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à gauche : l'affiche de l'exposition "Franz West", à droite : "Balthus", "Alphonse Mucha" et le livre "Coréennes" de Chris Marker

Arts plastiques : "On passe d’un artiste décoratif, à un artiste spirituel et politique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans une Dispute consacrée aux arts plastiques, il sera question de l'exposition "Franz West" au Centre Pompidou, d'"Alphonse Mucha" au Musée du Luxembourg, de "Balthus à la Fondation Beyeler et du livre "Coréennes" de Chris Marker.

à gauche : l'affiche de l'exposition "Franz West", à droite : "Balthus", "Alphonse Mucha" et le livre "Coréennes" de Chris Marker
à gauche : l'affiche de l'exposition "Franz West", à droite : "Balthus", "Alphonse Mucha" et le livre "Coréennes" de Chris Marker

"Franz West", exposition jusqu'au 10 décembre au Centre Pompidou

L'affiche de l'exposition "Franz West" (© Estate Franz West, Archiv Franz West / Photo: D.R.)
L'affiche de l'exposition "Franz West" (© Estate Franz West, Archiv Franz West / Photo: D.R.)

Présentation officielle :

La rétrospective inédite, et la plus complète à ce jour, que consacre le Centre Pompidou au travail de Franz West propose d’évaluer la postérité de l’artiste autrichien, l’un des plus influents de ces cinquante dernières années, au travers de près de deux cents œuvres. 

Esprit libre et indépendant, sans formation classique, Franz West (1947-2012) est resté dans l’ombre pendant près de quinze ans avant que ses sculptures du début des années 1970 ne le fassent connaître internationalement à la fin des années 1980. Cette reconnaissance assez tardive et l’influence que Franz West a exercée sur de plus jeunes générations à partir des années 1990 ont paradoxalement contribué à le rendre libre de toute détermination générationnelle et à lui conférer une dimension atemporelle. Le caractère complexe de Franz West, profondément individualiste et sceptique, et en même temps engagé dans des dialogues et des échanges continuels, marqués par un goût du jeu et du sarcasme, l’a porté à développer une œuvre unique, capable de « digérer » et de dépasser toutes les influences. Inclassable, comptant près de six mille pièces aujourd’hui répertoriées, son œuvre n’a cessé de brouiller les frontières entre l’art et la vie, entendue dans sa dimension la plus triviale. Elle a aussi constamment joué entre le populaire et le cultivé, l’actif et le contemplatif, l’individuel et le collectif, l’intuitif et l’intellectuel, ou encore l’art et l’artisanat. 

L’exposition est une célébration foisonnante du travail de l’artiste, de 1972 à 2012. Elle inclut ses premiers dessins, produits entre 1970 et 1973 et rarement exposés, ainsi que ses premières sculptures, les Passstücke, réalisées à partir de 1973-1974 ; adaptables au corps du visiteur, ce dernier peut les manipuler pour « révéler ses névroses ». L’exposition présente également une sélection d’œuvres en papier mâché des années 1980, et plusieurs collaborations avec d’autres artistes dont Herbert Brandl, Heimo Zobernig ou encore Albert Oehlen. Elle rassemble une sélection de ses œuvres-meubles, ses chaises et canapés, ses Lemurenköpfe ou Têtes de Lémures, ses collages et dessins tardifs, les maquettes pour ses œuvres de plein air, ainsi qu’une sélection de ses sculptures en extérieur. 

L’exposition rend tout autant compte de la capacité d’invention plastique exceptionnelle de l’artiste que de sa sensibilité irrévérente et sarcastique. Redéfinissant la sculpture par rapport au corps, au spectateur et à la dimension verbale, Franz West a su créer une esthétique originale. Préfigurant le « trash » des années 1990, il a constamment inversé les catégories du laid et du beau, du repoussant et de l’attractif. Plus que tout autre, il a redéfini la notion d’auteur et de collaboration avec d’autres artistes, des plasticiens aux musiciens en passant par les écrivains. L’exposition révèle d’ailleurs l’importance qu’ont eue sur Franz West la philosophie et la psychanalyse, de Ludwig Wittgenstein à Sigmund Freud, tout autant que son rapport passionné à la musique.

