leur comportement en anticipant l’image à venir et changent délibérément de posture. Il arrive souvent qu’ils soient trop occupés par l’intensité de ce qu’ils vivent pour y prêter attention. Dans les deux cas, la représentation du spectacle et le spectacle de la représentation finissent par ne faire qu’un. (...)

Alex Majoli, Grèce, Lesbos, 2015, Scene #0302 (© Alex Majoli / Magnum Photos)
Alex Majoli, Grèce, Lesbos, 2015, Scene #0302 (© Alex Majoli / Magnum Photos)

L'avis des critiques :

C'est une exposition très étrange par son atmosphère et ce qu'elle met en jeu du réel. C'est un beau travail, mais dont on ne ressort pas sans se poser des questions. Il utilise un flash très puissant, ce qui a tendance à déréaliser totalement l'image et rend le terrain complètement glissant. Ce qui m'intéresse, c'est cette ambiguïté. Ce n'est pas de la mise en scène, mais ça y ressemble. Le regard est mis à distance. Frédéric Bonnet

C'est de la photo en noir et noir. Le principe, c'est que c'est artiste qui est un colosse, arrive avec deux énormes flashs. Il indique ne pas transformer la réalité, or, du fait de la présence du flash les gens peuvent se mettre en scène eux-mêmes. Ici, l'accrochage est organisé de façon géographique. Il y a une accumulation d'images n'ayant absolument rien à voir. Que veut dire l'artiste en tant que reporter de guerre ? Fabrice Bousteau

C'est effectivement une exposition très nourrissante. On voit une série extrêmement élégante d'images qui ont toutes le même format. On ne peut pas les voir de loin, il veut s'en approcher comme d'un tableau. C'est un portrait saisissant du monde contemporain. Il attrape une réalité humaine très simple, qui est extrêmement touchante. Il apporte une réflexion sur ce qu'est la photographie en brouillant la frontière avec le document. Anaël Pigeat

"Paul Sérusier. Le Talisman, une prophétie de la couleur", jusqu'au 2 juin au Musée d'Orsay

Commissariat : Estelle Guille, Claire Bernardi, avec la collaboration d'Estelle Bégué,

Présentation visuelle : Paul Sérusier séjourne durant l'été 1888 à Pont-Aven. Il y côtoie Paul Gauguin, dont il suit les conseils. De retour à Paris, il montre à ses jeunes collègues, les futurs "nabis" ("prophètes" en Hébreu), ce qui va devenir leur "Talisman".

L'observation du tableau permet de retrouver certains éléments du paysage représenté : le bois, en haut à gauche, le chemin transversal, la rangée de hêtres au bord de la rivière, et le moulin, au fond sur la droite. Chacun de ces éléments est une tache de couleur. Selon Maurice Denis, Gauguin avait tenu à Sérusier les propos suivants : "Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre, plutôt bleue, peignez-la avec de l'outremer pur ; ces feuilles rouges ? mettez du vermillon". (...)

L'avis des critiques :

Je suis enthousiaste quant à la qualité des œuvres. Cette exposition qui met le doigt sur un moment clé de l'histoire de l'art, l'apparition des Nabi, mais surtout les débuts d'une marche vers l'abstraction. Ce tableau pose certains principes. Le personnage clé de cette histoire, c'est Maurice Denis. On a des tableaux prodigieux. Frédéric Bonnet

Cette exposition est un vrai bijou qui montre le savoir-faire des conservateurs français. Elle s'inscrit dans les collections permanentes et présente près de 50% d'œuvres qu'on ne pourra plus voir, puisqu'elles appartiennent à des particuliers. C'est absolument pédagogique. L'acteur principal de cette exposition est Paul Gauguin, qui transforme la vie, l'œuvre de Sérusier, mais pas seulement. Fabrice Bousteau 

C'est une exposition très serrée et très peu confortable, ce qui nuit à la clarté de son propos. L'exposition est tout à fait intéressante et l'objet tout à fait amusant. Il s'agit de partir du "Talisman" de Paul Sérusier et de redécouvrir cette œuvre qui est à l'origine du mouvement "nabi". Une fois qu'on a exprimé ces réserves, il faut se laisser porter par le plaisir qu'on peut avoir à redécouvrir ces tableaux, ces couleurs extrêmement surprenantes. Anaël Pigeat

>> LE COUP DE CŒUR DE FABRICE BOUSTEAU : « Kochi-Muziris Biennale », jusqu’au 29 mars à Kochi en Inde

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Kochi était un port mythique sur la route de la soie. Cette biennale est fabuleuse parce qu'elle  met en avant la scène indienne très riche. Une centaine d'artistes sont présentés. Le fait que ce soit une biennale dirigée par un artiste lui permet de sortir totalement du marché de l'art. C'est d'une richesse considérable, avec une grande liberté. C'est une biennale libre, chatoyante, joyeuse et ouverte à tous. Fabrice Bousteau

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Extraits sonores :

  • Black Monks of Mississipi, live à l'Indianapolis Museum of Art (2011 - RCA Victor)
  • Tortoise, "Ten-day interval" (Thrill Jockey)
  • Gabriel Fauré, "Berceuse pour violon et piano en Ré Maj op 16" (La Voix De Son Maître)
Intervenants
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
  • Journaliste au Journal des Arts
  • Directeur de Beaux-Arts magazine
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