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Arts Plastiques: Camille Henrot et Orozco

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, La Dispute portera sur l'actualité des arts plastiques avec les critiques suivants:

-Jean-Max Colard (Les Inrockuptibles) -Léa Bismuth (Art Press; L'œil; Le Journal des arts)-Corinne Rondeau (France Culture) sur les expositions suivantes:

-Camille Henrot à la Galerie Kamel Mennour du 6 septembre au 6 octobre.

Est-il possible d'être révolutionnaire et d'aimer les fleurs ? (L'entretien infini)
Est-il possible d'être révolutionnaire et d'aimer les fleurs ? (L'entretien infini) Crédits : Alexandra Serrano

Corinne Rondeau : L’art de Camille Henrot se propose en offrande. Il y a une rigueur d’agencement avec des bouquets éclatés dans l’espace. Ils sont à la fois éclatants et discrets. Cependant, il y a une trop grande littéralité de la composition, de la phrase à la fleur. La fiction est réduite à cette composition par un jeu raffiné, sophistiqué. Elles sont agencées avec une grande cohérence. Cette exposition s’offre comme une consolation, mais l'art doit-il consoler ?

Léa Bismuth : J’ai l’impression que Camille Henrot met en lumière le lien très intime que nous pouvons avoir avec un livre. Il y a plusieurs principes de "mise en forme" des livres en "Ikebana" : l'illustration ; mais aussi des subtilités qui évoquent l'érotisme japonais ; enfin des merveilles poétiques dans le choix des noms de plantes. La légèreté n’est qu’une apparence. La fleur, c’est l'offrande des amoureux, mais c'est aussi une forme de dépense bataillienne.

Arnaud Laporte : Camille Henrot tout comme ses créations ne sont que des occupants très éphémères de l'espace d'exposition, et l'on déambule dans cet environnement, construit en trois temps assez distincts avec, selon les salles, amusement, perplexité ou ravissement.Ce qui m’intéresse dans cette exposition, c’est sa très grande complexité en même temps que son approche extrêmement simple.

  • Orozco , à la Galerie Chantal Crousel du 7 septembre au 8 octobre.

  • Orozco, à la Galerie Marian Goodman du 8 septembre au 20 octobre.

Jump Over, 1996
Jump Over, 1996 Crédits : Galerie Chantal Crousel

Corinne Rondeau : Chez Chantal Crousel, il y n'a que légèreté, fluidité, élégance. Que ce soit chez Crousel ou Goodman, l’action chez Orozco est d’une grande subtilité et simplicité. La main d’Orozco est toujours présente, elle ne compose pas elle construit. La culture et la nature s’entremêlent en gestes simples. Les défauts que l’on peut trouver chez Goodman ne sont que d'apparence et sont une belle réponse à la grâce présente chez Crousel.

Léa Bismuth : Ces deux expositions sont complémentaires, elles se répondent en soulevant les différentes facettes de l'œuvre d'Orozco. Il y a un côté organique chez Crousel et plus radical et minimal chez Marian Goudman. Chez Chantal Crousel, il y a quelque chose de très littéral : des analogies d'une grande facilité dans les diptyques photographiques. A l'opposé, j'ai trouvé que la vidéo chez Marian Goodman était une sorte d'autoportrait dans lequel l'artiste mettait en scène toutes ses obsessions : le rapport à la nature, à la circularité, à la force répétitive du geste.

Shade between rings of air, 2003
Shade between rings of air, 2003

Les coups de coeur :

Corinne Rondeau :

-Rétrospective Véra Molnar, Musée des Beaux arts de Rouen du 15 juin au 30 septembre 2012.

Cette exposition est un vrai bonheur car on parle enfin de Vera Molnar. Son art expérimental et avant-gardiste nous est offert. Il y a une véritable recherche rigoureuse ajoutée à de l’intuition.

Elle a découvert la beauté plastique en ajoutant 1% de désordre dans l’ordre.

Léa Bismuth :

-Vincent Lamouroux, exposition néguentropie du 4 juillet au 19 nov, Abbaye de Maubuisson, Saint Ouen l'Aumône.

Escargot Simulation, 2012
Escargot Simulation, 2012 Crédits : Vincent Lamouroux

Dans cette ancienne abbaye cistercienne, Vincent Lamouroux exprime pleinement sa vision d'une "sculpture élargie" : j'ai beaucoup aimé être surprise par la Salle des Religieuses, dans laquelle surgissent des dunes de sable qui envahissent cet espace méditatif. La sculpture est en mouvement permanent, elle se transforme au passage des visiteurs qui laissent leurs empreintes dans le sable. On peut comprendre de cette manière le titre "Néguentropie" : c'est une entropie négative, c'est-à-dire une création absolue, un saut qualitatif irréversible. On pense au Land Art bien sûr, dans le fait d'utiliser un matériau naturel brut comme le sable, mais aussi dans la référence à la "Spiral Jetty" de Robert Smithson, à l'œuvre dans la gigantesque sculpture d'un escargot en carton.

Bien sûr la revue de presse Arts Plastiques d'Antoine Guillot: Puce, Cheveu et rivière baladeuse

Et le coup de fil de Seham Boutata avec l'architecte Marc Barani , comissaire de l'exposition Patrimoine: Héritage et Hérésie à Bordeaux dans le cadre de la Biennale Architecture, Urbanisme et Design.

Pastille introductive: Niki De Saint Phalle.

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