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à gauche : "Dorothea Lange - politiques du visible" (© The Dorothea Lange Collection), à droite : La FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain) et "Géométries Sud" (© MAMANI / Mattia Polisena)

Arts Plastiques : "J’ai eu absolument un coup de cœur pour cette exposition"

55 min
À retrouver dans l'émission

Dans cette Dispute arts plastiques, nous aborderons : "Dorothea Lange - politiques du visible" au Jeu de Paume, "Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu" à la Fondation Cartier et trois galeries présentes à la "FIAC".

à gauche : "Dorothea Lange - politiques du visible" (© The Dorothea Lange Collection), à droite : La FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain) et "Géométries Sud" (© MAMANI / Mattia Polisena)
à gauche : "Dorothea Lange - politiques du visible" (© The Dorothea Lange Collection), à droite : La FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain) et "Géométries Sud" (© MAMANI / Mattia Polisena)

"Dorothea Lange - politiques du visible", exposition jusqu'au 27 janvier au Jeu de Paume

Migrant Mother, Nipomo, California 1936 Dorothea Lange © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor
Migrant Mother, Nipomo, California 1936 Dorothea Lange © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

Présentation officielle : Présentant des œuvres majeures de la photographe américaine de renommée mondiale Dorothea Lange (1895, Hoboken, New Jersey ; 1966, San Francisco, Californie), dont certaines n’ont jamais été exposées en France, l’exposition « Dorothea Lange. Politiques du visible » est articulée en cinq ensembles distincts. Ceux-ci mettent l’accent sur la force émotionnelle qui émane de ces photographies ainsi que sur le contexte de la pratique documentaire de la photographe. Plus d’une centaine de tirages vintage, réalisés de 1933 à 1957, sont mis en valeur par des documents et des projections qui élargissent la portée d’une œuvre déjà souvent familière au public grâce à des images emblématiques de l’histoire de la photographie comme White Angel Breadline (1933) et Migrant Mother (1936). Les tirages exposés appartiennent pour l’essentiel à l’Oakland Museum of California, où sont conservées les archives considérables de Lange, léguées par son mari Paul Schuster Taylor et sa famille. (...)

L'avis des critiques :

J'aime beaucoup Dorothea Lange. Du point de vue de la scénographie, il y a toute une partie consacrée à la crise, à la Grande Dépression. Elle va faire de la photographie de portrait jusque dans les années de la Dépression, en sortant du studio pour la rue. Il y a une dimension du corps qu'elle va apporter immédiatement. Il y a une force admirable des corps qu’elle fait exister. Corinne Rondeau

Je trouve que c’est une exposition très intelligente. Je regrette qu’il n’y ait pas les portraits d’avant, a partir du moment où elle sort du studio, que les autres séries soient aussi peu développées. Les photos de propagande ont atteint leur but. Elles ont eu une influence majeure sur le gouvernement qui a choisi d’accueillir des migrants. Yasmine Youssi

On se rend dans cette exposition avec un préjugé, celui de voir. On a quasiment une traversée du siècle, 50 ans de photographies. Elles s’articulent principalement autour de trois séries. J'ai un peu regretté la prédominance des photographies de la Dépression. Cela pose la question de l’originalité, de la singularité de son regard à elle. Elle ne photographie jamais les gens contre leur gré, c’est une photographie de collaboration. Stéphane Corréard

Cette exposition a le mérite quand même de montrer une grande série sur la Grande Dépression avec des photographies qui sont admirables. La toute fin sur les avocats commis d’office est également étonnante. Les cartels fournissent vraiment des informations importantes pour sentir et ressentir les photos. On a un certain nombre de tirages dont certains par Lange. Arnaud Laporte 

"Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu", exposition jusqu'au 24 février à la Fondation Cartier

Présentation officielle : La Fondation Cartier pour l’art contemporain célèbre, avec l’exposition Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu, la richesse et la variété des motifs, couleurs et figures dans l’art latino-américain. De l’art populaire à l’art abstrait, de la céramique à la peinture corporelle en passant par la sculpture, l’architecture ou la vannerie, cette exposition rassemble près de 250 œuvres de plus de 70 artistes, de la période précolombienne jusqu’aux productions les plus contemporaines. Elle explore les formes multiples de l’abstraction géométrique en Amérique latine, qu’elles trouvent leurs sources dans l’art précolombien, les avant-gardes européennes ou les cultures autochtones encore vivantes aujourd’hui. Créant des dialogues inattendus, Géométries Sud tisse des liens visuels entre les époques, les territoires et les cultures, et invite à une rêverie au cœur de ces univers.

