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Arts Plastiques : Ferdinand Hodler et Steve Mc Queen, spéciale Bâle

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, Les arts plastiques sont au cœur de la Dispute avec les critiques suivants :

  • Corinne Rondeau (France Culture)

  • Éric Loret (Libération)

  • Vincent Huguet (Marianne)

Seront abordées les expositions suivantes :

Ferdinand Hodler
Ferdinand Hodler

Né en 1853, mort en 1918, Hodler est contemporain de ce moment particulier de l’histoire où la confédération suisse est devenue un état fédéral - cela date seulement en 1848 - et donc on pourrait dire que la Suisse s’invente véritablement à ce moment-là, grandement à travers l’art et la culture, via la récupération de Rousseau ou de Benjamin Constant, ou avec l’émergence d’une peinture suisse dont Arnold Böcklin sera le premier fer de lance, ouvrant une voie dans laquelle s’engouffreront notamment Félix Valotton et, donc, Ferdinand Hodler.

Hodler connait une assez grande notoriété internationale avant même ses 40 ans, notamment grâce à des présentations de toiles à Paris et à Londres.Il devient dès lors une sorte de peintre officiel, et deux de ses toiles les plus célèbres, « Le faucheur » et « Le bûcheron », seront reproduites sur les billets de banque suisse de son vivant, en 1911, et jusqu’à la fin des années 50.

Le grand intérêt de cette exposition Hodler à la Fondation Beyeler, c’est de se centrer sur les dix dernières années de la vie de l’artiste, avec trois grands axes : les autoportraits, très nombreux, qui ouvrent le parcours, les paysages de lacs et de montagnes, que le peintre, dans l’incapacité de se mouvoir, peut contempler par sa fenêtre, et enfin la série fixant l’évolution de la maladie, un cancer, sur le corps de sa bien-aimée, Valentine Godé-Darel, jusqu’à la mort de celle-ci.

Arnaud Laporte

-Steve Mc Queen au Schaulager à Basel du 16 mars au 1er septembre.

Steve Mc Queen
Steve Mc Queen

Nous vous inviter à prendre le chemin du Shaulager, où nous attend un artiste qui reçut en 1999, à l’âge de 30 ans, le Turner Prize, puis participa à la Documenta de Cassel 11 en 2002, et représentât la Grande Bretagne à la Biennale de venise en 2009.

Je veux parler de Steve Mc Queen, qui reçut par ailleurs la caméra d’or au Festival de Cannes, récompensant son premier long métrage de fiction, « Hunger », en 2008.Il a sorti depuis « Shame », présenté au Festival de Venise, et devrait sortir un nouveau long-métrage d’ici la fin de l’année.

Le Schaulager a la très riche idée de présenter un ensemble d’une vingtaine de pièces de l’artiste, vidéos et installations, y compris deux nouvelles œuvres de Steve Mc Queen.

Arnaud Laporte

Ainsi que les coups de cœurs :

de Corinne Rondeau : Tinguely @tinguely "Un nouveau regard sur l'oeuvre de Jean Tinguely" au musée Tinguely à Bâle.

Ce musée est absolument génial, on dirait une usine de métallurgie. Tinguely montre à quel point les machines sont faites de rien du tout mais aussi de poésie, et qu’en même temps elles sont faites de morbidité, de mort. L’art est une lutte contre la mort : c’est ce que montre Tinguely avec une naïveté et une énergie folles. Ses œuvres sont parfois liées au carnaval de Bâle, parfois à de toutes petites machines. Il y a aussi des films de Formule 1 projetés sur les murs quand on appuie sur une pédale de voiture, et l’accident arrive autour de nous. C’est génial, c’est un bonheur absolu. En plus il y a une petite exposition d’Ad Petersen qui était un conservateur du musée Stedelijk d’Amsterdam, un musée d’art contemporain, ce sont des photos des artistes avec lesquels il a le plus vécu, et sur lesquelles on voit que les gens se sont aimés.

Corinne Rondeau

de Vincent Huguet : The Picassos are here! Une rétrospective des colections de Bâle au Kunstmueseum de Basel du 17 mars au 21 juillet.

The Picassos are here
The Picassos are here Crédits : Pablo Picasso, "femme au chapeau assise dans un fauteuil"

“Les Picasso sont là”: c’est la banderole qui a été affichée sur la façade du musée de Bâle en 1967. Les Bâlois ont eu cette année-là quelques émotions car il y avait deux Picasso magnifiques, dont un "Arlequin" qui est un des chefs-d’œuvre du musée de Bâle, qui avaient été déposés là depuis un certain temps par un collectionneur bâlois. Il avait toujours dit : « Je vous préviens, si mes affaires vont mal, je les retire ». En 1967 ses affaires vont mal, il met ses deux Picasso en vente, et là, branle-bas de combat à Bâle. On veut les acheter pour qu’ils restent au musée mais il faut trouver 8,4 millions de francs suisses… Les Bâlois sont invités à se rendre aux urnes pour voter pour ou contre le déblocage d’un crédit exceptionnel de 6 millions de francs. Il faudra trouver en plus 2,4 millions de francs pour que les Picasso restent à Bâle. C’est cette belle histoire que raconte le musée en réunissant aussi des Picasso sortis des collections bâloises, puisque la fondation Beyeler en a vendu beaucoup à Bâle. Je trouve cette histoire magnifique.

Vincent Huguet

Sans oublier l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et le coup de fil passé à Thomas Bernard, directeur de la galerie Cortex Athletico à l'occasion de l'exposition "Le fruit est défendu" de Benoît Maire du 10 avril au 29 mai et de l'exposition consacrée à Rolf Julius simutanément dans les galeries bordelaise et parisienne du 4 juin au 27 juillet.

Pastille introductive: Ellsworth KELLY

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