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à gauche en haut : Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Souper à Emmaüs" (© Pinacoteca di Brera), en bas "Tutto Ponti, Gio Ponti Archi-Designer" (© Luc Boegly). à droite : "MONUMENTAL MINIMAL", Donald Judd (© Judd Foundation ADAGP Paris 2018)

Arts plastiques : Caravage à Rome, "cela nous parle toujours autant"

55 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, l'émission arts plastiques se consacre à "Caravage à Rome, amis & ennemis" au Musée Jacquemart-André, "Tutto Ponti, Gio Ponti Archi-Designer" au MAD et à "Monumental Minimal" à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin. Stéphane Corréard évoque son coup de coeur à la galerie Yvon Lambert.

à gauche en haut : Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Souper à Emmaüs" (© Pinacoteca di Brera), en bas "Tutto Ponti, Gio Ponti Archi-Designer" (© Luc Boegly). à droite : "MONUMENTAL MINIMAL", Donald Judd (© Judd Foundation ADAGP Paris 2018)
à gauche en haut : Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Souper à Emmaüs" (© Pinacoteca di Brera), en bas "Tutto Ponti, Gio Ponti Archi-Designer" (© Luc Boegly). à droite : "MONUMENTAL MINIMAL", Donald Judd (© Judd Foundation ADAGP Paris 2018)

"Caravage à Rome, amis & ennemis", jusqu'au 28 février au Musée Jacquemart-André

Commissariat : Francesca Cappelletti et Pierre Curie

Présentation officielle : Venez découvrir une exposition consacrée à Caravage (1571 – 1610), figure emblématique de la peinture italienne du XVIIe siècle. Pour cet événement unique,10 chefs-d'oeuvre de Caravage, dont 7 jamais présentés en France, seront réunis pour la première fois dans une exposition et dialogueront avec des oeuvres d'illustres contemporains comme le Cavalier d'Arpin, Orazio Gentileschi ou Giovanni Baglione.

Une exposition événement

Provenant des plus grands musées italiens, comme le Palazzo Barberini, la Galleria Borghese et les Musei Capitolini à Rome, la Pinacoteca di Brera de Milan, les Musei di Strada Nuova à Gênes ou le Museo Civico Ala Ponzone de Crémone, ces toiles extraordinaires permettront de retracer la carrière romaine de Caravage (1592 – 1606) jusqu’à l’exil. Elles dialogueront avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Ribera, afin de dévoiler toute l’étendue du génie novateur de Caravage et de rendre compte de l’effervescence artistique qui régnait alors dans la Cité éternelle. (...)

Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Souper à Emmaüs" (© Pinacoteca di Brer)
Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Souper à Emmaüs" (© Pinacoteca di Brer)

L'avis des critiques :

Le prétexte de l’exposition est la vie tumultueuse de Caravage. La plupart de ses tableaux ne sont pas là, mais il faut dire que la plupart ne peuvent être déplacés. C’est plutôt un écrin, puisque l’exposition permet finalement de répondre à une question simple, mais essentielle : qu’est-ce qui distingue un génie d’un bon peintre ? Je retiens le naturel confondant de Caravage. Stéphane Corréard

Force est de constater qu’au fil des salles, Caravage surpasse ses contemporains. Ils se sont tous inspirés de la technique du clair-obscur. Je trouve l’exposition un peu paradoxale. Elle veut sortir du récit canonique sur le Caravage et en même temps, reconduit l’idée du génie. Ce sont moins les sujets religieux en tant que tels que la peinture qui nous touche, ce qui fait que cela nous parle toujours autant. Sarah Ihler-Meyer

Je trouve extrêmement dramatique sa façon de peindre et de mettre en scène. Il y a un certain dénuement, plutôt que la grande pompe de la peinture italienne. Il resserre tout sur l’action, avec une expressivité presque théâtrale. Ce qui m’a vraiment sauté aux yeux sur le traitement des sujets, c’est cette façon d’osciller entre l’indolence des corps et quelques chose de beaucoup plus tenu. Florian Gaité

"Tutto Ponti, Gio Ponti Archi-Designer", jusqu'au 5 mai au MAD (Musée des Arts Décoratifs)

Commissariat général : Olivier Gabet

Présentation officielle : Considéré comme l’un des architectes et designers les plus influents du XXe siècle, Gio Ponti (1891-1979) est mis à l’honneur au Musée des Arts Décoratifs pour une première rétrospective en France. Créateur prolifique, autant intéressé par la production industrielle que par l’artisanat, il a bouleversé l’architecture d’après-guerre tout en ouvrant les perspectives d’un nouvel art de vivre.

Présentée dans la nef du musée, l’exposition Tutto Ponti, Gio Ponti archi-designer couvre l’ensemble de sa longue carrière, de 1921 à 1978, mettant en lumière les nombreux aspects de son travail, de l’architecture au design industriel, du mobilier au luminaire, de la création de revues à son incursion dans les domaines du verre, de la céramique et de l’orfèvrerie. Plus de 500 pièces, dont certaines ne sont jamais sorties de leur lieu d’origine, retracent ce parcours pluridisciplinaire mêlant architecture, mobilier, aménagements pour des demeures privées ou des bâtiments publics (universités, cathédrales). La scénographie de l’exposition a été confiée à l’agence Wilmotte & Associés avec la collaboration du graphiste Italo Lupi. Si Gio Ponti est aujourd’hui admiré par un public éclairé d’amateurs de design et très convoité par les collectionneurs, son œuvre reste peu connue en France. Cette exposition est donc l’occasion de faire découvrir au grand public l’univers créatif de ce personnage mythique de la scène italienne, dont la générosité et l’enthousiasme ont stimulé ses contemporains et inspirent toujours les nouvelles générations de designers et d’architectes. (...)

