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"Every stone should cry" © Erwan Fichou et Théo Mercier, "Gigantisme"

Arts plastiques : Every stone should cry, une exposition entre "séduction plastique et épaisseur théorique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute arts plastiques : l'exposition "Every stone should cry" de Théo Mercier au Musée de la Chasse et de la Nature et et la triennale "Gigantisme - Art & Industrie" à Dunkerque. Enfin, un Petit Salon et un coup de coeur.

"Every stone should cry" © Erwan Fichou et Théo Mercier, "Gigantisme"
"Every stone should cry" © Erwan Fichou et Théo Mercier, "Gigantisme"

"Every stone should cry" de Théo Mercier jusqu'au 30 juin au Musée de la Chasse et de la Nature

© Erwan Fichou et Théo Mercier
© Erwan Fichou et Théo Mercier

Présentation officielle : Dix ans après y avoir fait sa première exposition personnelle, l’artiste Théo Mercier revient habiter les salles du musée de la Chasse et de la Nature.

Sculpteur et metteur en scène, il travaille sur la relation entre l’oeuvre et son environnement. L’artiste veut initier chez les visiteurs une véritable chorégraphie du regard. À cette fin, dans ses installations, il mélange à ses propres sculptures des objets ou des oeuvres d’art populaire qu’il a collectés lors de ses voyages. La diversité de provenance des collections ainsi constituées est à l’image de la mondialisation, leur agencement évoquant une sorte d’archéologie du futur. Le contexte muséographique vient donner un sens nouveau aux objets exposés, tandis que l’étrangeté, la poésie ou l’humour naissent de rapprochements insolites.

L'avis des critiques : 

Une exposition séduisante et maligne dans un musée qui semble être fait sur mesure pour Théo Mercier (…) Il y a toujours une grande séduction plastique et même temps une épaisseur théorique importante. Sarah Ihler-Meyer 

Son travail de metteur en scène d’espace muséal lui va plutôt bien. (…) Il y a une forme de cynisme, de ricanement, une insolence efficace assez délicieuse. Sa façon de niveler les hiérarchies les époques, les systèmes de valeurs pour trouver un juste milieu m’impressionne assez. On est tout le temps en train de se demander ce que l’on voit en face de nous. Florian Gaité 

Ses pièces ne produisent pas grand-chose d’autre qu’une simple reproduction de ce qui est déjà là. Les pièces ne tiendraient pas forcément seules si on en les enlevaient de ce contexte. J’aurais aimé qu’il assume cette pulsion vers le décoratif et le simulacre très présente chez lui et qu’il fasse un opéra baroque grandiloquent plutôt qu’un ricanement un peu cynique. Ingrid Luquet-Gad

"Gigantisme - Art & Industrie" jusqu'au 5 janvier à Dunkerque 

Daniel Spoerri, La Sainte Famille (de la série : Trésor des pauvres) © Adagp, Paris, 2019. Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, RMN-Grand Palais / image Centre Pompidou, MNAM-CCI
Daniel Spoerri, La Sainte Famille (de la série : Trésor des pauvres) © Adagp, Paris, 2019. Collection Centre Pompidou, MNAM-CCI, RMN-Grand Palais / image Centre Pompidou, MNAM-CCI

Présentation officielle : Le GIGANTISME se caractérise par un état d’esprit unique qui, après la Deuxième Guerre mondiale, a oeuvré au fondement même de la modernité européenne.

Cette histoire culturelle, artistique est en partie marquée par une convergence singulière entre l’art et l’industrie, opérant une mutation des gestes, des processus et des idées. Ce patrimoine vivant, sur lequel il existe peu d’écrits, nécessite que l’on s’en empare. Comprendre comment cette modernité occidentale s’est pensée, formée, diffusée, permet d’en saisir les enjeux fondamentaux. La mise en perspective de son évolution a pour vertu de nuancer les oppositions entre progrès et décélération. Qualifiée par les historiens d’« année-pivot », d’« année-janus», 1947 marque l’initiative d’une reconstruction après une crise existentielle sans précédent, où la notion fondatrice d’humanisme et ses valeurs concomitantes ont été sérieusement ébranlées. Les « identités nationales » réduites et essentialisées, durant les années noires, deviennent à partir de la fin des années 1940, l’enjeu d’une appropriation artistique, intellectuelle, sociale et économique. Une effervescence collective qui souhaite participer à l’avènement d’un futur confiant.