L'avis des critiques :

L’exposition commence par une séries de toutes petites œuvres sans prétention, au format carte postale, datant de la toute fin des années 60 et qu’on ne connait pas du tout, ce qui est passionnant. Cette exposition est vraiment un corps quotidien. On découvre un Franz West extrêmement généreux, très drôle. Le parti pris de faire une rétrospective strictement chronologique lui va très bien. Ingrid Luquet-Gad

Ma période West c’est les années 2000 et c’est les trous et les boudins. Cette exposition me paraît sans électricité. Il fait de la spatialisation, mais cette spatialisation c’est jouer à l’intérieur de quelque chose et avec quelqu’un. J’ai fini par sortir de l’exposition en me disant que c’était une exposition sur l’objet transitionnel. Cette question du corps et du langage à laquelle il ne cède jamais, je trouve que ça à quelque chose de stimulant. Corinne Rondeau

Ce qui m’a intéressé dans cette exposition, c’est sa deuxième moitié. On passe d’un artiste décoratif, à un artiste spirituel et politique. C’est là que ça devient intéressant et véritablement nouveau pour moi. Je trouve qu’il y a un tournant qui s’opère parce qu’on voit dans les études, plus que dans les planches finales, une gravité qu’on ne lui avait pas vue auparavant. Frédéric Bonnet

"Alphonse Mucha", exposition jusqu'au 27 janvier au Musée du Luxembourg

L'affiche de l'exposition "Alphonse Mucha" au Musée du Luxembourg
L'affiche de l'exposition "Alphonse Mucha" au Musée du Luxembourg

Présentation officielle :

Artiste tchèque de renommée internationale, Alphonse Mucha reste indissociable de l’image du Paris 1900. Sa célébrité lui vient surtout de ses élégantes affiches d’un style très affirmé, emblématique de l’Art nouveau. Mais son activité d’affichiste occulte trop souvent les autres aspects de sa production comportant aussi des peintures, des sculptures, des dessins, des décors, des objets d’art… Au travers de toutes ces œuvres, c’est la figure d’un homme qui se dessine, mystique et visionnaire, animé d’une véritable pensée politique, à l’heure du renouveau national tchèque et de l’éclatement de l’Empire austro-hongrois. Tout le travail préparatoire pour L’Épopée slave qui l’occupe entre 1911 et 1928 témoigne de son attachement à son pays natal et de son rêve d’unité entre les peuples slaves. Au-delà du maître de l’Art nouveau, c’est donc l’œuvre foisonnante et la personnalité singulière de cet artiste que l’exposition entend révéler aux visiteurs.

L'avis des critiques : 

Je connaissais les boites "Lu" et les nymphes anémiques. On sent qu’ici tout est fait pour lui redonner une gravitas, les couleurs des murs ne pourraient pas être plus sombres, tout est très pesant. On découvre le Mucha peintre de guerre en 1900-1910. Il est intéressant de voir qu’il était connecté à tout le milieu des avant-gardes qui s’inventaient à ce moment-là. Ingrid Luquet-Gad

L’exposition est très bien, je trouve qu’elle est parfaite. Il vient avec son influence bizantino-florale. Il arrive à mettre un nombre d’entrelacs d’une densité folle. J’ai trouvé la scénographie formidable, très dynamique. L’art est la restauration de l’unité, à l’époque et surtout pour Mucha. Dans un deuxième temps c’est la voix de Mucha qui apparaît. C'est d'une grande énergie même si je n’aime pas. Corinne Rondeau

Ce qui m’a intéressé dans cette exposition c’est sa deuxième moitié. On passe d’un artiste décoratif, à un artiste spirituel et politique. C’est là que ça devient intéressant et véritablement nouveau pour moi. Je trouve qu’il y a un tournant qui s’opère parce qu’on voit dans les études, plus que dans les planches finales, une gravité qu’on ne lui avait pas vue auparavant. Frédéric Bonnet

"Balthus", exposition jusqu'au 1er janvier à la Fondation Beyeler

Balthus, Passage du Commerce-Saint-André, 1952–1954 (© Balthus)
Balthus, Passage du Commerce-Saint-André, 1952–1954 (© Balthus)

Présentation officielle :

La Fondation Beyeler à Riehen/Bâle consacre une exposition rétrospective à Balthasar Kłossowski de Rola (1908–2001), légendaire artiste plus connu sous le nom de Balthus. Il s’agit de la toute première présentation exhaustive de son travail en suisse alémanique et la première exposition de Balthus dans un musée helvète depuis une décennie.

