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Degas, César et Alex Cecchetti

Arts plastiques : "L'espace chez César est à l'intérieur de l’œuvre"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au menu de La Dispute ce soir : la première rétrospective César au Centre Pompidou, l'hommage à Degas par Paul Valéry au Musée d'Orsay et l'expérience symphonique et immersive d'Alex Cecchetti à la Ferme du Buisson.

Degas, César et Alex Cecchetti
Degas, César et Alex Cecchetti

César : Rétrospective, jusqu'au 26 Mars au Centre Pompidou 

Présentation officielle : Il y a vingt ans mourait César, l’un des plus illustres et des plus méconnus artistes de son temps. Illustre, il l’avait été à l’âge de 25 ans, lorsque, « monté » à Paris en 1944, il avait mis au point sa technique des « fers soudés ». Méconnu, il l’était : la faconde et la manière d’être affichées en public cachaient une difficulté à se satisfaire des seules œuvres qui avaient fait son succès.
Loin d’être l’homme des « Fers soudés », « Compressions », « Empreintes » et « Expansions », César était resté attaché à une idée de la sculpture peuplée d’un bestiaire et de figures humaines qu’il voulait à l’égal de celles des maîtres admirés. Moderne, César l’avait été à l’instar des Nouveaux Réalistes, rejoints en 1960. Inventif, guidé par la seule logique du matériau, attaché à incarner son temps, il rejouait son œuvre en gestes novateurs et décisifs qui firent sa notoriété. Métamorphosant le langage et la pratique de la sculpture, il revenait toujours aux techniques inventées lorsque, sans le sou, il soudait fragments et déchets de métal récupérés. Portées par la mythologie du récit de leur conception, Le Poisson, La Vénus de Villetaneuse, La Ginette en étaient les icônes. Elles incarnaient ce rapport intime à la création, une praxis qui ne déléguait rien à la machine et ne devait qu’au pouvoir de ses mains. Plus tard, Le Centaure, en hommage à Picasso, l’occupa avec passion. César avait aussi le goût du monument.
De cette opposition entre un faire artisanal et une pratique fondée sur le pouvoir de la machine et des techniques industrielles, César fit une dialectique, un va-et-vient, une méthode, ouvrant ce que son ami Raymond Hains appelait des « chantiers », y revenant sans cesse, s’inventant des outils, poussant plus loin sa curiosité. César, devant ses « Enveloppages » de feuilles de Plexiglas, ses « Championnes » faites de carcasses de voitures accidentées, devant sa « Suite milanaise » de voitures neuves compressées et laquées, se nourrissait de ses expériences, les rejouant en autant d’exercices, guidé par une réflexion sur le langage de la sculpture, à l’ère des temps modernes. À Cluny en 1996, il s’évertuait encore « à refaire des choses nouvelles ».

César, Pouce, 1965
César, Pouce, 1965 Crédits : Centre Pompidou

L'espace chez César est à l'intérieur de l’œuvre. Ses dernières œuvres m'ont bouleversée. Corinne Rondeau

C'est un exploit d'avoir réussi à faire de cette sculpture une sculpture hors-sol, éthérée. Mais il manque un ancrage historique, contextuel. Florian Gaité

On voit en même temps un César pop, exubérant et un César mortifère. Anaël Pigeat

Degas, Danse, Dessin. Hommage à Degas avec Paul Valéry  : jusqu'au 25 février au Musée d'Orsay 

Présentation officielle : A l'occasion du centenaire de sa mort, le musée d'Orsay rend hommage à Edgar Degas (1834-1917) avec une exposition dont le fil conducteur est l'ouvrage méconnu de l’écrivain, poète et penseur Paul Valéry (1871-1945). L'amitié de plus de vingt ans de Degas et de Valéry a, en effet, donné lieu à un texte publié aux éditions Vollard en 1937, Degas Danse Dessin. Tout à la fois intime et universel, il offre une évocation poétique et fragmentaire de la personnalité du peintre et de son art, et comme une méditation sur la création.  Dans l'exposition, documents figurés et documents d'archive donnent à voir ces hommes et leurs sociabilités. Les nombreux dessins du premier et les fameux carnets du second montrent l'importance de ces productions qui ont été, pour l'un et l'autre, le creuset de leur art. Les thèmes majeurs explorés dans _Degas Danse Dessin_sont évoqués en associant des extraits du texte de Valéry à des oeuvres graphiques, des peintures et des sculptures de Degas. Cet écho entre texte et images invite à appréhender tour à tour la pratique de dessinateur de l'artiste, puis son attachement aux univers de la danse et de l'équitation, que Valéry lie à une même recherche du trait et du mouvement.

Degas, danseuse
Degas, danseuse

Degas et Valéry, c'est la rencontre du naturalisme et de l'ésotérisme. 

Degas m'est apparu comme un œil dessinant. Florian Gaité

Degas ne sait pas dessiner car il sait dessiner. Corinne Rondeau

Tamam Shud, par Alex Cecchetti jusqu'au 25 février à la Ferme du Buisson 

Présentation officielle : "Je suis mort sans identité. Les étiquettes des vêtements, les empreintes digitales, la taille des chaussures ont été décousues, supprimées, lavées, blanchies, et livrées à l'oubli. Seul indice, un petit morceau de papier caché dans une poche secrète du pantalon. Écrit-là, les derniers mots d’une poésie persane : Tamam Shud. Ceci c'est la fin. Tout ce que je suis." S'emparant d'un étrange fait divers, et invoquant la musique, la littérature et la danse, Alex Cecchetti interroge les mystères de l'identité et de la disparition.

"Tamam Shud" – "C'est la fin" en persan – est pourtant le point de départ d'une aventure où performance et poésie s'entrelacent. Alex Cecchetti y déploie son imaginaire à travers des installations dans les différents espaces du centre d'art, conçues comme autant de chapitres d'une narration à la fois lyrique et fantasque.

Ces multiples langages se répondent de salle en salle pour nous plonger dans un univers mobilisant tous les sens. Espace intime et cadre d'un mystérieux récit, l'exposition est pensée comme une grande partition musicale et devient le lieu où se mêlent le fictionnel et le réel. Danseuses, musicien, cuisinière viennent habiter les installations et nourrir les récits du poète au cours de l'exposition. 

L'exposition dit : ce qui est dans une œuvre, c'est ce qui est absent d'elle. Corinne Rondeau 

Sous des dehors inoffensifs, l'exposition propose quelques œuvres critiques intéressantes. Florian Gaité

Erotic Cabine
Erotic Cabine Crédits : Alex Cecchetti / la Ferme du Buisson

Interludes musicaux

  • Art House, Jean Soullier
  • Les Ballerines, Gérard Torikian
  • Phoenix,  Lyonel Bauchet

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Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Docteur en philosophie, enseignant à l'Université Paris 1
  • Editor-at-large du mensuel The Art Newspaper édition française, critique d’art et journaliste à Paris Match, productrice de documentaires sur France-Culture, ancienne critique à La Dispute sur France Culture
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