L'avis des critiques : 

C'est une grande et belle exposition muséale mais qui n'est pas vraiment une triennale. Il s’agit davantage de s’intéresser à l’histoire des rapports entre art et industrie depuis la fin des années 1940 à nos jours que de mettre l’accent sur la création contemporaine et la production d’oeuvres d’art. Sarah Ihler-Meyer 

Le coeur de la triennale est une exposition en deux parties. Cette exposition est déroutante pour une triennale car c’est une exposition de muséale. On a l’impression d’être dans une relecture d’accrochage que l’on aurait pu voir à Beaubourg. Ingrid Luquet-Gad

La triennale est un projet ambitieux mais peut-être un peu écrasé par un sujet lui-même imposant. Malgré tout, c’est un sujet extrêmement vaste avec des vraies propositions artistiques saillantes. Il y a des rapports historiques qui m’ont beaucoup instruit. Florian Gaité 

LE COUP DE COEUR D'INGRID LUQUET-GAD : "Ma système reproductive" de Jean-Charles de Quillacq à Bétonsalon

Courtesy Jean-Charles de Quillacq
Courtesy Jean-Charles de Quillacq

Commissariat : Mélanie Bouteloup et Lucas Morin

Présentation officielle : Au prin­temps 2019, Bétonsalon accueille une expo­si­tion per­son­nelle de l’artiste Jean-Charles de Quillacq. À l’occa­sion de cette expo­si­tion, des oeu­vres de l’artiste seront spé­cia­le­ment pro­dui­tes.  Né en 1979, Jean-Charles de Quillacq vit et tra­vaille à Zürich. Il a étudié l’art à l’école des beaux-arts de Lyon et à la Weißensee Kunsthochschule de Berlin. Il déve­loppe des ensem­bles de sculp­tu­res, à la fois concep­tuels et féti­chis­tes, qu’il montre, le plus sou­vent, en invi­tant d’autres per­son­nes à pren­dre en charge avec lui l’expo­si­tion. Il rend ainsi ces volon­tai­res com­pli­ces de son tra­vail, tout en accep­tant une cer­taine perte de contrôle sur les dévia­tions poten­tiel­les que cette ouver­ture engen­dre.

Entre ode à la détumescence et ode à la désenditification, Jean-Charles de Quillacq propose une manière de faire de la sculpture différemment, (...) de la dégenrer et de la faire passer de son coté pharmacologique. Ingrid Luquet-Gad

LE PETIT SALON DE BORIS PINEAU : peut-on vraiment faire l'expérience d'une oeuvre d'art en son absence ?

Les Sept Oeuvres de la Miséricorde
Les Sept Oeuvres de la Miséricorde

Je suis plutôt un puriste. Lorsque l'on est dans la reproductibilité de l'oeuvre, on abdique une partie de l'expérience. Ce qui est dangereux est que cela change les conditions de perception, notre expérience de visiteur et cela renforce l'opticocentrisme. Mais le regard n'est pas seulement qu'optique, il est aussi haptique. Il y a des questions de sensualités, de reliefs, de profondeurs qui n'existent pas avec l'image. Florian Gaité 

Il faut aussi poser la question du point de vue de l'artiste et se demander s'il a pu prendre en compte ce paramètre-là. Dans le cas des performances des années 1960, les artistes peuvent performer pour la caméra et se poser la question de la trace qu'ils veulent laisser.  Les œuvres produites à partir de la fin des années 2000 prennent également en compte la question de la vue d'exposition, devenue un genre d'étude. Ingrid Luquet-Gad

Cette question peut remonter aux années 1980 où existaient des œuvres dont l'expérience à travers leur reproduction pouvait suffire, dans la mesure où il s'agissait d’œuvres qui étaient essentiellement des concepts visuels.  Il y a d'autres œuvres pour lesquelles une reproduction ne sera jamais suffisante car une expérience réelle et physique sera nécessaire, notamment le tableau du tableau du Caravage, les "Sept Œuvres de la Miséricorde". Sarah Ihler-Meyer

♪ Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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