De son enfance à Berne, Genève et Beatenberg en passant par son mariage avec la suissesse Antoinette de Watteville et leurs séjours aussi bien en Romandie qu’en Suisse alémanique, jusqu’aux dernières décennies passées à Rossinière, authentique village de montagne, Balthus entretient une relation étroite et continue avec la Suisse. 

Balthus compte parmi les grands maîtres de l’art du XXe siècle. En outre, il se révèle en être l’un des plus singuliers. Dans son travail complexe aux multiples facettes, vénéré par certains et rejeté par d’autres, Balthus poursuit une voie artistique alternative, voire presque opposée aux courants de l’avant-garde moderne. Dans cette voie solitaire, le peintre excentrique se réfère à un large éventail de prédécesseurs et de traditions artistiques et historiques. La distanciation du modernisme, que l’on peut pratiquement qualifier de «postmoderne», amène Balthus à développer une forme unique d’avant-garde, qui apparaît d’autant plus pertinente aujourd’hui. 

Son chef-d’œuvre monumental, Passage du Commerce-Saint-André, réalisé entre 1952 et 1954 et en prêt de longue durée à la Fondation Beyeler, est le point de départ de cette exposition. Cette peinture énigmatique réunit de manière exemplaire les préoccupations intenses de Balthus pour les dimensions spatiales et temporelles de l’image et leur relation à la figure et à l’objet. Suivant le fil rouge de ces considérations, cette exposition réunira une cinquantaine de peintures majeures issues de toutes les périodes créatrices de l’artiste. Dans cette perspective seront mises en lumière les stratégies parfois provocatrices de la mise en scène picturale de Balthus et, surtout, l’ironie et l’abîme de son art. Ses œuvres, à la fois paisibles et poignantes, font se converger des opposés et mêlent de façon unique rêve et réalité, érotisme et innocence, objectivité et mystère, ainsi que le familier et l’étrange.

Cette exposition est réalisée avec le généreux soutien de la famille de l’artiste et dirigée par Raphaël Bouvier, conservateur, ainsi que Michiko Kono, conservatrice adjointe à la Fondation Beyeler. Elle sera ensuite présentée à Madrid, au Museo Nacional Thyssen-Bornemisza. 

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L'avis des critiques :

La fondation Beyeler m’avait habituée à voir des expositions beaucoup plus tenues. J’étais un peu déçue par la fin de l’exposition qui opère un raccourci sur le travail de Balthus. Pourtant ces tableaux tiennent, ils ont une structure, une spatialisation incroyable. La scénographie est très réussie, mais c’est peut-être aussi une manière de remplir le vide. Corinne Rondeau

J’ai un rapport très ambivalent à Balthus depuis toujours. On a un traitement de l’espace souvent fait de manière très rigoureuse, très orthonormée. La dernière salle est ici assez catastrophique puisqu’elle fait un raccourci. L’exposition joue assez bien les années 20, 50, 60 et puis on a l’impression qu’il n’y a plus rien avant ces quatre derniers tableaux (dont deux sont de véritables catastrophes). Frédéric Bonnet

>> LE COUP DE CŒUR DE CORINNE RONDEAU : "Coréennes" de Chris Marker (L'arachnéen)

"Coréennes" de Chris Marker (L'arachnéen)
"Coréennes" de Chris Marker (L'arachnéen)

Présentation officielle :

En mai 1958, le cinéaste participe au voyage organisé par le Parti communiste français en République populaire de Corée. Il réalise une série de photographies sur le pays, notamment des portraits de femmes, qu'il complète de notes constituant un matériau iconographique et documentaire qui rend compte de la situation du peuple coréen. Avec une postface inédite de l'auteur de 1997.

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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