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Arts plastiques: Disaster/End of Days et Ron Mueck

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute, présentée par Antoine Guillot, s’intéresse aux arts plastiques en présence des critiques suivants :

- Vincent Huguet (Marianne)

- Corinne Rondeau (France Culture)

- Richard Leydier (Artpress)

Seront abordés les expositions suivantes :

- Ron Mueck à la Fondation Cartier pour l'art contemporain du 16 avril au 29 septembre.

Couple Under An Umbrella
Couple Under An Umbrella Crédits : Radio France

Le grand public avait découvert les sculptures hyperréalistes de Ron Mueck en 2005 à la Fondation Cartier, pour ce qui est à ce jour le plus grand succès de fréquentation de l’institution d’art contemporain. Ceux qui avaient visité l’exposition "Mélancolia " de Jean Clair au Grand Palais avait déjà été frappés par son "Big Man" chauve et obèse de 5 mètres de haut prostré dans un coin. Auparavant, c’est l’exposition collective "Sensation", qui rassemblait des artistes de la collection Saatchi à la Royal Academy of Arts de Londres qui avait révélé cet artiste australien d’origine allemande installé dans la capitale anglaise. Fils d’un fabricant de jouets en bois et d’une collectionneuse de poupées de chiffons, passé par les ateliers de Jim Henson où il a travaillé sur le "muppet Show" et le film "Labyrinthe", Ron Mueck avait fait sensation avec son "Dead Dad", qui présentait le corps nu de son père mort, réduit aux deux tiers de sa taille.

Depuis, Ron Mueck s’est fait une spécialité de la sculpture figurative et hyperréaliste du corps humain, veines, ridules, poils et pores de la peau sont d’une précision troublante, tout en jouant sur les effets d’échelle, du très grand au très petit, pour des œuvres qui ont parfois été rapprochées de Duane Hanson, mais sans l’aspect sociologique ou historicisé de ce dernier. Ce qui intéresse manifestement Ron Mueck, c’est l’intime, le trouble et la tension.

Pour cette nouvelle exposition, la Fondation Cartier présente neuf œuvres dont trois créées spécialement pour l’occasion. Le visiteur est accueilli par un monumental couple âgé, visible de la rue, assis et allongé en maillot de bain à l’ombre d’un parasol. Il y a aussi un jeune couple, peut-être les mêmes, à l’échelle réduite, dont il faut faire le tour pour voir ce qui se joue dans leur dos. Une femme, enfin, toujours à l’échelle réduite, qui porte un sac de course dans chaque main et un bébé dans l’échancrure de son manteau.

Voilà pour les œuvres nouvelles. Mais il y a aussi, toujours en taille réduite, un jeune homme noir, qui soulève son T-shirt pour se découvrir une plaie au flanc, une œuvre pour laquelle Ron Mueck dit s’être inspiré d’un tableau du Caravage, "L’Incrédulité de saint Thomas". Un homme nu à la proue d’une grande barque en bois, un autre allongé sur un matelas gonflable, les bras en croix, accroché au mur comme un crucifix, un gigantesque visage d’homme dormant, qui ressemble beaucoup au sculpteur, et encore une toute petite femme nue portant un énorme fardeau de bois. Sans oublier la seule figure non humaine de l’exposition, un grand poulet déplumé et égorgé pendu par les pieds. Le tout est accompagné d’un film de Gautier Deblonde, qui présente l’artiste au travail sur les trois œuvres créées pour l’exposition, dont le commissariat est signé Hervé Chandès et Grazia Quaroni.

Antoine Guillot

- Disaster/End of Days à la Galerie Thaddaeus Ropac de Paris Pantin du 3 mars au 29 juin (prolongation).

« L’histoire de l’art a un pacte millénaire avec l’histoire des catastrophes », affirme l’historien d’art britannique Michael Bracewell dans le catalogue de l’exposition dont il est le commissaire avec Séverine Waelchli, "Disaster / The end of days".

Présentée jusqu’au 29 juin (l’exposition a été prolongée) dans les 2 000 m2 de l’ancienne chaudronnerie du début du XXe siècle que le galeriste Thaddaeus Ropac a investi en octobre dernier, sous ces 4 nefs allongées, peintes en blanc, de 7 à 12 mètres de haut avec un éclairage zénithal, l’exposition rassemble les interprétations du thème du désastre, de la catastrophe et autre apocalypse de 28 plasticiens aux pratiques des plus diverses, de la peinture à la vidéo en passant par la sculpture, l’installation et la photographie.

On y trouve aussi bien des évocations de la Bible (les "Damnés " de Liza Lou, monumentaux Adam et Eve chassés du Paradis) que des événements géopolitiques les plus récents (le cadavre de Kadhafi peint par Yan Pei-Ming ou le prisonnier d’Abu Grahib sculpté par Marc Quinn), en passant par une réinterprétation du "Radeau de la Méduse" en rideau de chaînes d’aluminium, un portrait d’Hitler par Georg Baselitz, une maquette de la navette spatiale Challenger par Tom Sachs et un diptyque de Gilbert & George sur les drames urbains vus par les tabloïds anglais.

Il y a aussi paraît-il des vidéos, dont une saisissante d’Harun Farocki, nous dit le catalogue, mais ayant visité l’exposition un jour de grand soleil, avec la lumière zénitale tombant des verrières, les projections sur les murs blancs et aveuglants du vaste espace étaient tout bonnement invisibles.

Antoine Guillot

Ainsi que les coups de cœurs :

- de Corinne Rondeau :

L'expositionAgathe Gaillard, Mémoires d'une galerie , Galerie Agnès B., du 11 avril au 7 maietMémoires d'une galerie d'Agathe Gaillard paru chez Gallimard le 26 avril.

Agathe Gaillard, Mémoires d'une galerie
Agathe Gaillard, Mémoires d'une galerie
  • de Vincent Huguet :

L'exposition Une passion française. La collection Marlene et Spencer Hays au Musée d'Orsay du 16 avril au 18 août.

Edouard Vuillard, Fillettes se promenant
Edouard Vuillard, Fillettes se promenant

Sans oublier la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et le coup de fil passé àSylvie Zavatta, directrice du FRAC Franche-Comté, au sujet de l'exposition "Des mondes possibles" du 6 avril au 25 août.

 Round D.M
Round D.M

Pastille introductive : Jeff AEROSOL

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