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Arts-plastiques: Edward Hopper et Adel Abdessemed

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité des arts plastiques avec les critiques suivants:

  • Léa Bismuth (Artpress)- Yasmine Youssi (Télérama)- Eric Loret (Libération)sur les expositions suivantes:

  • Edward Hopper , au Grand Palais, du 10 octobre au 28 janvierCommissaire: Didier OttingerScénographie: Agence BGC Studio

Nighthawks, 1942
Nighthawks, 1942 Crédits : Edward Hopper

Léa Bismuth:

L’exposition est divisée en deux. On est face à une œuvre qui déploie depuis une trentaine d’année (1930-1960) la même chose que ça soit dans ses sujets ou dans sa technique.

On découvre alors une picturalité assez classique avec une touche légère. Je me suis demandée si Hopper m’intéressait en tant que peintre et finalement pas tant que ça.

On peut finalement se demander s’il porte un regard sur le monde qui l’entoure et lequel …

Eric Loret:

Chez Hopper, c’est en effet toujours la même chose. Ce qui fait sens, c’est de voir toutes les peintures à la fois. Cet effet de série induit une richesse qui m’a ravi sur le moment.

Il y a de l’abstraction chez ce figuratif, des obsessions formelles. La pulsion scopique qu'avait relevé Hitchcock s’exprime dès le début.

Une exposition relativement jouissive en somme.

Yasmine Youssi:

On vous explique comment Hopper est devenu Hopper. On remarque que dès ses premières toiles, tout est dit avec les femmes, la solitude, le silence … On voit l’importance de son apprentissage et de ses influences.

Son travail d’illustrateur est très intéressant car c’est ce qui va lui permettre de construire ses décors. Les couleurs de ces tableaux sont fortes et sublimées par l’équilibre de ses toiles et la subtilité de la lumière.

Ce qui me fascine chez Hopper, ce sont les milliers d’histoires racontées dans ces œuvres. Rien n’est figé.

Coup de tête, 2011-2012, Bronze, New-York/ Londres
Coup de tête, 2011-2012, Bronze, New-York/ Londres Crédits : Adel Abdessemed

Léa Bismuth:

Je crois qu’Adel Abdessemed se prend pour Zarathoustra.

Il y a une impressionnante liste de référence dans le catalogue, c’est incessant.

On a une impression délicate en sortant de l’exposition.

Eric Loret:

C’est un art déclaratif et assertif, comme le titre de l'exposition, "Je suis innocent", assorti d'une affiche grotesque où l'on voit Abdessemed flamber dans un feu photoshop.

La forme étant très rudimentaire, frontale, si en plus on n’adhère pas aux assertions d’Adel Abdessemed, ça devient compliqué. Et je n'adhère pas à cette pseudo mise en danger.

Yasmine Youssi:

Il crée des images chocs. Mais je suis dérangée quand je regarde ses œuvres car elles me renvoient à des pièces d’autres artistes qui sont bien meilleurs. Je me suis demandée pourquoi il y a un tel effet ? Il fait, à travers ces œuvres, une lecture littérale de l’illustration. Cela ne va jamais au-delà. C’est trop terre à terre. Il a toujours fait ce qu’on attend de lui, un art qui ne dit plus rien …

Les coups de coeurs :

Eric Loret :

L'envol, 2008
L'envol, 2008 Crédits : Documentation Céline Duval

Marcher dans la couleur, au MRAC de Sérignan, expose des classiques comme James Turrell ou Ann Veronica Janssens. De Turrell, en particulier, le Red Eye de 1992 qui est un trou dans le mur ou un écran, on ne sait pas, où une lumière rouge joue avec notre sens de l'espace et de la texture.
Léa Bismuth :

  • Body Language , Centre Culturel Suisse, du 14 septembre au 16 décembre.
David Brintzenhofe, 1982/1988
David Brintzenhofe, 1982/1988 Crédits : Peter Hujar

C’est une belle exposition sérieuse avec un accrochage intelligent. Il y a une vraie mise en regard des œuvres. Le déroulement intellectuel est également rigoureux.

C’est un choix dans la collection Fotomuseum de Winterthur qui nous parle de photographie qui questionne le corps. Le corps est considéré comme un langage dans ses postures et sa gestuelle. On a l’impression que l’exposition nous donne à voir un seul et même corps qui présenterait différentes parcelles. C’est une sorte de paysage mental de ces corps exposés.

J’y ai découvert l’artiste Igor Savchenko.

  • L’exposition est intéressante et sensible à voir* .

Bien sûr la revue de presse Antoine Guillot: Renoir et Léonard: mystères, mystères ...

Et le coup de fil de Seham Boutata à l'artiste Valérie Mréjen , qui participe à l'hommage rendu à Edouard Levé, lors du Festival actOral.12 à Marseille qui a lieu du 25 septembre au 3 octobre.

Pastille introductive: MAN-RAY.

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