L'avis des critiques :

C’est une merveille cette exposition, il faut absolument s’y précipiter. Je crois que la Fondation Cartier est le dernier lieu où on peut voir ce genre d'exposition d'une telle sensibilité, d'une telle profondeur, en même temps d'une grande légèreté et transversale. Il a 6000 ans d’histoire. C’est un voyage "en marge du discours classique de l’histoire de l’art". Je vous conseille d’y aller de jour et de nuit, parce que ce n’est pas la même exposition que l’on voit. Stéphane Corréard

J’ai eu absolument un coup de cœur pour cette exposition que je trouve réjouissante à plus d’un titre. Elle s’inscrit dans la tradition des grandes expositions à la Fondation Cartier. Ce qui m’a aussi réjouie, c’est la manière dont elle bouscule nos certitudes à un moment ou l’art contemporain est ultra mondialisé. On a une unité autour de la géométrie. Les œuvres sont imbattables. J’ai été aussi vraiment séduite par les recherches sur les différentes techniques, notamment sur les photos. Yasmine Youssi

C’est une exposition sur le vide, c’est à la fois architectonique, à la fois sur la structure. Elle est maline cette exposition, puisqu’elle nous amène à nous dire que l’universalité, c’est la géométrie. Entre les photographies d’une architecture contemporaine et Gego qui est pour moi la révélation absolue. C’est admirable comme du Mondrian, il ne faut pas regarder les traits, il faut regarder ce qu’il y a dans l’espace. C’est une merveille. Corinne Rondeau

Des galeries présentes à la "FIAC" (Foire Internationale d'Art Contemporain) du 18 au 21 octobre

La FIAC (Foire Internationale de l'Art Contemporain) du 18 au 21 octobre
La FIAC (Foire Internationale de l'Art Contemporain) du 18 au 21 octobre

Présentation officielle : Pour sa 45e édition, qui se déroulera du 18 au 21 octobre 2018 à Paris, la FIAC est heureuse d’accueillir au sein des espaces prestigieux du Grand Palais une sélection exigeante de galeries d’art moderne, d’art contemporain et de design parmi les plus emblématiques de la scène internationale.

Cette année, la liste des galeries rassemble des exposants issus de 25 pays, dont 2 pays entrants* (Allemagne, Autriche, Belgique, Brésil, Chine, Corée du Sud, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis, France, Grèce*, Hong Kong, Inde, Israël, Italie, Japon, Kosovo, Mexique, Norvège, Pays-Bas, Pérou*, Portugal, Royaume-Uni, Suisse, Tunisie). (...)

L'avis des critiques :

C'est une très bonne édition, avec de très belles œuvres et peu d’œuvres seulement décoratives. Je n'ai qu'un petit regret, c'est que je n'ai pas trouvé d'artistes Africains, d'artistes issus du Monde Arabe, hormis une galerie tunisienne. J'ai eu un véritable coup de cœur pour l'américaine Jay Defeo. Elle a réalisé des tempera, qui sont des œuvres abstraites sur papier absolument éblouissantes. Yasmine Youssi

J'ai trouvé mon exposition à la Galerie Christophe Gaillard. Je trouve qu'il faut être gonflé pour proposer une oeuvre monographique de cet ordre-là. Il y a également toute la question du travestissement qui est représentée. Y'a-t-il un espace entre les corps réifiés et les corps réifiant ? Et oui, le travesti ! Corinne Rondeau 

Je vais vous parler de Maryan à la jeune galerie créée en 2012, Venus Over Manhattan. Le stand est entièrement consacré à une série exceptionnelle de 12 grandes encres de Chine sur carton qui ont été retrouvées à New York et datent de 1963. Elles sont peuplées de personnages grotesques assez sexués, outrageusement expressionnistes, carnavalesques, instaurant un certain malaise.

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • Journaliste à Télérama
  • Critique d'art, directeur du salon Galeristes, participe à La Dispute sur France Culture, signataire de la Tribune “Non au «cadeau» de Jeff Koons” dans Libération
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