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"L’album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier), "Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne & "California Crazy" de Jim Heimann (Taschen), "Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)

Arts plastiques : California Crazy, "on est un peu dans la "tea party" d’Alice au pays des merveilles"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute arts plastiques se consacre aujourd'hui aux beaux livres. A notre sommaire : "Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne, "L'album de Kyôsai" et "California Crazy", avant un coup de cœur pour "Masahisa Fukase".

"L’album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier), "Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne & "California Crazy" de Jim Heimann (Taschen), "Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)
"L’album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier), "Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne & "California Crazy" de Jim Heimann (Taschen), "Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)

"Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)

"Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)
"Charles et Marie-Laure de Noailles, mécènes du XXe siècle" d’Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne (Couleurs contemporaines, B. Chauveau éditeur, Association Villa Noailles)

Présentation officielle : La villa Noailles est le lieu emblématique de la modernité ou plutôt des modernités qui ont profondément marqué les décennies qui ont suivies la Première Guerre mondiale. Construit par Robert Mallet-Stevens, meublé par Pierre Chareau, Sonia Delaunay, Djo Bourgeois, Jean-Michel Franck, ce « château cubiste » accueille Man Ray, Alberto Giacometti, Salvador Dali, Jean Cocteau, Francis Poulenc, Luis Buñuel, André Breton, etc.

Cet ouvrage, très attendu, présente toutes les facettes du mécénat de Charles et Marie-Laure de Noailles, qui de 1923 à 1973, ont acquis ou commandé des œuvres d’art issues de toutes disciplines : art, cinéma, musique ou encore littérature. Toutes leurs vies, quitte à choquer ou à être critiqué, ils furent en éveil face aux enjeux plastiques et intellectuels de leurs temps, les ont stimulés et soutenus. Écrit par les chercheurs et commissaires d’exposition du centre d’art d’intérêt national de la Villa Noailles, Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne, le livre se réfère à de nombreuses sources inédites (correspondances, photographies, œuvres, documents) apportant un regard précis et authentiques sur ce couple étonnant. Leur histoire — ce qu’on pourrait nommer un héritage — continue, plus que jamais, à nous interroger sur le rôle du mécène face aux artistes et à la société.

L'avis des critiques :

C’est le premier livre consacré aux Noailles, un nom pourtant primordial dans l’art du XXe siècle. C’est une histoire incroyable et une période extraordinaire. On découvre dans cet ouvrage non seulement des collectionneurs, mais aussi des mécènes aux centres d’intérêt variés. Le livre est peut-être un petit peu hagiographique, avec beaucoup de choses qui restent dans l’ombre et pourraient donner lieu à un nouvel ouvrage. Stéphane Corréard

C’est un beau livre avec énormément d’images, d’archives. On a un travail de recherches impressionnant et il pose la question de ce qu’est le mécénat. On apprend notamment que Marie-Laure de Noailles est une adepte du scrapbooking, on lit une aventure entre les lignes. Les petits intercalaires sont extrêmement importants, ils apportent une forme de recul. Elisabeth Franck-Dumas

Ce livre m’a  donné le tournis, mais dans le bon sens. Il y a une foultitude d’informations et ça ne s’arrête pas. C’est un livre de documentation documenté. Ce qui est à mon avis le plus intéressant, c’est la seconde partie du livre consacrée vraiment au mécénat en tant que tel. Ils abordent des idéaux politiques à mille lieues de leur milieu. C’est le portrait d’un couple libéral au premier sens du terme, d’un couple curieux et défricheur. Frédéric Bonnet

"L'album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier)

"L'album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier)
"L'album de Kyôsai" (Editions Philippe Picquier)

Édité sous la direction de : Oikawa Shigeru Préface : Dominique Ruspoli

Présentation officielle : Quand Emile Guimet arrive au Japon en 1876, Hokusai était mort depuis 25 ans et les habitants de Yokohama lui dirent que Kyosai était le meilleur artiste de son temps.

Ce peintre de génie publia des manuels de dessin, des milliers de peintures ainsi que des estampes et des livres illustrés. Avec une prédilection pour le monde fantastique et comique qu’il affectionnait. Tel ce rare album de 46 peintures facétieuses dans lequel il donne libre cours à son esprit libre et fantasque. Avec ces images, c’est un peintre classique et insolent, farceur et poétique qui s’arroge la liberté de jouer avec les croyances et les légendes liées au bouddhisme et au shintoïsme : enfants, vieillard, animaux, personnages démoniaques s’amusent dans un grand rire de liberté où les dieux ses mêlent aux humains.

L'avis des critiques :

C’est vraiment un beau livre, rangé dans un boitier parce qu’il n’a pas de dos et s’ouvre en accordéon. Il y a des scénettes quotidiennes souvent malicieuses, enlevées. Ce ne sont pas du tout des dessins politiques comme il a pu en faire. Il y a souvent des références aux saisons, on retrouve moins le côté caricature, même si c’est souvent assez facétieux. Cela fonctionne sous forme de rébus. Elisabeth Franck-Dumas

Ce qui m’intéresse beaucoup dans ce travail, c’est qu’il n’y a pas de fond narratif, tout cela se relit dans un imaginaire et une question de croyances. On a un côté fantasque, ironique, détaché d’une certaine bienséance. Ces dessins me touchent beaucoup par leur fausse simplicité. Il y a des traductions assez fines des mutations d’une époque. Frédéric Bonnet

