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"Sun & Sea (Marina)" © Image Courtesy of the Lithuanian Pavilion; Installation de Laure Prouvost à la Biennale de Venise 2019 ©: Simone Padovani/Awakening / Contributeur - Getty

Biennale de Venise 2019 : un pavillon français "enthousiasmant" ou "consternant" ?

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute arts plastiques : une émission spéciale consacrée à la Biennale de Venise. Au programme: le pavillon français avec Laure Prouvost, le lauréat lituanien, et l'exposition internationale. Enfin, les coups de coeur et les coups de griffes des critiques.

"Sun & Sea (Marina)" © Image Courtesy of the Lithuanian Pavilion; Installation de Laure Prouvost à la Biennale de Venise 2019 ©: Simone Padovani/Awakening / Contributeur - Getty
"Sun & Sea (Marina)" © Image Courtesy of the Lithuanian Pavilion; Installation de Laure Prouvost à la Biennale de Venise 2019 ©: Simone Padovani/Awakening / Contributeur - Getty

Le pavillon français 

© Laure Prouvost
© Laure Prouvost

La réussite de ce pavillon est sa multidimensionnalité. Il y a à la fois ce côté très enjoué, cette très grande vitalité, et même temps une dimension politique assez engagée. Elle arrive à faire passer des messages sans jamais être péremptoire mais toujours en gardant une certaine fraîcheur et une légèreté. Anaël Pigeat

Je me suis laissée embarquer par le film. Je reste sur l'impression de joie et d’enthousiasme que j’ai eu mais je suis me suis dit en sortant qu’il y avait toutes les préoccupations contemporaines qu’il fallait. Sally Bonn 

C’est un portrait poétique d’une France d’outsider mais qui ne traite pas de questions politiques et sociales contemporaines C’est de la pure poésie. Fabrice Bousteau 

Le pavillon m'a exaspéré. Je le trouve consternant d'inconséquence, de banalité, de prévisibilité. Il coche les cases de toutes les choses politiques dont il faut parler. Mais cela ne dit rien. formellement c'est extrêmement pauvre. Arnaud Laporte 

Le pavillon lituanien

© Andrea Avezzu
© Andrea Avezzu

J’ai vu le pavillon déserté. Cela a été un vrai choc. Il y avait à la fois beaucoup de mélancolie et de colère malgré l’absence des participants. La bande musicale est extrêmement élaborée. Arnaud Laporte 

Cette performance est intéressante car il arrive souvent, aujourd’hui, que dans des expositions de ce type, des artistes choisissent des formats alternatifs, des réponses à l’hyperconsommation de la production des oeuvres d’art, des formes plus légères, intangibles et peut-être plus poétiques. Le paradoxe est que cet usage de la performance, bien que plus léger matériellement, est en fait extrêmement cher. Anaël Pigeat

Le pavillon est un enchantement mais je suis scandalisé qu’il ne fonctionne pas toute la durée de la biennale. Fabrice Bousteau 

Les pavillons aimés ou détestés par les critiques 

« Venise in Oil » de Banksy ©  Mara Guglielmi / AFP; Pavillon du Ghana, 58e Biennale de Venise, œuvre d’El-Anatsui. ©  David Levene
« Venise in Oil » de Banksy © Mara Guglielmi / AFP; Pavillon du Ghana, 58e Biennale de Venise, œuvre d’El-Anatsui. © David Levene

J'ai détesté le pavillon égyptien, très kitsch. Mais le meilleur était selon moi celui du Luxembourg. De manière poétique et politique, il pose la question de l’eau en Méditerranée, comme Histoire au sens d'une civilisation mais aussi des histoires qui transporte des récits. Sally Bonn 

Le meilleur pavillon est un pavillon clandestin, celui réalisé par Banksy qui dénonce la pollution écologique. (...) J'ai été très agacé par le pavillon israélien, ridicule et inconséquent. Fabrice Bousteau 

Le meilleur pavillon selon moi est le Ghana. Il traduit la dimension géopolitique de la biennale et montre l’état d’une scène et d‘un pays d’un point de vue économique, philosophique, et naturel. On y voit une sorte de nouveau dynamisme avec une scénographie séduisante et extrêmement maitrisée. (...) Je n'ai pas aimé en revanche le pavillon russe. Les mélanges contemporains et anciens sont ratés. C'est un degré de kitsch qui dépasse l'entendement. Anaël Pigeat

L'exposition internationale 

© Biennale de Venise
© Biennale de Venise

Cette absence de thématique favorise l’impression d’éclatement que provoque l’ensemble de la biennale tout en donnant une sorte d’aperçu des préoccupations des artistes contemporains dans le monde. Sally Bonn 

Cette biennale coche de façon un peu attendue toutes les cases des préoccupations contemporaines : la violence envers les femmes, l’écologie, la guerre... Par ailleurs, on fait peu de découvertes. L'idée des oeuvres en miroir souligne plutôt la difficulté pour un artiste de produire deux propositions très fortes parallèlement et au même moment. Anaël Pigeat

L’exposition n’est pas du tout réfléchie. Le commissaire a pris une playlist des différents artistes à la mode dans chaque pays, mais ils ne correspondent pas à l’état du monde aujourd’hui. Fabrice Bousteau 

Les coups de coeur des critiques 

«Ocean II Ocean», de Cyprien Gaillard. Photo Italo Rondinella. Courtesy Biennale de Venise; Angelica Mesiti, « Assembly », 2019 (production still), Courtesy Biennale de Venise
«Ocean II Ocean», de Cyprien Gaillard. Photo Italo Rondinella. Courtesy Biennale de Venise; Angelica Mesiti, « Assembly », 2019 (production still), Courtesy Biennale de Venise

J’ai deux coups de coeur. Le premier va au film du pavillon canadien qui est à la fois tragique, extrêmement drôle, et absolument surprenant. Le second est pour le pavillon brésilien. C’est un film vivant, très joyeux.  Sally Bonn 

J'ai eu un coup de coeur pour l’hologramme extraordinaire de Cyprien Gaillard. C'est une oeuvre fascinante. Fabrice Bousteau 

J'ai beaucoup aimé le travail d'Angelica Mesita au pavillon australien. Cela fait un bien fou de voir une installation aussi belle et bien conçue où le spectateur a vraiment la place d’exister. Arnaud Laporte

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Auteure, critique et Maître de conférence en esthétique à l'Université d'Amiens
  • Directeur de Beaux-Arts magazine
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture

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