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Arts plastiques : Dynamo et Julio Le Parc

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, les arts plastiques sont au cœur de la Dispute avec les critiques suivants :

  • Corinne Rondeau (France Culture)

  • Yasmine Youssi (Télérama)

  • Éric Loret (Libération)

Seront abordées les expositions suivantes :

L’Op’Art et l’art cinétique étaient LES arts à la mode dans les années 60. Le mouvement avait été initié par l’exposition "Le Mouvement", précisément, à la galerie Denise René à Paris en 1955. Huit artistes, dont Vasarely, Tinguely, Soto, Calder et Duchamp, dont la préoccupation était d’introduire le mouvement dans la peinture et la sculpture. Vasarely produisait pour l’occasion son "Manifeste jaune", fondement théorique de la tendance.

Dix ans après, le MoMa de New York présentait The Responsive Eye, et lançait la notion d’« art perceptuel ». Entre les deux, il y avait eu la création du GRAV, le Groupe de Recherche en Art Visuel en 1960, et son "Labyrinthe" présenté en 1963 à la IIIe Biennale de Paris.

Est-ce à force de voir Vasarely décliné en poster, papier peint et autres panneaux Decaux ? Est-ce l’avènement d’autres mouvements comme Supports-Surface ou la Figuration Narrative ? Toujours est-il qu’arts cinétique et optique semblaient tombés en désuétude.

Et voici que trois grandes institutions parisiennes leur font la fête. Le Centre Pompidou présente une exposition Soto, le Palais de Tokyo ouvre sa grande verrière à Julio Le Parc, on va en parler tout à l’heure, et le Grand Palais, pour la première fois, consacre l’ensemble de ses galeries, soit tout de même 3 700 m2, à cet art dont vous êtes le héros, puisque c’est la perception même du spectateur qui est en jeu, quand il n’est pas appelé directement à interagir avec les œuvres.

En attendant de pouvoir entrer dans le Grand Palais, ledit visiteur est accueilli par une sculpture de brume de Fujiko Nakaya. L’attendent ensuite à l’intérieur près de 150 artistes, impossible de tous les citer, ils vont de Marcel Duchamp à Ann Veronica Janssens en passant par Vasarely et Julio Le Parc, bien sûr, François Morellet, Jesus Rafael Soto, Jean Tinguely, Yayoi Kusama, Anish Kapoor, Dan Flavin et plein d’autres encore.

  • Un long parcours, qui débute par les plus contemporains pour s’achever sur les grands précurseurs, et mettent à l’épreuve vos mirettes et vos sens.*

Antoine Guillot

Julio Le Parc
Julio Le Parc Crédits : Julio Le Parc

Julio Le Parc est certes Argentin, il est né en 1928 à Palmira, un petit village de la Cordillère des Andes. Mais dès 1958, il s’installe en France, et y commence dès l’année suivante ses expérimentations des effets de la lumière dans l’espace. Membre fondateur du GRAV, Prix de peinture à la Biennale de Venise en 1966, il représente la tendance la plus politique de l’art perceptuel. Et pourtant, aucune grande rétrospective de son œuvre en France jusqu’à aujourd’hui, même s’il y eut une première présentation de son travail dans le Parc naturel régional de la Brenne en Indre en 1995. Pourquoi cet ostracisme ? Parce que l’artiste avait été brièvement expulsé de France en mai 68 pour sa participation aux ateliers populaires ? Plus sûrement sans doute parce qu’en 1972, alors qu’on lui fait une proposition qui ne se refuse pas, une rétrospective au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Julio Le Parc, au faîte de sa gloire, hésite, opposé qu’il est à l’institution et au pouvoir, et décide finalement de laisser le sort décider pour lui ? Il tire à pile ou face, c’est pile, et c’est donc non à la proposition. Un casse-pied que ce Julio Le Parc, l’institution ne veut en tout cas plus de lui, et il faudra attendre 2011 pour que le Centre Pompidou consente à lui acheter une œuvre !

L’oubli semble aujourd’hui terminé, puisque le Palais de Tokyo, en face donc du Musée dont il n’avait pas voulu, lui consacre 2 000 m2 de rétrospective, avec un choix d’œuvres phares des années 50 à nos jours. Le visiteur y pénètre, littéralement, en franchissant un "Grand Déplacement", ensemble de lamelles réfléchissante qui troublent d’emblée la perception de l’espace. Se succèdent ensuite une alternance de pièces sombres ou lumineuses, avec force avertissements quant aux effets dangereux que les œuvres peuvent produire sur les visiteurs sujets à l’épilepsie, pour se conclure par une salle de jeux, comportant lunettes déformantes, sol instable, siège à ressorts et autres dispositifs interactifs, dont un jeu de massacre et des punching balls qui nous invitent à « choisir nos ennemis », « frapper les gradés » et « faire tomber les mythes ». Un questionnaire de satisfaction distribué à la fin fait d’ailleurs partie intégrante de l’œuvre, puisque l’objectif de l’artiste, depuis le début, est de démocratiser le monde de l’art.

Antoine Guillot

-Couleurs, Julio Le Parc à la Galerie Bugada &Cargnel jusqu'au 13 avril.

Retrouvez d'autres expositions sur Julio Leparc dans les galeries suivantes :

à la Galerie de Multiples jusqu'au 24 avril.

à la Galerie Lélia Mordoch jusqu'au 6 avril.

à la Galerie Denise René jusqu'au 18 avril.

Ainsi que les coups de cœurs :

d'Eric Loret

- L'exposition Pollen de Philip Newcombe au CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux jusqu'au 17 avril.

Philippe Newcomb
Philippe Newcomb

Philip Newcombe laisse plein de traces, plein d'objets derrière lui, il y a cinq salles avec des micro-oeuvres comme un fil et une aiguille par exemple, un bonbon déjà sucé, ou encore une sucette au LSD...

C'est du conceptuel narratif. Chaque spectateur élabore son histoire dans les rapports qu'il peut imaginer entre les différents objets. C'est un petit parcours assez drôle.

Eric Loret

de Yasmine Youssi

- L'exposition Roman Vishniac, Rediscovered à l'International Center of Photography (New-York) du 18 janvier au 5 mai.

Roman Vishniac est un juif d'origine russe. Il a photographié des juifs pour une ONG américaine, la American Jewish Joint Distribution Committee, qui venait en aide aux communautés juives pauvres ou souffrant d'antisémitisme. Ses photos sont extrêmement poignantes. Dans cette exposition il y a beaucoup de photos inédites, qui nuancent la vision des juifs donnée par l'ONG. C'est une exposition faite avec beaucoup de subtilité.

Yasmine Youssi

Sans oublier la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et le coup de fil passé à Jean-Louis Cohen, historien de l'art et commissaire de l'exposition "Interférences/Interferzen. Architecture France-Allemagne: 1800-2000" au Musée d'Art moderne et Contemporain de Strasbourg jusqu'au 21 juillet.

Pastille introductive: Man RAY

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