C’est le fac similé d’un album existant. J’ai été frappé par la diversité du dessin qu’il utilise et des sources d’observation. C’est une approche de la composition radicalement différente de celle de l’art occidental. L’image gagne toujours en dynamisme à travers les rapports entre les grandes personnes et les enfants, tandis que des détails incongrus provoquent le rire. Stéphane Corréard

"California Crazy" de Jim Heimann (Taschen)

"California Crazy" de Jim Heimann (Taschen)
"California Crazy" de Jim Heimann (Taschen)

Présentation officielle : Au commencement de l’ère automobile, l’envie de voyager des Américains vit naître une nouvelle vague d’entrepreneurs ingénieux qui surent tirer parti de ce nouveau mode de transport. Dès les années 1920 apparurent de surprenants bâtiments conçus pour attirer les routiers de passage à la recherche d’en-cas, de provisions, de souvenirs ou d’un repas sur le pouce. Ces «monstrueuses» constructions des bas-côtés furent rejetées en bloc par l’establishment architectural de l’époque.

Elles ne cessèrent pourtant de se multiplier, notamment dans le Sud des États-Unis et de la Californie, dès lors que les propriétaires tolérèrent ces élans créatifs prenant la forme d’édifices géants totalement excentriques, déclinant chouettes, figurines, cochons, vaisseaux, cafetières et fruits divers. Sans aucune portée symbolique, ils furent balayés par l’Histoire jusqu’à il y a environ 40 ans, quand ces bizarreries architecturales de la Californie regagnèrent leurs lettres de noblesse. Elles sont désormais célébrées dans cette anthologie réactualisée, California Crazy.

Présentant les plus beaux exemples de ce style d’architecture, California Crazy contient des essais qui décryptent les courants ayant favorisé la naissance de ce mouvement et identifient les paysages et comportements non conventionnels des à-côtés de Los Angeles et de Hollywood qui ont permis à ces bâtiments de fleurir en masse.

En complément, California Crazy reprend l’essai ultime de David Gebhard, qui définit cette tendance vernaculaire il y a près de 40 ans et pour qui le concept de « California Crazy » englobait aussi l’architecture d’intérieur, la signalétique et les automobiles les plus fantaisistes.

L'avis des critiques :

Ce livre est un peu une version pop fouillis du livre de Robert Venturi. Ce qui est très intéressant, c’est que la presse locale se fait le relais de cette architecture. Elle la vante et la promeut alors qu’elle existait partout, ce qui est également lié à l’importance du cinéma. On est un peu dans la "tea party" d’Alice au pays des merveilles, on peine à croire que toutes ces choses ont existé. Elisabeth Franck-Dumas

L’ouvrage est quand même plus intéressant pour les images que pour les textes. Si l’on veut se plonger dans le sujet, c’est toutefois une mine iconographique, presque un puits sans fond. C’est de l’architecture objet. La grande période de ces folies architecturales, se situe dans les années 20-30. L’ouvrage explicite également bien les raisons topographiques du développement de ces architectures et l’importance du cinéma. Frédéric Bonnet

Cette édition est une nouvelle édition d’un livre commencé il y a 40 ans. C’est un livre très nécessaire puisque la plupart de ces constructions ont disparu. C’est un livre très visuel. J’ai trouvé toutefois que cela manquait de renseignements et puis d’un classement. La plupart de ces bâtiments sont des commerces figuratifs dont l’objectif est de stopper l’automobiliste. Stéphane Corréard

>> LE COUP DE CŒUR D'ELISABETH FRANCK-DUMAS : "Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)

"Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)
"Masahisa Fukase" (Editions Xavier Barral)

Textes : Simon Baker et Tomo Kosuga

Présentation officielle : Connu pour The Solitude of Ravens, où des corbeaux menaçants en nuée ou solitaires noircissent des pages d’un bout à l’autre de ce livre mythique paru en 1986, le photographe japonais Masahisa Fukase, parmi les plus radicaux et les plus originaux de sa génération, possède en réalité une œuvre protéiforme : recherches formelles, surimpressions, collages, autoportraits, photographies retravaillées au dessin, tirages noir et blanc, polaroids...

Cet ouvrage rassemble pour la première fois tout son travail artistique présenté en 26 séries, avec notamment celles consacrées à son père (« Memories of Father »), sans oublier celle sur les chats, y compris le sien, Sasuke, et ses fameux autoportraits pris dans une baignoire, avec un appareil étanche (« Bukubuku ») ou en duos (« Berobero ») qui se touchent la langue et qu’il colorie par la suite.

Les textes de Simon Baker, directeur de la Maison Européenne de la Photographie, et de Tomo Kosuga, directeur des archives Masahisa Fukase, nous éclairent sur les multiples facettes de son œuvre où la dramaturgie côtoie autant l’ironie que la provocation. 

Bifuka de la série / from the series « Private Scenes: letters from journey », 1989 (© Masahisa Fukase Archives)
Bifuka de la série / from the series « Private Scenes: letters from journey », 1989 (© Masahisa Fukase Archives)

On a ici presque la totalité du travail de Masahisa Fukase, à l’exception d’une série consacrée à sa femme Yoko. Pour ceux qui connaissent « Ravens », c’est une très bonne introduction au travail de l’artiste, même si on est complètement soufflé par la diversité de ce qu’il a pu faire. « Ravens » introduit un paramètre essentiel, l’imbrication de la photographie dans sa vie. Elisabeth Franck-Dumas

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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