L'avis des critiques :

Je connaissais de lui, la Tour Pirelli. On passe par une première salle qui nous présente toutes ses collaborations. On voit cette hésitation entre l’opulence italienne et l’épure d’objets en métal argenté. Ses plans ont quelque chose d’un peu moins sévère que les plans d’architecte qu’on peut voir d’habitude. Il y a une théâtralisation très forte, ses architectures deviennent des scènes ouvertes sur l’extérieur. Florian Gaité

Cette exposition est très bien organisée en trois parties distinctes : objets, meubles, architecture. On peut voir l’évolution de son style, d’un vocabulaire plutôt art déco, néoclassiques dans les années 20, aux années 60-70 où son style s’enrichit de magie et d’imagination. Les deux principes fondamentaux de son travail sont la légèreté et la transparence. Il a voulu créer des sortes de machines à rêver. Sarah Ihler-Meyer

"Monumental Minimal, Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Mangold et Robert Morris", jusqu'au 23 mars à la Galerie Thaddaeus Ropac de Pantin

Carl Andre, "BAR", 1981, Douglas Fir, 36 unit row, CAA 1006. (© Carl Andre / ADAGP, Paris, 2018. Ph. Charles Duprat) Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg
Carl Andre, "BAR", 1981, Douglas Fir, 36 unit row, CAA 1006. (© Carl Andre / ADAGP, Paris, 2018. Ph. Charles Duprat) Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg

Présentation officielle : La Galerie Thaddaeus Ropac présente dans son espace de Pantin une exposition consacrée à l’art minimal américain. A travers plus de 20 œuvres majeures de Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Mangold et Robert Morris, Monumental Minimal donne à voir l’étendue des enjeux esthétiques portés par les principaux acteurs de cette révolution artistique.

Né à New York dans les années 1960 en réaction à l'expressionnisme abstrait, l’art minimal se distingue par une radicalité formelle qui bouleverse les modes traditionnels de présentation de la sculpture. La sérialité, le privilège accordé au concept ainsi que l’emploi de matériaux industriels constituent le socle commun à partir duquel se déploie un ensemble de pratiques individuelles.

Les œuvres présentées ont pour particularité d’entretenir une relation architectonique avec l’espace dans lequel elles sont montrées. Qu’elles soient placées au mur, dans un angle, ou directement sur le sol, les sculptures sont agencées de façon à dialoguer entre elles et à interagir avec l’architecture de la galerie. Les volumes offerts par l’ancien bâtiment industriel, ainsi que l’éclairage zénithal contribuent à mettre en valeur les structures primaires que constituent la forme, la couleur et la matière des œuvres. L’un des principaux enjeux de l’art minimal consiste à requalifier la relation du spectateur à l’œuvre d’art à travers le dispositif d’exposition. Le public peut désormais interagir avec une pièce à son propre niveau, en fonction de ses déplacements dans l’espace. Le statut même de l’œuvre s’en trouve changé, à l’image des Stacks de Donald Judd, ces combinaisons de plusieurs éléments identiques accrochés au mur que l’artiste ne considère ni comme des peintures ni comme des sculptures mais davantage comme des « objets spécifiques », selon le concept défini dans son manifeste de 1965. (...)

L'avis des critiques :

Ce que l’exposition a de monumental, ce sont déjà les lieux dans lesquels elle est présentée. Ce sont des œuvres radicales, du moins dans les années 60-70. Elles marquent une rupture avec les canons de la sculpture classique moderniste. Ce qu’il y a de proprement révolutionnaire dans ce travail, c’est que les œuvres minimalistes vont inclure dans leur expérience, l’espace dans lequel elles sont montrées. Sarah Ihler-Meyer

Bienvenue au pays de l’objet rutilant et fluorescent. On a des artistes ultra connus, épris de pureté et de gigantisme. L’exposition est assez tautologique, même si toutes les œuvres ne sont pas si monumentales. On a déjà vu ces œuvres mille fois. Nos yeux glissent sur des œuvres qui n’arrivent pas à  retenir notre attention. Stéphane Corréard

Le monumental, ce n’est pas forcément le gigantisme, mais peut-être le monument. On a l’impression d’un grand mausolée. C’est une expérience avec un caractère méditatif. Je ne suis pas sûr qu’il y ait vraiment un appel vers l’après génération. Cela reste ancré dans son temps en ayant du mal à en sortir. J’ai été beaucoup plus sensible à l’expérience du spectateur quand on ne réunit que ces pièces-là. Florian Gaité

>> LE COUP DE CŒUR DE STÉPHANE CORREARD : "Manifesto pour les Filles du Calvaire" de Nathalie du Pasquier, jusqu’au 3 février à la galerie Yvon Lambert

Présentation officielle : Yvon Lambert et Ève Lambert sont heureux d’annoncer l’exposition « Manifesto pour les Filles du Calvaire » de Nathalie du Pasquier. Pour cette exposition l'artiste a conçu spécialement 10 affiches en éditions limitées.

C’est une exposition de dix affiches inédites de Nathalie Pasquier, à 100 euros pièce. Comme dans toute bonne affiche, les images et les mots se mêlent. Ces derniers sont souvent drolatiques, mélangeant le français, l’italien et l’anglais. Le vivant se fraye une place, à travers une antilope, une main d’auto-stoppeur. Des correspondances se dégagent des volumes. Nathalie Pasquier prouve qu’elle est une immense coloriste. Stéphane Corréard

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Extraits sonores :

  • Andrea Falconieri, "Battalla de Barabaso yerno de Satanas" (AllMusic)
  • Dictaphone, "Tango doerell" (City Centre Offices)
  • Dictaphone, "Rattle" (Denovali)
Intervenants
  • Critique d'art et commissaire d'exposition indépendante
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1

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